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Photojournalisme précaire dans une presse en crise

20 février 2013

Temps de lecture : 2 minutes
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Photojournalisme précaire dans une presse en crise

Vendredi 15 février, le journal Libération publiait le portrait d’un photographe de presse, Alain Buu, dont la situation est bien révélatrice de la crise que traverse le monde du photojournalisme.

Car s’il a con­nu les guer­res et les bombes, c’est bien cette crise qui, aujourd’hui, l’oblige à tra­vailler dans des con­di­tions pré­caires. Autre­fois globe-trot­teur infati­ga­ble, il a dû, il y a peu, quit­ter l’agence Gam­ma qui ne l’envoyait plus en mis­sion à l’étranger. Désor­mais 80 % de ses con­trats sont des com­man­des d’entreprise, des « cor­po­rates ». « Des cen­taines de pho­tographes sont dans mon cas », affirme-t-il avant de con­fess­er qu’il tra­vaille sou­vent à perte depuis des années : « Il y a trois ans, je suis allé suiv­re la guerre au Tchad. Cela m’a coûté 5 000 à 6 000 euros, dépen­sés en pure perte car je n’ai pas ven­du de pho­tos. »

Pour la révo­lu­tion égyp­ti­enne, il a dou­blé son investisse­ment (1 500 euros pour les bil­lets d’avion et la vie sur place), « mais cela reste excep­tion­nel ». Sans investisse­ment, pas de déplace­ment. Sans déplace­ment, pas de revenus. La sit­u­a­tion des pho­to­jour­nal­istes est plus qu’une impasse. Ain­si n’a‑t-il pas pu, récem­ment, se ren­dre en Libye et en Syrie. « Avant, c’était dif­férent : l’agence pre­nait en charge la moitié des frais et se rétribuait avec la moitié des ventes de pho­tos », rap­pelle-t-il. Des pro­pos con­fir­més par Marc Rous­sel, autre pho­tographe très au fait de ces ques­tions : « En quinze ans, le nom­bre de com­man­des fer­mes a été divisé par trois, la valeur marchande d’un reportage par deux et le temps qu’il faut y con­sacr­er ne cesse de s’accroître avec le tra­vail de post­pro­duc­tion numérique. Ce qu’autrefois le lab­o­ra­toire — et donc le jour­nal — assumait, c’est aujourd’hui le pho­tographe qui le sup­porte sans con­trepar­tie finan­cière. »

Alain Mingam, ancien patron de Gam­ma, évoque « la pudeur et le silence com­plice, car obligé, des pho­tographes qui n’avouent qu’en privé l’état déplorable de leurs revenus et le traite­ment de leurs images, recadrées sous l’effet d’une “illus­tra­tionnite” aiguë. » Selon ce dernier, pour sur­vivre, les pho­tographes se dirig­eraient désor­mais « vers les fes­ti­vals, fon­da­tions, galeries, musées devenus les refuges nobles ou le “Samu obligé” d’une pho­to de presse malade, car trop mal exploitée dans ses sup­ports d’origine. »

Voir aussi notre vidéo : La photographie, victime de la presse ?

Source : PAJ www.paj-photographe-auteur-journaliste.org

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