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Élections législatives : focus médiatique sur la 1ère circonscription des Yvelines

4 juin 2022

Temps de lecture : 8 minutes
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Élections législatives : focus médiatique sur la 1ère circonscription des Yvelines

4 juin 2022

Temps de lecture : 8 minutes

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À quelques jours du second tour des élections législatives de juin 2022 en France, l’OJIM a souhaité faire un focus sur une circonscription électorale au travers de son actualité médiatique. Il apparaissait en effet important de passer en revue quelques événements marquants qui se sont passés durant les dernières années dans une circonscription de la banlieue parisienne dont les électeurs ont voté en 2017 majoritairement pour le candidat LREM.

Les monographies urbaines incorrectes : un genre trop rare

Les mono­gra­phies urbaines incor­rectes sont un genre rare dans les médias, trop rare. Il y a quelques années, le men­su­el Causeur a con­sacré des arti­cles à plusieurs villes, dont Le Mans, Bor­deaux, etc., sous un angle inédit. Pour une fois, il ne s’agissait pas de décrire de façon élo­gieuse l’une de « ces-villes-où-les-Français-rêvent‑d’habiter », mais de pass­er en revue une réal­ité urbaine trop sou­vent occultée, sauf au tra­vers d’articles ponctuels con­sacrés à la délin­quance, et beau­coup plus rarement, au change­ment de pop­u­la­tion par l’immigration, à l’essor de l’islam, etc. C’est l’objet de la présente monographie.

Une circonscription avec de forts contrastes sociaux

La 1ère cir­con­scrip­tion des Yve­lines com­prend les villes de Mon­tigny-le-Bre­ton­neux, de Guyan­court et la majorité du secteur de Ver­sailles. Ver­sailles est sou­vent présen­tée comme une ville hup­pée, même si la pau­vreté y existe égale­ment. La mix­ité sociale étant une oblig­a­tion imposée par la loi, le maire s’efforce de rat­trap­er le « retard » de la ville en nom­bre de loge­ments soci­aux, comme nous l’apprend un arti­cle d’Habi­tat et d’humanisme.

À Guyan­court, la pop­u­la­tion est générale­ment plus pop­u­laire. La com­mune a con­stru­it il y a quelques décen­nies des loge­ments soci­aux que le maire de Ver­sailles de l’époque ne voulait pas ou ne pou­vait pas con­stru­ire sur sa com­mune. Les maires suc­ces­sifs de gauche de Guyan­court ont depuis bien com­pris l’intérêt élec­toral de favoris­er la con­struc­tion de ce type de loge­ments, qui sont majori­taires dans la com­mune. Le cen­tre-ville est habité majori­taire­ment par des pro­prié­taires ? Hor­resco ref­er­ens ! Le maire a décidé d’y con­stru­ire 15 nou­veaux loge­ments soci­aux. « cette opéra­tion per­met de « rééquili­br­er le cen­tre-ville », selon le maire cité par Actu78 dans un arti­cle récent.

Mon­tigny-le-Bre­ton­neux com­porte plus de quartiers cos­sus que la com­mune voi­sine de Guyan­court. La répar­ti­tion entre les loge­ments soci­aux et le parc privé de loge­ments y est plus équili­brée. Autant dire que la pop­u­la­tion est « mixte » sociale­ment dans la cir­con­scrip­tion, entre les dif­férentes com­munes qui la com­posent et à l’intérieur de ces mêmes communes.

Si lors des élec­tions lég­isla­tives en juin 2017, Didi­er Baichère, le can­di­dat LREM, a rem­porté le scrutin à 51% des suf­frages, les résul­tats ont été con­trastés entre les dif­férentes com­munes. Alors que le can­di­dat d’Emmanuel Macron n’a obtenu que 39% des suf­frages exprimés à Ver­sailles, il en obte­nait 70% à Guyan­court et 63% à Montigny-le-Bretonneux.

L’actualité de cette cir­con­scrip­tion durant les dernières années au tra­vers de sa cou­ver­ture médi­a­tique per­met d’en savoir plus sur l’évolution de la société dans cer­taines zones géo­graphiques du pays, en par­ti­c­uli­er dans la ban­lieue parisienne.

