L'Observatoire du journalisme est en régime d'été jusqu'au 22 août : au programme, les rediffusions de nos meilleures publications du premier semestre 2022.
Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Le Grand Bond en avant Newsgender de Libération

22 août 2021

Temps de lecture : 4 minutes
Accueil | Veille médias | Le Grand Bond en avant Newsgender de Libération

Le Grand Bond en avant Newsgender de Libération

22 août 2021

Temps de lecture : 4 minutes

Red­if­fu­sion esti­vale. Pre­mière dif­fu­sion le 14 mai 2021

Depuis le départ du dinosaure de la presse Laurent Joffrin en juillet 2020, théoriquement pour se lancer en politique et « refonder la gauche » versant réformiste, en créant un « mouvement social-démocrate », le quotidien Libération n’a de cesse d’accentuer une politique éditoriale des « minorités ».

Dans les pages de Libéra­tion, idéolo­gies des minorités, can­cel cul­ture, sous réserve qu’elles soient par nature dérac­inées ou en lutte con­tre l’enracinement sous toutes ses formes, ten­dent à occu­per tout l’espace. Un exem­ple ? La « Newslet­ter fémin­iste et Genre de Libéra­tion ».

Libère-toi de tes chaînes (hétérosexuelles)

« Une fois par mois, L (Elle, Lui, L’autre, Lib­erté, LGBTQIA+), la newslet­ter Idées de Libéra­tion sur le fémin­isme, le genre et les sex­u­al­ités » est envoyée à tout abon­né qui s’inscrit. En soi, qu’un quo­ti­di­en con­sacre des pages aux ques­tions liées à l’homosexualité ne pose aucun prob­lème. Vieille comme le monde, l’homosexualité n’a pas plus à être jugée que tout autre com­porte­ment humain.

Mais il ne s’agit pas d’homosexualité ici. La Let­tre men­su­elle « sur le fémin­isme, le genre et les sex­u­al­ités » est un organe de pro­pa­gande gay. La dif­férence ? L’homosexualité est, à l’instar des autres formes de sex­u­al­ité, un mode de vie privé et con­cerne la lib­erté de chaque indi­vidu. Le mil­i­tan­tisme gay, s’il est fondé sur et en faveur de l’homosexualité, ne con­cerne pas la lib­erté de chaque indi­vidu. Il vise à impos­er une cul­ture, la cul­ture gay minori­taire, comme norme sociale. C’est ce rôle que Libéra­tion tend à s’assigner.

Le contenu de la lettre du 8 mai 2021

Rien ne valant mieux qu’un exem­ple, la Let­tre datée du 8 mai 2021 don­nera une idée de l’idéologie com­mu­nau­tariste LGBTQIA++ (etc) dif­fusée par Libéra­tion. Dans « L (Elle, Lui, Lautre, Lib­erté, LGBTQIA+), la newslet­ter Idées de Libéra­tion sur le fémin­isme, le genre et les sex­u­al­ités » de ce 8 mai, le lecteur trou­vait ces rubriques et arti­cles, dans l’ordre :

« Coup de grl­ll ! / édi­to ». Le thème : « Thérapies de con­ver­sion»: on attend quoi pour les inter­dire ? ». Signé Cécile Dau­mas, l’éditorial cri­tique un gou­verne­ment qui n’agirait pas assez vite pour lut­ter con­tre les « thérapies de con­ver­sion » (« Ces pra­tiques pré­ten­dent mod­i­fi­er l’orientation sex­uelle et l’identité de genre ») et « la PMA pour toutes », « tou­jours en attente d’adoption ». Out­re ce dernier texte de loi, ce que réclame l’auteur de l’éditorial ? Que soit adop­té rapi­de­ment : « Le texte de Lau­rence Vance­une­brock (député LREM) », un texte qui « pro­pose de punir de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende les « pra­tiques, les com­porte­ments ou les pro­pos répétés visant à mod­i­fi­er ou à réprimer l’orientation sex­uelle ou l’identité de genre, vraie ou sup­posée, d’une per­son­ne et ayant pour effet une altéra­tion de sa san­té physique ou mentale. »

A pri­ori, vouloir lut­ter con­tre des pra­tiques « thérapeu­tiques » trans­for­mant l’identité sex­uelle d’une per­son­ne peut sem­bler logique. Ce n’est pas de cela dont il s’agit. L’idée est de per­me­t­tre à cha­cun de con­stru­ire sa pro­pre iden­tité sex­uelle puis, s’il le souhaite, de décider de mod­i­fi­er sa pro­pre biolo­gie. C’est la com­préhen­sion de « L », pour « Lib­erté », chez Libéra­tion. La biolo­gie ? Cela n’existe pas, c’est une con­struc­tion men­tale et sociale.

