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La gauche intellectuelle en ligne 2/3 : The Conversation

18 juillet 2018

Temps de lecture : 4 minutes
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La gauche intellectuelle en ligne 2/3 : The Conversation

La gauche intellectuelle et universitaire disposant souvent de moyens techniques, financiers et de diffusion incomparables, ne serait-ce que par le biais des salaires d’État ou des subventions liées aux recherches supposées de ses acteurs, ainsi que du soutien des médias officiels, irrigue le net. Dernière de nos deux analyses, avec The Conversation.

L’OJIM se penche aujourd’hui sur The Con­ver­sa­tion, sous-titré « L’expertise uni­ver­si­taire, l’exigence jour­nal­is­tique ». Un pure play­er lancé en France en 2015.

The Conversation, c’est quoi ?

The Con­ver­sa­tion­FR est la ver­sion française d’une inter­na­tionale uni­ver­si­taire mil­i­tante de gauche libérale lib­er­taire en cours d’extension à l’échelle mon­di­ale et sur le web.

La ver­sion con­sultable en ligne en France est la six­ième ver­sion du média du même nom d’abord fondé en Aus­tralie. Il y a donc six « Con­ver­sa­tion » regroupés dans The Con­ver­sa­tion Trust à l’heure actuelle : Aus­tralie, France, Roy­aume-Uni, États-Unis, Afrique et « Glob­ale ».

Les chevilles ouvrières de la ver­sion française sont Fab­rice Rous­selot et Didi­er Pour­query. Né en 1954, ce dernier est un jour­nal­iste passé, sou­vent en tant que rédac­teur en chef, par Le Monde, Sci­ence et Vie, La Tri­bune, VSD, L’Expansion, Métro, Libéra­tion, Le Monde Mag­a­zine, L’Histoire, le Huff­in­g­ton Post… Il est donc partout, et directeur de la rédac­tion du site The Con­ver­sa­tion France. Le type même de par­cours qui suf­fit pour démon­tr­er l’univocité de la pen­sée dans les médias français con­tem­po­rains. On peut, en France, en effet… être partout, suc­ces­sive­ment ou simul­tané­ment. Son com­père Fab­rice Rous­selot a longtemps été cor­re­spon­dant de Libéra­tion à l’étranger, avant de diriger son site web puis de devenir directeur de la rédac­tion du quo­ti­di­en. On le croise de temps à autre sur les antennes de Radio France. Copinages, jeu de chais­es musi­cales, entre soi : des car­rières sym­bol­iques des médias français. On appro­fondi­ra la rédac­tion de The Con­ver­sa­tion en cli­quant ici. Rien que du fort bien-pen­sant.

Le principe du média est le suiv­ant : près de 25 000 uni­ver­si­taires du monde entier, dont beau­coup ont aujourd’hui, à force de décon­struc­tion, des dif­fi­cultés à écrire, au sens d’écrire pour être lus et com­pris, rédi­gent des arti­cles sur des sujets dont ils sont « spé­cial­istes » avec l’aide de jour­nal­istes pro­fes­sion­nels. Cela se fait grâce à un sys­tème de tra­vail en com­mun et immé­di­at qui per­met au cou­ple de rédi­ger les arti­cles en temps réel. Bien que dis­cret en apparence, ce média est vis­i­ble en réal­ité puisqu’il serait lu par près de 3 mil­lions de per­son­nes, dans sa seule ver­sion aus­trali­enne (?), et, surtout, lu par plusieurs dizaines (?) de mil­lions d’autres lecteurs par le jeu des repub­li­ca­tions ; car les médias offi­ciels se ser­vent dans The Con­ver­sa­tion, repub­liant des arti­cles cor­re­spon­dant à leurs préoc­cu­pa­tions du moment. The Con­ver­sa­tion est ain­si une sorte de four­nisseur de con­tenus « éru­dits » mais acces­si­bles et surtout intel­lectuelle­ment bien-pen­sants. Cha­cun de nous, sans trop s’en douter, peut ain­si être un lecteur de ce média, par le biais d’une reprise ici ou là.

The Conversation, dans le texte

Le site a la forme d’un pure play­er au design min­i­mal­iste, avec en page d’ac­cueil un entasse­ment des arti­cles sans souci thé­ma­tique par­ti­c­uli­er. Le rubri­quage est assez clas­sique : cul­ture, économie, entre­prise, édu­ca­tion, envi­ron­nement, énergie, inter­na­tion­al, poli­tique, société, san­té, sci­ence, data… Pas besoin d’être grand clerc pour devin­er quel type de pen­sée domine dans la majorité des arti­cles du média, sous cou­vert de neu­tral­ité et légitim­ité uni­ver­si­taire. Notons du reste que The Con­ver­sa­tion s’annonce lui-même comme étant financé par « des uni­ver­sités, des entre­pris­es, des États et des dons ».

Quelques exem­ples « piochés » au hasard :

À la Une du site, mi-juil­let 2018

Un petit tour dans les rubriques per­met d’y lire de nom­breux arti­cles en faveur du veg­an ; lut­tant con­tre l’extrême-droite ; lut­tant con­tre l’homophobie ; lut­tant con­tre le racisme ; com­bat­tant le libéral­isme (sic) ; mil­i­tant pour des poli­tiques migra­toires sou­ples ; faisant l’éloge des zadistes ; com­bat­tant les par­tis poli­tiques sou­verain­istes ; aidant les États et l’UE à lut­ter con­tre les fake news ; cri­ti­quant verte­ment Trump et Pou­tine, « stratèges du chaos »… Et bien d’autres thèmes par­faite­ment habituels dans tout univers ouverte­ment de gauche rad­i­cale et/ou libérale lib­er­taire.

Par con­tre, des analy­ses ouvertes à la pen­sée autre, que nen­ni ! Pire ? Pour trou­ver un arti­cle con­sacré à l’une des préoc­cu­pa­tions tout de même impor­tantes de notre époque, l’islamisme rad­i­cal et le ter­ror­isme issu du monde musul­man, il faut pass­er par le moteur de recherch­es, rien n’apparaissant au cours de la nav­i­ga­tion. Peu d’articles, sur des choses très pré­cis­es, et rien depuis… 2016, si ce n’est la défense d’un écrivain musul­man féminin accusé d’antisémitisme. 32 arti­cles seule­ment répon­dent à la recherche avec le mot « islamisme ». 130 répon­dent à la recherche avec le mot « ter­ror­isme », mais un coup d’œil sur la liste des arti­cles mon­tre que ceux con­sacrés au ter­ror­isme islamiste sont fort rares.

The Con­ver­sa­tion se veut le reflet de ce qui se pense et s’enseigne dans les uni­ver­sités et les grandes écoles français­es ? En liai­son avec ce qui s’enseigne et se pense dans les uni­ver­sités des prin­ci­paux pays occi­den­taux ? On com­prend mieux….

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