Une délinquance bien présente

Il fut un temps où le tra­vail des policiers et des gen­darmes con­sis­tait à prévenir et à réprimer les délin­quances. Il leur faut aus­si main­tenant se pro­téger con­tre les assauts des délin­quants. Les com­munes de la grande couronne de la région parisi­enne com­posant la 1ère cir­con­scrip­tion des Yve­lines n’échappent pas à la règle. Dans la presse locale, on apprend que le tra­vail des forces de l’ordre n’y est pas tou­jours un long fleuve tranquille.

Les policiers sont par­fois pris pour cible, bête­ment, gra­tu­ite­ment, à Mon­tigny-le-Bre­ton­neux, notam­ment en mai 2020, en févri­er 2021, en févri­er 2022 lors d’un con­trôle d’identité le 9 mars 2022, nous apprend la Gazette de SQY. En mai 2022, c’est le poste de la police munic­i­pale qui était selon Info­nor­mandie visé par des tirs de morti­er. Tou­jours en mai de cette année selon le même média, deux policiers ont été blessés en rai­son du refus d’obtempérer d’un jeune à scooter.

A Guyan­court égale­ment, la police est par­fois la cible des voy­ous. Ain­si, en mai 2021, « les policiers ont essuyé des tirs de mortiers d’ar­ti­fice » selon Actu 17. Le 14 juil­let et la nuit de la Saint Sylvestre sont des fêtes famil­iales et pop­u­laires. C’est désor­mais par­fois l’occasion pour les racailles de don­ner libre cours à leur volon­té de nuire. Ain­si, le 14 juil­let 2021, c’est le tra­di­tion­nel cou­ple voitures brûlées-tirs de morti­er qui est évo­qué par Info­nor­mandie. Lors de la nuit du réveil­lon de la Saint Sylvestre menant jusqu’en 2022, le même média nous informe que la nuit a été « éprou­vante » pour les policiers des Yve­lines, notam­ment à Guyancourt.

Versailles aussi

La ville royale de Ver­sailles n’est pas en reste. En novem­bre 2019, la police munic­i­pale s’est équipée de caméras pié­tons, nous informe Actu.fr. L’explication : « les policiers, nationaux ou munic­i­paux, sont de plus en plus pris à par­tie. Ces équipements leur sont utiles dans ces sit­u­a­tions ». Le 22 avril 2020, « la police tombe dans un guet-apens à Ver­sailles », nous apprend le Parisien. En juin 2021, des « fêtards » agressent les forces de l’ordre après une nou­velle soirée du pro­jet X, selon Le Figaro.

Comme dans beau­coup d’autres com­munes de France désor­mais, celles qui com­posent la 1ère cir­con­scrip­tion des Yve­lines n’échappent donc pas au passe-temps idiot de jeunes voy­ous qui con­siste à agress­er les forces de l’ordre pour se don­ner le frisson.

Les rixes entre bandes rivales de jeunes

Quand des rix­es entre ban­des rivales de jeunes écla­tent, on est loin de la guerre des bou­tons décrite par Louis Per­gaud dans le roman éponyme. Pour ne citer que quelques exem­ples, en juil­let 2020, France Bleu nous apprend qu’« un match de foot­ball sauvage entre jeunes de Ver­sailles et de Guyan­court (Yve­lines) s’est mal ter­miné. A la fin de la par­tie vers 22h00 ce jeu­di, pour des raisons encore incon­nues, une bagarre entre 200 jeunes éclate et fait cinq blessés ».

À Mon­tigny-le-Bre­ton­neux, le 3 févri­er 2021, « une rixe a opposé une ving­taine de per­son­nes venant prob­a­ble­ment du quarti­er des Prés à Mon­tigny et du quarti­er des Saules à Guyan­court, le 29 jan­vi­er. Un mineur de 16 ans a été poignardé à la cuisse(…) Ses jours ne sont plus comp­tés » indique avec soulage­ment La Gazette de SQY.

Voir aus­si : Ban­lieue / province : le con­fine­ment recou­vre deux réal­ités différentes

Le 18 mai 2022, c’est devant un col­lège de Guyan­court qu’une bagarre éclate, selon Info­nor­mandie. Le bilan ? « Trois ont des der­mabra­sions sur le torse et le qua­trième souf­fre des cer­vi­cales et d’un trau­ma­tisme crânien avec perte de con­nais­sance ».