Bo, Bo, Beauvoir

« Il faudrait Beau­voir. On ne naît pas femme… ». Thème : « Au Capes, un stéréo­type radioac­t­if ». Un extrait mérite d’être cité : « L’association Femmes et math­é­ma­tiques a décelé un réel cas d’école dans l’un des prob­lèmes du Capes de maths 2021. Mal­gré les mul­ti­ples relec­tures de ces épreuves pro­posées aux futurs enseignants, la physi­ci­enne Marie Curie en a été tout bon­nement gom­mée. L’introduction du prob­lème (au pas­sage assez super­flue pour la réso­lu­tion) indique : « La radioac­tiv­ité, terme inven­té vers 1898 par Pierre Curie, est un phénomène physique. » Une asser­tion aus­si prob­lé­ma­tique qu’erronée. Auréolée de deux prix Nobel, Marie Curie est bel et bien l’inventrice des ter­mes « radioac­t­if » et « radioac­tiv­ité ». Cette erreur grossière réac­tive le stéréo­type qui veut que les femmes seraient moins douées pour les sci­ences et n’y auraient pas leur place. Elle l’illustre autant qu’elle le ren­force en par­tic­i­pant à l’invisibilisation des femmes sci­en­tifiques. Cette erreur a, en out­re, pu avoir des effets délétères sur les can­di­dates du Capes. »
Libéra­tion pour­suit : « L’association Femmes et math­é­ma­tiques s’est alors inter­rogée : «Volon­té d’avoir moins de femmes admis­si­bles en maths cette année ou « sim­ple » maladresse ? »

« Mâle aimé. Le mas­culin pluriel ». Thème : le con­gé parental mas­culin qui est un « fias­co », les hommes ne se pré­cip­i­tant pas.

« Labo Thèse ». Thème : « Le Néolithique, berceau du patri­ar­cat ? ». C’est un compte ren­du de cet ouvrage paru début mai 2021 : Femmes néolithiques. Le genre dans les pre­mières sociétés agri­coles (CNRS édi­tions). On ne répètera jamais assez com­bi­en l’actuel CNRS con­tribue à une bonne (fausse) com­préhen­sion du « réel ». L’article est en écri­t­ure inclu­sive. Con­clu­sion de la recen­sion : « Bref, si la pru­dence s’impose à chaque inter­pré­ta­tion, peu d’indices con­ver­gent pour faire de l’égalité de genre une norme préhis­torique ».
Il ne fal­lait pas rire : cette con­clu­sion n’est en rien ironique, tout au contraire.

« LGBTQIA++++ ». Thème : « Des par­cours trans encore semés d’embûches ».

« Cul de force majeur. Le sexe en pra­tique ». Libéra­tion a tou­jours voulu être « le » lieu de la « lib­erté » sex­uelle. Déjà, dans les années 80 du siè­cle passé, ses pages « petites annonces » étaient réputées en vue de ren­con­tre sex­uelles. Et avant, dans les années 70, le quo­ti­di­en avait affiché son goût pour la pédophilie. Un peu de « sexe en pra­tique » ne sur­prend donc pas. Thème : « Une clio­thèque pour s’ouvrir au plaisir féminin ». Le slo­gan : « Vul­varisons le monde ! ». C’est ici.

« Bon­jour Made­moi­selle. Sex­isme au quo­ti­di­en ». Une petite pique con­tre les mâles qui osent dire « bon­jour made­moi­selle » aux jeunes femmes. Une pique aus­si à la jour­nal­iste de droite du Figaro, Eugénie Bastié, auteur d’un Adieu made­moi­selle qui avait fait grand bruit en 2016. Libéra­tion pense avoir trou­vé que le sex­isme (for­cé­ment anti-femmes, dans l’autre sens, il n’existe pas) aurait provo­qué le crash d’un avion au Roy­aume-Uni. Un scoop.

Il y a communauté et communauté

Il n’y aurait rien à redire aux ori­en­ta­tions édi­to­ri­ales de Libéra­tion ni à ses engage­ments poli­tiques, lib­erté de la presse oblige, s’il était juste­ment dans les habi­tudes du quo­ti­di­en d’accepter par­fois des idées poli­tiques dif­férentes des siennes, et donc réelle­ment la lib­erté de la presse, au-delà des apparences. Or, ce n’est pas le cas : une des car­ac­téris­tiques intrin­sèques de la vision du monde de Libéra­tion, est au con­traire le rejet de toute pen­sée autre, au nom de la « tolérance », de la « lib­erté », de « l’antiracisme », de la « lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions ». Libéra­tion développe une vision  de la société con­stru­ite autour du Genre, du néo-fémin­isme et des LGBTQIA +++ etc. Libéra­tion sera-t-il d’accord pour lancer une Let­tre heb­do­madaire con­sacrée à la com­mu­nauté blanche et de cul­ture européenne en passe de devenir cul­turelle­ment (et bien­tôt démo­graphique­ment) minori­taire en France ? La réponse s’impose d’elle-même. Pour Libéra­tion, il y a com­mu­nauté et com­mu­nauté, minorité et minorité, devinez lesquelles et pourquoi.

Voir aussi

Cet article vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Vidéos à la une

Derniers portraits ajoutés