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22 février 2026 | Temps de lecture : 22 minutes
Portrait

Sonia Mabrouk

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Une Tunisienne amoureuse de la France

Née en Tunisie le 17 décem­bre 1977, Sonia Mabrouk est une jour­nal­iste con­nue pour ses émis­sions d’information et de débat poli­tique sur Pub­lic Sen­atEurope 1 et CNews. Après avoir refusé une offre alléchante pour rejoin­dre BFMTVelle prend la direc­tion d’une nou­velle col­lec­tion chez Fayard, Pen­sée libre. Après la déci­sion de CNews de con­serv­er l’émission de Jean-Marc Moran­di­ni après la con­damna­tion de ce dernier pour cor­rup­tion de mineurs, elle prend ses dis­tances en refu­sant de cau­tion­ner la déci­sion de sa direc­tion, avant de quit­ter la chaîne un peu plus tard, puis de rejoin­dre BFMTV à la ren­trée de sep­tem­bre 2026.

La jour­nal­iste nait en 1977 à Tunis et grandit dans le quarti­er de la Goulette, à une dizaine de kilo­mètres au nord-est de la cap­i­tale tunisi­enne. Enfant unique, elle est issue d’une famille de la haute société, proche de Bour­gui­ba. Son grand-père a été min­istre du Com­merce et son oncle ambas­sadeur en France entre 1973 et 1986, puis min­istre des affaires étrangères entre 1986 et 1987. Son père pos­sé­dait une société d’informatique dédiée à la numéri­sa­tion des col­lec­tions des musées tunisiens.

Elle baigne donc dans la poli­tique et la cul­ture depuis l’enfance.

Repérée par Jean-Pierre Elk­a­b­bach alors qu’elle tra­vaille pour l’hebdomadaire Jeune Afrique, elle débute sa car­rière télévi­suelle sur Pub­lic Sénat, chaîne dont le jour­nal­iste est alors prési­dent. Elle obtient sa nation­al­ité française en mai 2010.

Pre­mière Tunisi­enne à présen­ter les infor­ma­tions sur une chaîne nationale française, elle se démar­que par un style direct, n’hésitant pas relancer ses invités lorsqu’ils évi­tent ses ques­tions. Au début de sa car­rière, elle révélait que son mod­èle était Chris­tine Amar­pour de CNN, une inter­vieweuse qui n’hésite pas à pouss­er ses invités, et même les plus pres­tigieux, dans leurs retranche­ments. Elle a par ailleurs l’avantage d’être poly­glotte en français, arabe, anglais et ital­ien et a con­fié à Télé2semaines dévor­er « les télés du monde entier, arabe, espag­nole, ital­i­enne ».

Elle est actuelle­ment ani­ma­trice poli­tique sur Europe 1, et présen­ta­trice sur CNews. Con­nue pour son franc-par­ler, elle est par­ti­c­ulière­ment appré­ciée pour la qual­ité de ses inter­views politiques.

Par­al­lèle­ment à sa car­rière de jour­nal­iste, elle se lance dans l’écriture, avec un pre­mier ouvrage en 2017, Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille, et un sec­ond en 2018, Dans son cœur som­meille la vengeance. Quoiqu’ils vari­ent dans leur forme – le pre­mier se présente sous forme d’une con­ver­sa­tion libre et le sec­ond est un roman, ils sont tous deux l’occasion d’aborder des ques­tions d’actualité sous un angle littéraire.

Ils trait­ent large­ment de la ques­tion du ter­ror­isme islamiste. Il s’agit effec­tive­ment d’une ques­tion qui tient à cœur à la jour­nal­iste fran­co-tunisi­enne, avec de récentes pris­es de posi­tion con­tre la journée du voile à Sci­ences Po ou encore le port du burki­ni qui lui ont valu d’être taxée d’islamophobe.

Formation

Sonia Mabrouk com­mence ses études en Tunisie. Après avoir obtenu son bac à 16 ans à l’Institut Jeanne d’Arc de Tunis où, comme elle le con­fie au Jour­nal du Dimanche, « [l]es bonnes sœurs catholiques nous fai­saient appren­dre le Coran », elle pour­suit ses études à l’école de com­merce IHEC de Carthage. Elle pour­suit ses études à Paris, où elle arrive à 20 ans. Elle suit à la Sor­bonne un DEA et une thèse.

