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Pub­lié le 31 mars 2016 | Éti­quettes : , , , ,

Enrico Mentana : l’indépendance d’un journaliste italien

Enrico Mentana, ou "la mitraillette " à cause de son débit saccadé, est un des visages les plus importants du journalisme de la télévision italienne.

Pendant des années homme clé de Canale5, le fleuron du réseau Mediaset (le réseau fondé par Silvio Berlusconi et maintenant dirigé par son fils Pier Silvio), on aurait pu attendre de lui un profil de « journaliste de gouvernement ». Au lieu de cela, Mentana a toujours maintenu un profil d'impartialité qu’il conserve encore comme directeur de la chaine La7.

À l'occasion des attentats de Bruxelles, lors du défilé de banales condoléances génériques, il a franchi allégrement les frontières du politiquement correct. Et il l'a fait au détriment d’une des icônes des bobos italiens, la présidente de la chambre des députés Laura Boldrini ancienne Haut-commissaire aux réfugiés des Nations Unies. Alors que Laura Boldrini récitait les litanies compassionnelles habituelles, il a interrompu la transmission de son discours pour revenir au direct. Il s’en est justifié : « au moment du direct ce n’était pas le moment… de laisser la parole aux phrases de deuil toutes faites qui auraient pu aussi bien être prononcées avant qu’après les attentats. » Un peu comme si David Pujadas avait interrompu Christiane Taubira dans un exercice programmé de repentance républicaine.

Face aux réactions sur les sites en ligne et les manchettes de journaux dénonçant "l'humiliation" d’une institution par le journaliste, Mentana n’a pas présenté d’excuses. Le syndicat des journalistes de La7 (les syndicats de journalistes italiens sont majoritairement aussi conformistes que leurs confrères français) a présenté alors une motion de défiance pour « comportement antisyndical » à son directeur qui a démissionné avant de reprendre cette démission à la demande de sa rédaction.

« La mitraillette » est célèbre pour ses polémiques comme celle avec Il Foglio, quotidien libéral atlantiste, et son directeur Giuliano Ferrara. Il a eu le courage au moment où Berlusconi était à son apogée de démissionner de Canale5 la plus importante chaine privée de télévision en Italie.

De notre correspondant en Italie

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