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Pub­lié le 23 juillet 2016 | Éti­quettes : , ,

Attentat de Nice : des élus saisissent le CSA

Scandalisés par la couverture médiatique qui a été faite des attentats de Nice, notamment par France 2 et TF1, 41 élus de droite et du centre ont saisi le CSA.

Emmenés par le député LR Hervé Mariton, les députés ont estimé qu'il revenait au Conseil supérieur de l'audiovisuel d'« inviter les télévisions et les radios à la prudence et à la retenue afin de protéger la dignité humaine, la douleur des personnes ainsi que l'ordre et la sécurité ». Pour eux, « deux séquences du traitement télévisuel de l'attentat de Nice le 14 juillet dernier méritent […] une mise en demeure au sens de l'article 42 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ».

En particulier, les signataires ont signalé l'édition spéciale de France 2, commencée une heure après l'attentat, dans laquelle la chaîne interrogeait un homme à côté du cadavre de sa femme. « La chaîne retransmet en direct, dans le nuit du 14 au 15 juillet, l'interview d'un homme assis au pied du corps sans vie de sa femme, après avoir appris la mort de son fils. Comment imaginer plus fort vecteur de terreur ? » se demandent les élus.

Concernant TF1, il est reproché à la chaîne privée d'avoir publié des photos personnelles du terroriste aux côtés de son camion. « Des photos 'selfie' narquoises du terroriste issues de son téléphone portable et prises la veille sur le lieu du drame devant son tragique camion. Comment imaginer plus forte glorification ? », ajoutent les signataires.

Et de conclure en estimant que, dans les deux cas, « par l'intermédiaire des rediffusions et des réseaux sociaux, ces images sont vues par des dizaines de millions de personnes dans le monde. Pour un attentat terroriste, la qualité du traitement médiatique est essentielle. Il s'agit d'informer sans glorifier [...] d'informer sans terroriser. Or la glorification et la terreur sont précisément les deux objectifs du terroriste. Les médias, à leur insu, en sont souvent les instruments. »

Le CSA s'était, jusqu'alors, contenté d'un simple rappelle à l'ordre.

Voir aussi

Notre dossier sur le traitement médiatique de l'attentat de Nice

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