Les occupations illégales de Roms

Depuis quelques années, des mem­bres de la com­mu­nauté rom s’installent en toute illé­gal­ité dans les 2 com­munes de la com­mu­nauté d’agglomération de Saint Quentin en Yve­lines qui com­posent la 1ère cir­con­scrip­tion élec­torale des Yve­lines, Mon­tigny-le-Bre­ton­neux et Guyancourt.

Les ten­ta­tives pour met­tre fin aux occu­pa­tions illé­gales de ter­rains font l’objet de protes­ta­tions out­ragées des asso­ci­a­tions de défense des migrants. En octo­bre 2017, des Roms devaient être expul­sés d’un ter­rain près de la caserne des pom­piers de Mon­tigny-le-Bre­ton­neux, selon Actu78. Comme sou­vent, les enfants sont présen­tés comme un boucli­er con­tre les expul­sions par les asso­ci­a­tion pro-migrants : « cette opéra­tion pour­rait com­pro­met­tre la sco­lar­ité de jeunes enfants ». Un nou­veau campe­ment de Roms a vu le jour à Mon­tigny-le-Bre­ton­neux, en bor­dure de la Nationale 12 et de la Départe­men­tale 129, nous apprend Le Parisien en avril 2020 dans un arti­cle con­sacré à « la grande détresse des Roms » pen­dant le confinement.

Cer­tains squat­teurs n’ont pas autant de scrupules et s’installent car­ré­ment dans des bâti­ments dont ils ne sont ni locataires, ni pro­prié­taires. Ain­si, la Gazette de Saint-Quentin-en-Yve­lines nous apprend en jan­vi­er 2022 que « l’ancien bâti­ment d’Orange est occupé par des Roms depuis un mois (…) Ce sont essen­tielle­ment des familles. On a des adultes, des enfants. Il y a aus­si des femmes enceintes qui sont présentes sur ce site », pré­cise le maire de Guyan­court (…). La Com­mune a fait installer, à ses frais, des bennes pour les déchets, selon François Mor­ton. « C’est un coût tou­jours impor­tant, qui n’est jamais prévu dans les bud­gets d’une Ville, donc il faut s’adapter. On par­le de plusieurs mil­liers d’euros, voire de dizaines de mil­liers d’euros à terme ».

Mais le pre­mier élu de la ville sait rel­a­tivis­er les événe­ments qui vien­nent grev­er le bud­get de la com­mune : « Le maire rap­pelle néan­moins que ce phénomène est com­mun à plusieurs autres villes ». Désor­mais, dans le quarti­er dit de Saint-Quentin-en-Yve­lines, à Mon­tigny-le-Bre­ton­neux, les men­di­ants sont nom­breux à occu­per le chemin pié­ton­nier qui mène à la gare RER. Dans la cou­ver­ture médi­a­tique des occu­pa­tions illé­gales, l’angle human­i­taire règne en maitre. A aucun moment les médias ne soulig­nent que les règles de séjour en France impliquent d’avoir des revenus suff­isants et de ne pas être une charge pour le sys­tème social français. Un épiphénomène, sans doute.

Des migrants toujours plus nombreux

Pour organ­is­er les inces­santes « mis­es à l’abri » des clan­des­tins qui se regroupent à Paris, les com­munes de la ban­lieue parisi­enne sont fréquem­ment mis­es à con­tri­bu­tion. Ain­si, en novem­bre 2017 au camp des Matelots à Ver­sailles, « le cen­tre d’hébergement d’urgence (…) a dû accueil­lir, le 17 novem­bre 2020, (…) cent cinquante hommes adultes migrants expul­sés des camps de rue de la porte de la Chapelle et de la place de la République déman­telés » nous informe Le sec­ours catholique. En févri­er 2021, «Le cen­tre des Mortemets de Ver­sailles a accueil­li 112 migrants en fin d’an­née », nous informe TV78, la chaine de télévi­sion locale.

