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Pub­lié le 20 avril 2018 | Éti­quettes : , ,

Externalisation et départs volontaires chez Mondadori France, vente à la découpe chez Lagardère

Une motion de défiance a été adoptée mi-mars par les salariés des magazines scientifiques Mondadori France (Science et vie, Les Hors Série de Science & Vie, Les Cahiers de Science & Vie, Science et Vie Junior, Les Dossiers Hors Série de Science et Vie Junior, Science & Vie Découvertes) rachetés à Excelsior publications en 2003.

Selon la motion adoptée par 38 des 42 salariés présents, « les salariés présents estiment ne plus faire confiance à M. Vincent Cousin dans ses fonctions d'éditeur pour assurer l'intégrité des rédactions et la qualité des magazines du pôle Science ». Un plan de départs volontaires a été présenté en janvier dernier : il se traduirait par 35 suppressions de postes, portées aux deux tiers par les rédactions, et 5 créations de postes, sur une masse salariale totale de 700 employés du groupe.

Autre problème, dénoncé par les signataires de la motion, l'externalisation des Cahiers de Science et Vie : « la direction a déjà décidé, et engagé, l'externalisation des cinq postes de la rédaction des Cahiers de Science & Vie. Dès avril, la réalisation du magazine sera confiée à une société spécialisée dans le secteur d'activité du conseil pour les affaires et autres conseils de gestion ».

Selon l'entreprise, il s'agit de « rationaliser » les coûts de fonctionnement dans les « titres les plus touchés en termes économiques » après une chute de 3,9 % du chiffre d'affaires en 2016 et de 8 % sur les neuf premiers mois de 2017.

Vers des discussions avec Lagardère et Marie-Claire ?

En revanche, ce plan ne semble pas avoir de relations avec les rumeurs autour d'une alliance entre les titres de Mondadori France, Lagardère Active et Marie-Claire, qui selon le titre d'informations italien Milano Finanza travailleraient à un projet d'alliance sur le marché français. Au début de l'année 2018, le titre du groupe de médias Mondadori a bondi de 6% à la bourse de Milan après la parution d'informations en ce sens dans la presse économique locale.

Selon les estimations de Mediobanca Securities, un tel groupe, côté à la Bourse de Paris, ferait un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros – 400 millions venant de Lagardère et 300 chacun pour Mondadori et Marie-Claire. Cependant selon les Echos la famille d'Arnaud de Contades qui détient 58% de Marie-Claire a cessé les discussions avec les deux autres protagonistes ce printemps, tout en ne s'opposant pas à une cession par Lagardère des 42% du capital qu'il détient si «cela  ne sacrifie pas nos conditions actuelles ».

Lagardère Active prêt à une vente à la découpe ?

Lagardère de son côté se réorganise en cinq pôles pour retrouver de la « flexibilité stratégique ». Autrement dit pouvoir céder une partie de ses activités. Près de 600 salariés ont voté mi-mars une motion de défiance contre ces projets : « nous, salariés de Lagardère Active, réunis en assemblée générale, tenons à manifester notre défiance à l'égard de la direction de Lagardère Active et de la direction du groupe Lagardère. Nous ne leur faisons aucune confiance pour préserver l'avenir de nos activités ni négocier leur vente avec un quelconque souci social (il ne reste plus de journalistes à Be, à Pariscope, Auto Moto ou Mon jardin, Ma maison, par exemple, titres vendus en 2015) ».

Dans un courrier obtenu par l'AFP, les cinq pôles seraient : presse (Elle, Télé 7 jours, France Dimanche, Ici Paris, Public, Webuzz), News (JDD, Paris Match, Europe 1, Virgin radio et RFM), télévision (Gulli, Mezzo...), Lagardère Studios pour la production et un pôle réunissant les activités purement numériques et le BtoB (Doctissimo...). Tout pourrait être cédé à terme sauf le pôle News qui à plusieurs reprises a été reconnu comme stratégique. Comme l'a remarqué Challenges (15/02/2018) l’hebdomadaire féminin Elle n'est plus dans le périmètre sanctuarisé du groupe. Selon le Figaro en revanche, la production audiovisuelle devrait être conservée. Les cessions pourraient être achevées d'ici fin 2018, pour un montant estimé entre 400 et 700 millions d'euros... le tout probablement pour maintenir stable un dividende élevé.

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