Parcours professionnel

Elle enseigne la ges­tion et le com­merce inter­na­tion­al durant deux ans à l’IHEC de Carthage, où elle a précédem­ment fait ses études. Elle se des­tine en effet au départ à une car­rière d’enseignante.

Elle com­mence sa car­rière en tant que jour­nal­iste pour Jeune Afrique, où elle entre grâce au jour­nal­iste fran­co-tunisien Béchir Ben Yahmed. Elle cou­vre pour l’hebdomadaire les sujets poli­tiques et socié­taux dans le monde et en France.

Trois ans plus tard, en 2009, elle obtient son pro­pre jour­nal sur la chaîne Pub­lic Sénat grâce au sou­tien de Jean-Pierre Elk­a­b­bach, alors prési­dent de la chaîne. Elle assure d’abord l’édition de 22h, puis l’émission de débats « On va plus loin », qu’elle assure jusqu’en 2017. Elle gagne avec cette émis­sion de débat de 90 min­utes sur les pro­jets et propo­si­tions de loi dis­cutés au Sénat ses let­tres de noblesse en tant que jour­nal­iste télévi­suelle. Elle se fait remar­quer pour son style franc et direct, n’hésitant pas à pos­er à ses invités des ques­tions qui fâchent et à les relancer.

En sep­tem­bre 2013 c’est à la radio qu’elle fait ses débuts en ani­mant « Le Débat des Grandes Voix » sur Europe 1 le same­di de 13h à 14h. Elle coanime égale­ment l’information du dimanche soir avec Patrick Roger.

De jan­vi­er à juin 2016 elle ani­me « Les Grandes Voix vous répon­dent », le dimanche de 19 à 20h. De sep­tem­bre 2016 à jan­vi­er 2017, elle a égale­ment ani­mé « Les Éclaireurs », émis­sion reprise par Nico­las Escoulan lorsque la chaîne choisit de faire plus de place aux Grandes Voix, avec des créneaux de dif­fu­sion en semaine de 17 à 18h en plus du same­di midi. À compter de sep­tem­bre 2019, elle présente l’entretien poli­tique de 8h15 dans la mati­nale de la station.

Elle rejoint l’équipe de CNews en sep­tem­bre 2017 avec « Les voix de l’info », et l’information de 17h – 19h. Suite à son change­ment d’émission sur Europe 1 en 2018, c’est la tranche 22 heures – minu­it de CNews qu’elle présente. Fig­ure rel­a­tive­ment con­sen­suelle, elle a acquis au cours de sa car­rière télévi­suelle une répu­ta­tion de sérieux et de rigueur. À par­tir de la ren­trée, elle est aux manettes de deux pro­grammes sur CNews : le « Midi News » qu’elle ani­me du lun­di au ven­dre­di entre 12 heures et 14 heures et le « Grand Ren­dez-Vous », le dimanche à 11 heures.

Elle com­mence égale­ment en 2017 une car­rière d’auteur avec la pub­li­ca­tion d’un pre­mier ouvrage, Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille. Elle enchaîne l’année suiv­ante avec un roman, Dans son cœur som­meille la vengeance. Ces deux ouvrages lui valent de pass­er du statut de jour­nal­iste à celui d’invitée, avec des inter­views et des plateaux TV nombreux.