Voir aus­si : Ban­lieues : vio­lences en mode mineur dans les médias, embrase­ment sur les réseaux sociaux

À Guyan­court, en mai 2017, ce sont « 80 migrants en prove­nance du campe­ment de la porte de la Chapelle (qui) sont hébergés au pavil­lon Waldeck-Rousseau à Guyan­court (…) On est très fiers d’accueillir ces réfugiés pour leur per­me­t­tre de se pos­er », indique la maire » au jour­nal­iste d’Actu78. Plus proche de nous en juil­let 2021, le maire de Guyan­court « monte au créneau » pour accueil­lir des migrants afghans, nous apprend 20 Min­utes. En dépit des flux migra­toires crois­sants, les mis­es à l’abri organ­isées à Paris et en Seine Saint Denis sont désor­mais effec­tuées de façon beau­coup plus dis­crète par les autorités. L’approche des élec­tions y contribuerait-elle ?

L’islam en progression visible

Comme dans de nom­breuses aggloméra­tions, l’islamisation est de plus en plus vis­i­ble dans les com­munes de Mon­tigny-le-Bre­ton­neux et de Guyan­court. Dans les rues, le port du voile islamique par de nom­breuses femmes s’accompagne désor­mais de tenues de plus en plus « pudiques », en rup­ture avec les codes ves­ti­men­taires occi­den­taux. Un autre signe qui ne trompe pas, le développe­ment des com­merces ou des rayons halal dans les grandes sur­faces, comme au Car­refour de Montigny-le-Bretonneux.

Dans le quarti­er de la gare dit de Saint-Quentin-en-Yve­lines, le ven­dre­di midi, la mosquée située rue Joel Le Theule fait le plein. A tel point que le badaud peut y voir des prières de rue, dans le jardin pub­lic attenant à la mosquée, sans que cela sus­cite out­re mesure des réactions.

Une mosquée de 7500 m2

Dans la com­mune voi­sine, à Guyan­court, l’une des deux asso­ci­a­tions islamique, l’Union des musul­mans, pro­jette de faire con­stru­ire un lieu de culte et de cul­ture islamique de… 7 500 mètres car­rés. Cette con­struc­tion se ferait en par­tie sur un ter­rain agri­cole non con­structible, selon le prési­dent d’une asso­ci­a­tion de défense de l’environnement cité le 16 mai par Actu78. Face au maire et à deux de ses adjoints, « les habi­tants ont dit claire­ment non à la mosquée, cer­tains affir­mant même ne pas en vouloir du tout dans la ville ». Il n’est pas sûr que cela le fasse reculer. Quelques années aupar­a­vant, en 2015, Le Parisien nous infor­mait que des mem­bres d’une autre asso­ci­a­tion musul­mane de la ville de Guyan­court ont fait irrup­tion lors d’une réu­nion du con­seil munic­i­pal pour exiger un lieu de prière pen­dant les travaux du local mis à leur disposition.

Nous auri­ons pu par­ler de l’importance du secteur touris­tique dans la ville de Ver­sailles, du nom­bre impor­tant d’emplois rap­porté à la pop­u­la­tion dans les com­munes de Mon­tigny-le-Bre­ton­neux et de Guyan­court. Nous auri­ons pu par­ler des belles réal­i­sa­tions et des réus­sites de ces com­munes durant les dernières années, qui sont réelles. Nous lais­sons ces infor­ma­tions à leurs ser­vices de com­mu­ni­ca­tion. Il nous avait paru plus impor­tant de mon­tr­er que dans cette cir­con­scrip­tion comme dans de nom­breuses autres, la pop­u­la­tion et les mœurs changent. La fenêtre d’Overton s’est déplacée : la délin­quance endémique et peu réprimée, la pro­priété privée et la régu­lar­ité du séjour bafouées appa­rais­sent comme faisant par­tie du paysage, sauf pour ceux qui ne man­queront pas d’être accusés d’être haute­ment réac­tion­naires. Les pou­voirs publics poussent à la con­struc­tion de loge­ments soci­aux, qui ne seront jamais assez nom­breux, ce qui ne fera qu’accélérer le change­ment de pop­u­la­tions. Le scrutin des 12 et 19 juin 2022 sera ici comme ailleurs à suiv­re avec attention.

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