Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
À Saint-Denis, les « profiteurs de guerre » vendent leur vidéo aux journalistes

20 novembre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | À Saint-Denis, les « profiteurs de guerre » vendent leur vidéo aux journalistes

À Saint-Denis, les « profiteurs de guerre » vendent leur vidéo aux journalistes

« Y’a de l’actu, je sais que je peux faire de l’argent (…) J’ai pas de tra­vail. »

« Elles sont belles, elles sont pas chères, qui veut des scènes de massacre ? » Depuis les attentats de Paris, un nouveau type de commerce voit le jour : les vidéos amateurs vendues aux médias.

Le 18 novem­bre à Saint-Denis avait lieu une opéra­tion de police dans un apparte­ment occupé par des indi­vidus liés aux attaques ter­ror­istes. Depuis la rue ou leurs fenêtres, les riverains ont ain­si pu cap­tur­er des images : bruits de coups de feu, policiers cir­cu­lant dans les rues, flash lumineux, etc.

Si cer­tains habi­tants ont don­né gra­tu­ite­ment leurs images aux médias, ou les ont directe­ment postées sur les réseaux soci­aux, d’autres se sont lancés dans la revente sous le man­teau de ces pré­cieux témoignages de l’as­saut du Raid. « Si on voit les tirs et un polici­er, de loin, dans la nuit, c’est 500 euros, sinon, juste le son, c’est 100 euros », con­firme Pas­cal Jal­abert, rédac­teur du chef du bureau parisien d’Ebra, un groupe de jour­naux de l’est de la France.

Sur FranceTV­in­fo, un jour­nal­iste racon­te com­ment les vendeurs pro­posent leur film « sous le man­teau, comme des vendeurs à la sauvette », dans une rue à l’abri des regards. Le fait n’est pas spé­ciale­ment nou­veau, mais d’autres le font sans même se cacher, comme l’a par ailleurs mon­tré le « Petit Jour­nal » de Canal+. « 400 euros c’est don­né », peut-on ain­si enten­dre de la part d’un de ces vendeurs à la sauvette. « J’ai fait ton tra­vail. J’ai eu les couilles de le faire. J’ai risqué ma vie », lance un autre au reporter, avant d’a­jouter : « Y’a de l’actu, je sais que je peux faire de l’argent (…) J’ai pas de tra­vail. »

Dans le doc­u­ment du « Petit Jour­nal », on peut voir une trans­ac­tion en direct entre ces jeunes de ban­lieue et une jour­nal­iste anglaise, con­fir­mant le fait que la pra­tique est beau­coup moins taboue dans les médias anglo-sax­ons. Assur­ant appartenir à la BBC, celle-ci a toute­fois nié avoir acheté des images alors qu’elle venait d’être filmée…

Du côté de BFMTV, on est « con­tre le principe d’acheter cer­tains doc­u­ments », a expliqué au Monde le directeur de la rédac­tion, Hervé Béroud. La chaîne con­fie avoir acheté deux pho­tos d’un jihadiste du Bat­a­clan, mais aucune vidéo. « Ne pas ren­tr­er dans une course au spec­tac­u­laire, ni dans une course aux enchères. Et il faut que le doc­u­ment apporte une info », ajoute M. Béroud.

Out­re-Manche, on a moins de scrupules. Il y a quelques jours, le Dai­ly Mail a ain­si dif­fusé une pho­to prise à l’in­térieur du Bat­a­clan après la fusil­lade. Une scène de boucherie qui a été abon­dam­ment relayée sur la toile. Le quo­ti­di­en a égale­ment partagé sur son site une vidéo de sur­veil­lance récupérée dans un café-restau­rant touché par les fusil­lades. « Cette vidéo nous a été pro­posée pour 50 000 euros », affirme Hervé Béroud, pré­cisant l’avoir refusée car jugée trop « choquante ».

Le JDD, quant à lui, assure s’être vu pro­pos­er trois vidéos et une dizaine de pho­tos des attaques d’un bar et d’une pizze­ria, pour la somme de 1 000 euros. Et l’heb­do­madaire de dénon­cer une « ver­sion con­nec­tée du prof­i­teur de guerre » qui devient de plus en plus mon­naie courante.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Camille Vigogne Le Coat

PORTRAIT — C’est la petite jour­nal­iste libérale lib­er­taire qui monte. Dis­sim­u­lant der­rière un joli minois une volon­té de nuire à toutes les per­son­nal­ités de la droite non alignée, Camille Vigogne Le Coat se rêve en nou­velle Ari­ane Chemin sa con­sœur du Monde.

Laurent Joffrin

PORTRAIT — Lau­rent Jof­frin, de son vrai nom Lau­rent (André Marie Paul) Mouchard est né en juin 1952 à Vin­cennes. Sa car­rière se car­ac­térise par des allers et retours inces­sant entre Libéra­tion et Le Nou­v­el Obser­va­teur.

Nicolas Beytout

PORTRAIT — Groupe de Bilder­berg, Le Siè­cle, Medef, Com­mis­sion Tri­latérale, ami intime de Nico­las Sarkozy, petit-fils de l’ancienne pro­prié­taire des Échos, Nico­las Beytout est LE porte-voix de la pen­sée unique mon­di­al­iste dans les médias.

Sonia Devillers

PORTRAIT — Née le 31 jan­vi­er 1975, Sonia Dev­illers est la fille de l’architecte Chris­t­ian Dev­illers. Jour­nal­iste sur France Inter, anci­enne du Figaro, elle s’occupe de cul­ture et des médias sur le ser­vice pub­lic et est en même temps la voix de la bobosphère, tou­jours prête à pour­fendre les « fachos » de Valeurs Actuelles et à offrir un refuge com­plaisant à Aude Lancelin, patronne d’un Média en pleine tour­mente.

Laurent Ruquier

PORTRAIT — Lau­rent Ruquier est né le 24 févri­er 1963 au Havre (Seine-Mar­itime). Tour à tour ani­ma­teur, présen­ta­teur, humoriste, pro­duc­teur et directeur de théâtre, Lau­rent Ruquier est omniprésent dans le Paysage audio­vi­suel français (PAF).