En 2017, elle se fait remar­quer à l’occasion d’un échange vir­u­lent avec Mar­wan Muham­mad, prési­dent du Comité con­tre l’islamophobie en France dans l’émission de Thier­ry Ardis­son « Salut les ter­riens ! ». Elle lui reproche de se présen­ter comme par­lant au nom de tous les musul­mans abu­sive­ment : « Moi, ça me fait tou­jours rire les pro­fes­sion­nels qui par­lent au nom de tous les musul­mans et qui par­lent au nom de l’Is­lam. Par­don­nez-moi mon­sieur mais je tiens à vous le dire, vous êtes une car­i­ca­ture, vous êtes une impos­ture! […] Vous ne représen­tez rien. Absol­u­ment rien! Qui peut par­ler au nom des musul­mans? Per­son­ne, si ce n’est eux-mêmes. Ceux qui tra­vail­lent pour leur crèmerie, font leur miel sur l’Is­lam, ils ne représen­tent rien » (Audrey Kucin­skas, « Sonia Mabrouk n’a pas la même vision de l’islam que Mar­wan Muham­mad et le lui dit », L’Express, pub­lié le 10 avril 2017). Elle lui demande ensuite de prou­ver que son asso­ci­a­tion n’a aucun lien avec les Frères Musul­mans, accu­sa­tion à laque­lle Mar­wan Muham­mad choisit de ne pas répondre.

Deux ans plus tard, le 28 mars 2019, Mabrouk coince sur CNews un autre spé­cial­iste du dou­ble dis­cours, Bernard-Hen­ri Lévy.

L’ancien ter­ror­iste d’extrême-gauche Cesare Bat­tisti vient de fuir le Brésil, le gou­verne­ment Bol­sonaro nou­velle­ment élu ayant décidé de l’extrader, et s’est réfugié en Bolivie. Là-bas, il est arrêté puis livré aux autorités ital­i­ennes le 14 jan­vi­er, quar­ante ans après les faits. Sonia Mabrouk demande alors au philosophe s’il sou­tient tou­jours le ter­ror­iste d’extrême-gauche, que l’intelligentsia parisi­enne avait com­plaisam­ment cou­vé lors de son séjour en France entre 1990 et 2004. BHL avait écrit une let­tre à Lula lorsque celui-ci était prési­dent du Brésil pour le prier de ne pas livr­er Bat­tisti à la jus­tice. BHL peine à dis­simuler sa gêne : « Non, je ne lai pas soutenu sans faille, non. […] Je dis que quand un homme, accusé de crimes ter­ri­bles, se déclare inno­cent, moi je préfère quon évite lerreur judi­ci­aire. Ça veut dire que je préfère quon fasse crédit à cette procla­ma­tion dinno­cence. » Et Mabrouk d’enfoncer le clou : « Une par­tie de la gauche française en a fait un héros. Je me sou­viens com­ment il était dif­fi­cile de par­ler de lui, de ses assas­si­nats. Cer­tains se fai­saient vrai­ment vilipen­der. Un héros quon décou­vre assas­sin ».

À la ren­trée 2021, elle ani­me égale­ment le ren­dez-vous poli­tique du dimanche sur Europe 1 à la place de Michael Darmon.

Sur le plateau de « Quelle Époque! », elle sug­gère à Élise Lucet de con­sacr­er un de ses vir­u­lents « Cash Inves­ti­ga­tion » à la ges­tion finan­cière de France Télévi­sions en faisant référence à une enquête du JDD.

Au print­emps 2025, elle refuse une offre alléchante pour rejoin­dre BFMTV de Rodolphe Saadé et annonce rester chez CNews.

Après y avoir pub­lié en 2023 son pre­mier roman Et si demain tout s’inversait, une dystopie sur le thème de l’invasion migra­toire, le 11 juin 2025 les édi­tions Fayard la met­tent à la tête d’une nou­velle col­lec­tion inti­t­ulée Pen­sée libre. Une étape dans son par­cours après son impli­ca­tion dans l’ESJ l’école de jour­nal­isme rachetée par un tour de table où on trou­ve Viven­di, LVMH, Rodolphe Saadé et d’autres.

En jan­vi­er 2026, elle refuse de cau­tion­ner la déci­sion de la direc­tion de CNews de con­serv­er l’émission de Jean-Marc Moran­di­ni après sa con­damna­tion pour cor­rup­tion de mineurs. Elle évoque « une déci­sion qui ne m’appartient pas ».

