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La toile des médias Gilets Jaunes s’étend sur les réseaux sociaux

14 mai 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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La toile des médias Gilets Jaunes s’étend sur les réseaux sociaux

Tandis que le gouvernement a fini par se persuader que le mouvement des gilets jaunes est mort ou mourant, l’essor de leurs médias sur les réseaux sociaux – au premier lieu Telegram – indique une tendance contraire. Et même, depuis début mars, un net regain d’activité tant sur les réseaux sociaux que le terrain.

Telegram remplace Facebook

Tan­dis que les groupes Face­book stag­nent à cause de la cen­sure de la part du réseau social et d’une forte sur­veil­lance des échanges par les médias main­stream et les forces de l’ordre, Telegram s’affirme comme le phare des luttes sociales. Ain­si, le groupe con­sacré à la man­i­fes­ta­tion des taxis con­tre la loi organ­i­sa­tion des mobil­ités (LOM) le 20 mai prochain, a rassem­blé plus de 4000 mem­bres… en moins de deux semaines. Une prouesse étant don­né le car­ac­tère encore rel­a­tive­ment con­fi­den­tiel du réseau en France – il est bien plus répan­du par exem­ple chez les rus­so­phones.

Lancé fin décem­bre dernier, le développe­ment local de la toile des réseaux et canaux Gilets jaunes sur Telegram se pour­suit. Aux côtés de l’historique Mvt31 Info Actions (@mvt31), fort main­tenant de 1200 mem­bres, un tiers de plus qu’il y a deux mois, le non moins his­torique Mv BZH, qui cou­vre les actu­al­ités des Gilets jaunes de la pointe bre­tonne au Mans et en Vendée, compte main­tenant 200 abon­nés et une audi­ence moyenne de 800 per­son­nes – elle a donc dou­blé en deux mois.

Dans la foulée, un canal Mvt Lyon-Auvergne-Dauphiné a été lancé début avril (@giletsjaunesARRA). Il cou­vre « le Lyon­nais (69, 71, 01, 42), l’Auvergne [lim­itro­phe] (43, 63) et le Dauphiné (26, 07,38) », mais relaie régulière­ment l’activité des Gilets jaunes sur Mont­pel­li­er et Mar­seille, tan­dis qu’il s’intéresse moins à Greno­ble dont le mou­ve­ment local est très mar­qué par la forte implan­ta­tion de l’extrême-gauche anar­chiste, au con­traire des Gilets jaunes du Dauphiné, du Lyon­nais ou de l’Auvergne. Il compte 50 abon­nés et une audi­ence moyenne de 200 per­son­nes, portée à 350 les jours de man­i­fes­ta­tion.

Un autre canal voisin, en réseau avec le précé­dent, a été lancé ces jours-ci dans le Val de Loire, « pour le Val de Loire (37, 41, 45, 28), le Berry (18, 36) et le Bour­bon­nais (03, 58) ». En réal­ité, il se con­cen­tre sur le Cen­tre, d’Orléans à Tours.

Par­al­lèle­ment la radio des Gilets jaunes (@RadioGiletsJaunes) a con­tin­ué sa crois­sance, avec 2100 abon­nés, 400 de plus en un mois, mais une audi­ence moyenne de 1000 per­son­nes – en crois­sance aus­si. La radio des Gilets jaunes reprend régulière­ment des infor­ma­tions issues de canaux régionaux, mais aus­si de groupes de dis­cus­sion locaux ou des réseaux soci­aux – beau­coup d’informations et de con­tenus icono­graphiques nais­sent sur les groupes Face­book et cir­cu­lent ensuite sur Telegram.

