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Hommage à Jean Raspail, le témoignage de Junge Freiheit

4 juillet 2020

Temps de lecture : 3 minutes

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Hommage à Jean Raspail, le témoignage de Junge Freiheit

4 juillet 2020

Après notre article sur les réactions des médias après la mort de Jean Raspail, nous publions une traduction d’un papier de notre confrère, l’hebdomadaire allemand Junge Freiheit, sur cette disparition.

Un des derniers représentants d’un monde en voie de disparition

14/06/2020

Dans cinq ans je serai mort. Oh oui ! Je l’e­spère.” Jean Ras­pail l’avait dit en avril 2016 et il ne s’est pas trompé. Il est décédé le 13 juin à l’âge de 94 ans.

Nous ne savons pas ce que l’écrivain, au cours des derniers jours de sa vie, a perçu des muta­tions poli­tiques. Mais le tri­om­phe de l’an­tiracisme et la célébra­tion des Européens de leur haine con­tre eux-mêmes ne devraient pas l’avoir beau­coup éton­né. Ras­pail avait pressen­ti depuis longtemps les con­séquences de “l’id­i­otie altru­iste” — ce mélange de chris­tian­isme mal com­pris et d’idées de gauche. Que cer­tains, à con­tre cœur, aient recon­nu en 2015 lors de la crise des réfugiés, que ses prévi­sions étaient exactes, n’y a pas changé grand’chose.

Ces prévi­sions sont con­tenues dans un roman paru en 1973, “Le camp des saints”. Le titre fait allu­sion à un ver­set du chapitre 20 de l’E­vangile selon Saint Jean, décrivant la fin du monde : les peu­ples Gog et Magog, arrivent des extrémités de la terre, “aus­si nom­breux que le sable des mers. Et ils arrivèrent et encer­clèrent le camp des saints et la ville bien­aimée.” Le camp est envahi, sans acte de vio­lence, par les mass­es asi­a­tiques qui sub­mer­gent l’Eu­rope dont les peu­ples amoin­dris démo­graphique­ment et démoral­isés, sont aban­don­nés par leurs dirigeants.

Tous les efforts de défense arrivent trop tard

L’in­tel­li­gence a ban­ni la tra­di­tion et établi l’idée que vouloir s’af­firmer est amoral, le clergé ne croit plus depuis longtemps à la vérité des enseigne­ments trans­mis et prêche l’in­dif­férence ou bien, sous cou­vert d’amour du prochain, le sen­ti­men­tal­isme ; l’é­conomie, n’é­tant soumise qu’au seul principe de max­imi­sa­tion des prof­its, ne sert plus le bien général ; les politi­ciens sont cor­rom­pus et on a enlevé aux sol­dats toute pos­si­bil­ité d’être fiers de servir et de ris­quer leur vie pour la nation.

Les avant-postes des envahisseurs sont depuis longtemps dans le pays, y ayant cher­ché et trou­vé des alliés, pré­parant le jour où l’Eu­rope sera vain­cue. C’est ce qui se passe, comme il devient peu à peu pos­si­ble de le con­stater au tra­vers des con­séquences des migra­tions. Il ne s’ag­it pas d’en­vahisseurs armés mais des damnés de cette terre, dont la masse et la mis­ère empor­tent tout parce qu’ils éveil­lent la pitié et celle-ci rend toute résis­tance dif­fi­cile, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Le sud de la France est envahi et l’on peut imag­in­er sans dif­fi­cultés ce qui se passera ensuite.

Ras­pail a insisté sur le fait qu’un livre comme Le camp des saints ne pour­rait plus être pub­lié aujour­d’hui. Les inter­dits et les mesures antidis­cri­m­ini­a­toires prévues par la loi rendraient sa pub­li­ca­tion impos­si­ble. Que l’on puisse encore se pro­cur­er l’ou­vrage en sept langues dif­férentes tient au seul fait que ces restric­tions ne s’ap­pliquent pas rétrospectivement.

Sa fidélité était au service de la transmission des valeurs la patrie

Sans aucun doute, Le Camp des saints est l’œuvre la plus con­nue de Ras­pail. Par­mi ses thèmes de prédilec­tion, la dis­pari­tion des cul­tures men­acées, dont il a traité avec sen­si­bil­ité, éloigné de toute affec­ta­tion tiers-mon­di­al­iste ain­si que la trans­mis­sion de cer­taines valeurs, con­sid­érées comme anachroniques par cer­tains, comme l’hon­neur, la fierté des ancêtres et la fidélité.

Sa fidél­ité était au ser­vice de la trans­mis­sion des valeurs de la patrie, de la douce France, celle du roy­al­isme, de la reli­gion catholique, de la richesse des provinces, d’un cer­tain art de vivre et d’une cer­taine galanterie. Avec Ras­pail dis­paraît l’un des derniers représen­tants d’un monde lui-même en train de disparaître.

(tra­duc­tion AC)

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