Parcours militant

À cheval sur la France et la Tunisie, Sonia Mabrouk s’est dis­tin­guée par ses pris­es de posi­tion sur la ques­tion du ter­ror­isme islamique. Elle pose la ques­tion, notam­ment dans son ouvrage Dans son cœur som­meille la vengeance, des alter­na­tives qu’offre la civil­i­sa­tion européenne actuelle aux per­son­nes ten­tées par l’idéologie dji­hadiste. Elle en appelle à une véri­ta­ble « guerre idéologique » con­tre cette dernière (François de Labarre, « Sonia Mabrouk, l’échappée belle », pub­lié le 8 juil­let 2018 dans Paris Match). Elle souligne dans ce roman l’importance d’une réponse qui soit égale­ment spir­ituelle, à tra­vers la redé­cou­verte par son héroïne de ses racines chré­ti­ennes. Elle se définit elle-même comme de cul­ture musul­mane, croy­ant en Dieu mais non pra­ti­quante. Elle annonce ain­si dans une inter­view accordée à Pas­cal Lou­vri­er pour Causeur et pub­liée le 15 mai 2018, « je suis musul­mane mais j’adhère pleine­ment à la civil­i­sa­tion occi­den­tale ».

Elle con­damne vive­ment le traite­ment médi­a­tique des atten­tats ter­ror­istes en Europe, et notam­ment l’habitude de les met­tre sur le compte de la folie des auteurs. A ses yeux, c’est une rhé­torique qui bloque le débat dans la mesure où elle ne per­met pas d’analyser les moti­va­tions réelles des indi­vidus auteurs d’attentats. Elle insiste au con­traire pour par­ler de « sol­dats », de manière à per­me­t­tre la prise de con­science que ces actes s’inscrivent dans le cadre d’une guerre menée con­tre l’Occident.

Elle prend posi­tion face à l’actualité en avril 2016 en dénonçant sur Twit­ter la journée du voile organ­isée à Sci­ences Po Paris. Elle réag­it ensuite à la polémique sur le burki­ni par un autre tweet qui lui vaut d’être taxée d’islamophobe : « Der­rière le burki­ni, il y a surtout l’idéologie wah­habite et sa pro­pa­gande qui se répan­dent insi­dieuse­ment et dan­gereuse­ment #Tou­s­DesRem­parts ».

Sonia Mabrouk cherche par ailleurs à faire dia­loguer les cul­tures en ren­forçant la col­lab­o­ra­tion cul­turelle entre les dif­férents pays méditer­ranéens. Pour ce faire, elle par­ticipe avec le mil­liar­daire Marc Ladre­it de Lachar­rière à la créa­tion en 2010 de l’Association des musées mécon­nus de la Méditer­ranée (AMMed), asso­ci­a­tion qui tra­vaille en parte­nar­i­at avec l’UNESCO. Dans Paris Match, elle pré­cise qu’il s’agissait de « créer un réseau de petits musées qui n’avaient pas la notoriété du Lou­vre, explique cette dernière. Et après le print­emps arabe, il fal­lait con­tin­uer à ren­forcer les liens entre les rives de la Méditer­ranée ».

Distinctions

Elle reçoit en 2010 le Trophée 2010 de la Réus­site de l’Association France-Euro-Méditer­ranée (FEM).

Vie privée

Après avoir été en cou­ple avec le chef étoilé Guy Savoy depuis 2013, ils se mari­ent en 2021. Leur sépa­ra­tion est annon­cée par Sonia Mabrouk en novem­bre 2022. L’année suiv­ante, elle est aperçue au bras de Pas­cal Obis­po sur des clichés obtenus par Paris Match.

Publications

En 2017, Sonia Mabrouk pub­lie chez Flam­mar­i­on son pre­mier ouvrage, Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille. Le livre se présente comme une con­ver­sa­tion libre d’une petite-fille avec sa grand-mère, effrayée par la tour­nure que prend le monde qui l’entoure. La ques­tion du ter­ror­isme islamiste est déjà au cœur des ques­tion­nements de l’auteur.