L’extrême-gauche tente de remporter la bataille idéologique

Enfin il est à sig­naler deux canaux d’information plus proches de l’ultra-gauche – ils passent d’ailleurs régulière­ment ses appels et sa vision du mou­ve­ment. A Nantes, il y a le canal GJ Pays de la Loire avec 116 abon­nés, mais une audi­ence régulière de 60 per­son­nes – ce qui est au demeu­rant assez peu, mais logique. Pour plan­i­fi­er ses actions, l’extrême-gauche locale préfère en effet s’organiser sur l’application cryp­tée Sig­nal, voire de visu dans toute une rib­am­belle de cafés.

En Ile de France, un autre canal, plus impor­tant, s’appelle Infos Gilets jaunes IDF – 284 abon­nés et une audi­ence moyenne de 500 per­son­nes, 650 les jours de man­i­fes­ta­tion. Il s’appuie sur un groupe de dis­cus­sion (GJ IDF – Infos action) de 170 mem­bres.

Dans ses chevilles ouvrières, l’on retrou­ve une jeune femme qui se démène depuis novem­bre pour assur­er l’interconnexion entre black blocks, Gilets jaunes plutôt rad­i­caux, zadistes et extrême-gauche poli­tique : aigu­illeuse à Paris-Est, issue de la diver­sité,  « mil­i­tante fémin­iste révo­lu­tion­naire », mem­bre du NPA et de Sud-Rail, elle écrit aus­si pour la revue Bal­last et le jour­nal du NPA Révo­lu­tion per­ma­nente – où elle mul­ti­plie dés­in­for­ma­tions et exagéra­tions pour faire mon­ter la may­on­naise des Gilets jaunes ten­tés par l’émeute. Sous les pseu­do­nymes Impre­ca­tor et ErnestaGue­vara , elle fait mon­tre de sa largesse d’esprit en livrant une chas­se impi­toy­able à tout « facho » réel ou imag­i­naire.

La liste de ses liens révèle facile­ment son appar­te­nance idéologique : Sud com­merce et ser­vices est le pre­mier lien partagé le 29 jan­vi­er dernier, Paris-Luttes Infos (média région­al d’extrême-gauche), mul­ti­ples liens vers des groupes Face­book noy­autés par des mil­i­tants d’extrême-gauche, Expan­sive (média local d’extrême-gauche à Rennes) le 19 févri­er, des appels des Gilets jaunes de Com­mer­cy (proches de la mou­vance zadiste), etc.

Et maintenant sur internet ou papier

Par ailleurs, les Gilets jaunes du Can­tal – en fait, ceux d’Aurillac – ont lancé leur site inter­net, rel­a­tive­ment peu act­if au demeu­rant, où ils se con­tentent de pub­li­er les résul­tats de leurs assem­blées générales une fois par semaine ; un autre site existe pour la Haute-Loire et est net­te­ment plus act­if, retraçant les actu­al­ités du mou­ve­ment local. Un site des Gilets jaunes existe aus­si pour Toulouse et l’Occitanie – il revendique 1329 Gilets jaunes inscrits. Il a un con­cur­rent qui ne revendique rien et sem­ble à l’abandon depuis jan­vi­er dernier.

Une coor­di­na­tion de Gilets jaunes bre­tons (Gilets jaunes citoyens), qui regroupe pour l’essentiel des mor­bi­han­nais (Vannes, Pon­tivy), des fin­istériens (Brest, Quim­per) et des ren­nais, avait lancé son site à la fin de l’année dernière – une fois par semaine, il sert à poster les compte ren­dus d’assemblées générales, et depuis avril la gazette en PDF des Gilets jaunes de Vannes, le Rire jaune.

Vallet : les Gilets jaunes bretons réinventent le journal papier

Enfin, fin mars les Gilets jaunes du secteur de Val­let (44), au sud de la Bre­tagne, ont lancé leur pro­pre jour­nal, l’Affreux Jojo, tiré sur une feuille A3 rec­to ver­so, en couleur, à 1000 exem­plaires. Men­su­el, il est financé (coût 90€) par des dons et dis­tribué sur les marchés – un sec­ond numéro est paru début avril, et un troisième début mai. On peut retrou­ver les numéros sur le blog du jour­nal.

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