En 2018, elle pub­lie un sec­ond ouvrage, Dans son cœur som­meille la vengeance, chez Plon. Elle fait cette fois le choix du roman pour met­tre en lumière les prob­lé­ma­tiques con­tem­po­raines d’identité française face à la men­ace islamiste. L’ouvrage, à tra­vers le regard de Lena, jour­nal­iste et héroïne du roman, se con­cen­tre sur la sit­u­a­tion des « lion­ceaux de Dae’ch », enfants élevés dès leur plus jeune âge pour être des com­bat­tants de l’organisation ter­ror­iste. C’est la redé­cou­verte de la foi chré­ti­enne, à l’échelle indi­vidu­elle – celle ici de Lena – et nationale, que l’auteur pose en réponse aux ques­tions dif­fi­ciles que pose le retour de ces enfants en France.

En 2019 paraît son troisième opus, Douce France, où est (passé) ton bon sens ? Let­tre ouverte à un pays débous­solé, où elle enfourche à nou­veau ses chevaux de bataille habituels (islam, inté­gra­tion, immi­gra­tion, école) dans le for­mat de l’essai. Elle y affiche sans ambages ses con­vic­tions, son affinité avec la pen­sée con­ser­va­trice et sou­verain­iste et son hos­til­ité à l’universalisme abstrait qui tient lieu de reli­gion à l’Occident post-chré­tien. Le livre est salué par son ami Math­ieu Bock-Côté qui vante les mérites de sa réflex­ion dans Le Jour­nal de Mon­tréal, le plus gros tirage de la Belle Province.

Après Insoumis­sion Française, un coup de boutoir con­tre les agents du déclin civil­i­sa­tion­nel (wok­istes, décolo­ni­aux, écol­o­gistes et fémin­istes rad­i­cales), elle fait paraître en 2023, Recon­quérir le sacré qui ren­con­tre un cer­tain écho auprès des milieux con­ser­va­teurs et catholiques du pays. Elle y décrit, dans ce plaidoy­er pour une réha­bil­i­ta­tion de la tran­scen­dance, son attache­ment pour la messe en latin. Il n’en faut pas plus pour être invité par les Veilleurs au théâtre Mon­tan­si­er de Ver­sailles aux côtés de Franck Fer­rand et recueil­lir les éloges de Finkielkraut dis­pen­sées au micro de Répliques.

En sep­tem­bre 2023, elle pub­lie chez Fayard son roman Et si demain tout s’inversait, une dystopie auda­cieuse imag­i­nant une Europe en proie à la vio­lence et au « brouil­lage des iden­tités », où des mil­liers de réfugiés fuient depuis les côtes méditer­ranéennes. Ce réc­it, qui inverse le par­a­digme des croisades, reflète les thé­ma­tiques chères à la jour­nal­iste : la défense de l’identité occi­den­tale, la cri­tique de la per­mis­siv­ité morale et une cer­taine forme d’inquiétude quant aux évo­lu­tions sociétales

Collaborations

Par l’entremise de Philippe Séguin, elle ren­con­tre Marc Ladre­it de Lachar­rière, énar­que, homme d’affaires et mécène, avec qui elle fonde l’Association des musées mécon­nus de la Méditer­ranée (AMMed), qui promeut des musées et lieux de cul­ture peu con­nus. L’objectif est, grâce au sou­tien de l’UNESCO, de favoris­er le dia­logue entre les dif­férents pays méditerranéens.

L’association tra­vaille sur des sup­ports var­iés allant des livres d’arts à la plate­forme numérique en pas­sant par les films-doc­u­men­taires. Ces derniers, co-pro­duits par Arte, met­tent en avant les dif­férents musées du pour­tour méditerranéen.

Proche du mem­bre de l’Institut Mon­taigne Hakim El Karoui et de son Club du XXIe siè­cle, elle a par­ticipé avec lui à une con­férence sur la poli­tique arabe de la France à l’Institut Français de Tunis en marge d’une vis­ite offi­cielle d’Édouard Philippe en 2018.

Depuis 2022, elle est mem­bre du jury du Prix Aujourd’hui présidé par Vin­cent Tré­mo­let de Villers.

Ce qu’elle gagne

Non con­nu.

Sa nébuleuse

Béchir Ben Yahmed : jour­nal­iste fran­co-tunisien, il est prési­dent-directeur du groupe Jeune Afrique. Il est le pre­mier à repér­er Sonia Mabrouk et à lui offrir un poste au sein de l’hebdomadaire Jeune Afrique suite à une can­di­da­ture spon­tanée de la jeune femme alors enseignante.

Jean-Pierre Elk­a­b­bach : il repère Sonia Mabrouk en 2000 alors qu’elle tra­vaille pour Jeune Afrique. C’est lui qui la fait entr­er sur Pub­lic Sénat alors qu’il en est prési­dent. Il a égale­ment repéré et lancé la car­rière de Léa Salamé, à laque­lle Sonia Mabrouk est sou­vent com­parée, pour son par­cours autant que pour ses orig­ines – la pre­mière ayant quant à elle des orig­ines libanaises.

Fabi­en Namias : directeur général d’Europe 1 entre 2013 et 2016, fait le pari de recruter la jour­nal­iste en 2013.

Con­stance Benc­qué : direc­trice générale du pôle news de Lagardère et prési­dente d’Europe 1, elle a repris les rênes d’Europe 1 en 2018 et a imposé Sonia Mabrouk au jour­nal de 8 heures pour l’interview poli­tique « au dernier moment, à la place d’un autre ». Elle lui témoignait de la sat­is­fac­tion un an plus tard, à l’heure des comptes, en admet­tant « qu’elle ne cesse de progresser ».

Patrick Roger : elle a co-ani­mé avec le mag­a­zine du dimanche soir sur Europe 1. L’homme est actuelle­ment directeur général de Sud Radio.

Cather­ine Nay et Charles Vil­leneuve : L’éditorialiste de Valeurs Actuelles et Europe 1, Cather­ine Nay, qu’elle qual­i­fie de « mod­èle » et Charles Vil­leneuve, dont la Let­tre A affirme qu’« il a veil­lé à son ascen­sion ».

Muriel Bey­er : son éditrice au édi­tions de l’Observatoire.

Meh­di Houas : ancien min­istre tunisien du Tourisme, il pré­side Talan, société de con­seil en inno­va­tion présente à l’international.

Elle l’a dit

« Mon ambi­tion, c’est de dur­er dans ce méti­er, je ne veux pas être une étoile filante. J’ambitionne de bien faire mon méti­er, je veux pren­dre le temps d’installer une image, un ton par­fois avec un peu d’impertinence » : dans une inter­view don­née à Hélène Reitza­um et Enguérand Renault pour Le Figaro, « Mabrouk : « Mon ambi­tion, c’est de dur­er dans ce méti­er », pub­liée le 3 avril 2013.

« À chaque nou­velle provo­ca­tion mise en scène par les exploiteurs de notre reli­gion, nous serons de plus ne plus nom­breux, j’en suis con­va­in­cue, à dénon­cer cette stratégie pour mieux réaf­firmer notre attache­ment à une reli­gion de paix, qui se vit et s’é­panouit dans la sphère privée. » : issu d’une tri­bune pub­liée sur Atlanti­co après avoir été qual­i­fiée d’ « arabe de ser­vice » par un core­li­gion­naire sur les réseaux sociaux.

« La civil­i­sa­tion chré­ti­enne est forte grâce à ses valeurs. Elle sur­vivra si les valeurs chré­ti­ennes sont défendues et portées haut et fort par les chré­tiens en France et ailleurs dans le monde » : dans une inter­view don­née à Char­lotte d’Ornellas et Geof­froy Leje­une pour Valeurs Actuelles, « Sonia Mabrouk : « la civil­i­sa­tion sur­vivra si les valeurs chré­ti­ennes sont défendues » » et pub­liée le 5 mai 2018.

« « Je suis Char­lie », ce n’est pas une oblig­a­tion, c’est une con­vic­tion. […] Etre « Char­lie », c’est défendre un bien pré­cieux, la lib­erté d’expression, c’est la lib­erté de car­i­ca­tur­er, c’est la lib­erté de trans­gress­er. C’est aus­si l’héritage d’un cer­tain esprit français » : le 6 jan­vi­er 2018 à l’occasion de l’évènement « Tou­jours Char­lie ! De la mémoire au com­bat » à Paris, aux Folies Bergères.

« La France n’est pas mul­ti­cul­turelle et ne peut l’être » : dans une inter­view de Louis Lecomte pour L’Incorrect pub­liée le 14 mai 2019.

« J’ai pris sur ce sujet le cas d’un pays que je con­nais bien car il est mon pays d’o­rig­ine : la Tunisie. Elle a pris sa part au niveau des migrants, notam­ment libyens après l’in­ter­ven­tion mil­i­taire fran­co-bri­tan­nique. Mais elle a aus­si su dire stop quand elle a estimé avoir pris un nom­bre de migrants suff­isant avant de men­ac­er les équili­bres iden­ti­taires, économique ou poli­tique. J’ai tou­jours été éton­née qu’on puisse tenir ce genre de dis­cours de l’autre côté de la Méditer­ranée, en Ori­ent, et plus générale­ment dans le Sud ; et qu’on ne puisse pas le faire en France ou en Europe. Tout sim­ple­ment parce que l’on cul­pa­bilise tout le temps les Européens. » : inter­view don­née à Valeurs Actuelles et pub­liée le 11 sep­tem­bre 2019.

Sur la coloni­sa­tion : « C’était un pro­tec­torat … Et puis, est-ce que tout est à jeter ? C’est aus­si un bel héritage qui per­met à des gens comme moi de sub­limer la France », Libéra­tion, 25 avril 2021.

Sa réac­tion au por­trait incisif de Libéra­tion« Il fal­lait que je dise du mal de la France, que je ne sois pas fière et il fal­lait que je vienne for­cé­ment dun quarti­er favorisé, ce qui explique selon Libéra­tion, pourquoi je ne tape pas sur la France », L’Heure des Pros, 28 avril 2021.

Elle juge la parole des jour­nal­istes « mal­heureuse­ment trop sou­vent stan­dard­is­ée », notam­ment sur des sujets comme l’Islam ou Daesh, Flo­ri­an Guadalupe, « Sonia Mabrouk regrette la parole « stan­dard­is­ée » des jour­nal­istes », Ozap, pub­lié le 22 sep­tem­bre 2017.

« La déci­sion de main­tenir Jean-Marc Moran­di­ni, c’est une déci­sion qui ne m’appartient pas. C’est la direc­tion de CNews qui a assumé cette déci­sion par fidél­ité, sem­ble-t-il, à son égard… J’ai beau­coup de respect pour ma direc­tion, pour ma hiérar­chie, mais en aucun cas ça ne vaut de cau­tion­ner cela, en aucun cas c’est une com­plai­sance morale par rap­port à ce dont nous par­lons et qui est d’une grav­ité réelle… Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux vic­times, quelles qu’elles soient, et aux vic­times les plus jeunes, je pense aux mineurs… j’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours. », inter­rogée lors de son entre­tien poli­tique par le député PS Jérôme Guedj sur le main­tien à l’antenne de CNews de Jean-Marc Moran­di­ni con­damné pour cor­rup­tion de mineurs entre 2009 et 2016. Sur CNews le 20 jan­vi­er 2026.

On l’a dit à son sujet

Dans une inter­view don­née à Lead­ers et pub­liée le 04 avril 2010, elle rap­porte les pro­pos de Jean-Pierre Elk­a­b­bach à son égard : « Tu ne dois pas faire une car­rière mais con­stru­ire un des­tin ».

Jean-Marie Bayle, directeur de la rédac­tion de Pub­lic Sénat sur la qual­ité de son tra­vail : « J’aime sa manière de men­er les entre­tiens. Sonia a une élé­gante imper­ti­nence. Elle tra­vaille beau­coup, ne cesse de pro­gress­er. Out­re les inter­views, elle est égale­ment très à l’aise lors des débats. Avec elle aux com­man­des, le plateau s’anime ».

Mar­wane Ben Yahmed, actuel directeur de rédac­tion de Jeune Afrique dit à son sujet : « elle a choisi la dif­fi­culté. Pour quelqu’un qui vient de son milieu, après des études de com­merce, le chemin était tout tracé, elle aurait pu prof­iter de l’aide de sa famille mais elle a préféré se lancer dans le jour­nal­isme. Elle a fait le saut dans le monde de la télévi­sion avec une aisance qui m’a éton­né. ».

Solange Bied-Char­reton, « Sonia Mabrouk, étoile mon­tante du jour­nal­isme français », Valeurs Actuelles, arti­cle pub­lié le 12 mars 2017 : la jour­nal­iste la qual­i­fie d’ « étoile mon­tante du paysage audio­vi­suel français ».

Pour Acrimed, la jour­nal­iste n’est rien de moins qu’une « adver­saire poli­tique » : « Que Sonia Mabrouk, tôlière de l’émission « Midi News » sur CNews et inter­vieweuse poli­tique sur Europe 1, fasse office de chien de garde, qui pour­rait s’en éton­ner encore ? Que des élus de gauche con­tin­u­ent à répon­dre à ses invi­ta­tions mérite d’être sérieuse­ment inter­rogé. Qu’espèrent-ils face à un cadre aus­si ver­rouil­lé ? Les inter­views de San­drine Rousseau et d’Adrien Quaten­nens démon­trent bien que, quelles que soient leurs répons­es et leurs argu­men­ta­tions (qu’ils ne peu­vent jamais dévelop­per), Sonia Mabrouk excédera sys­té­ma­tique­ment son rôle et avancera ses idées. Pire : de telles inter­views lui facili­tent la tâche. Accepter de se pli­er au « jeu » des fauss­es questions/réponses, totale­ment cade­nassé et biaisé par Sonia Mabrouk, c’est en défini­tive la con­sid­ér­er comme une jour­nal­iste, et non comme l’adversaire poli­tique qu’elle est ».

Pour Valérie Toran­ian, direc­trice de la Revue des Deux Mon­des, elle « incar­ne ce que la France a de plus intel­li­gent à pro­pos­er en matière de lutte con­tre la déca­dence ».

Dans les colonnes de L’Incorrect, son con­frère et ami Math­ieu Bock-Côté la décrit en ces ter­mes : « Cest, je crois, la meilleure inter­vieweuse à œuvr­er au cœur de lespace pub­lic français. Les poli­tiques aiment se présen­ter à son micro alors quelle ne leur fait pas de cadeau, et sait les pouss­er élégam­ment au cœur de leurs con­tra­dic­tions. Mais elle leur offre la pos­si­bil­ité daller au fond des choses. De ne pas se con­tenter de surfer sur lactu­al­ité du jour, à tra­vers les for­mules con­v­enues engen­drées par une société médi­a­tique qui appau­vrit le domaine de la pen­sée. Elle leur per­met de dire le fond de leur pen­sée, sils en ont une »

Pour Franc-Tireur, organe du sémil­lant Raphaël Enthoven, elle est plaisam­ment surnom­mée « Notre-Dame de l’info » : « Une musul­mane laïque pour défendre les pathos trahis ? Du pain béni pour Bol­loré ».

Pour Causeur, elle a su s’arracher à ses déter­mi­na­tions iden­ti­taires et est une per­son­nal­ité de choix pour met­tre la gauche face à ses con­tra­dic­tions : « La ques­tion ici nest pas de savoir si Sonia Mabrouk a rai­son ou tort, mais de savoir si oui ou non elle a le droit de penser par elle-même sans que ses orig­ines con­di­tion­nent sa pen­sée, sans que cer­tains sujets lui soient inter­dits, sans quon lempêche de partager le résul­tat de ses réflex­ions. Ce droit, qui est tout sim­ple­ment la lib­erté de pen­sée, nest pas seule­ment celui de Sonia Mabrouk, cest aus­si le mien, le vôtre, le nôtre. Si elle le perd, nous le per­dons aus­si. La lib­erté de pen­sée meurt lorsquon renonce à sen servir : remer­cions donc Sonia Mabrouk davoir le courage den faire usage mal­gré les attaques que lui réserve si sou­vent cette bien-pen­sance qui pré­tend bien penser lorsquelle empêche de penser ».

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo CNews.

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