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Les audiences de CNews en recul, ses détracteurs veulent en profiter

21 avril 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

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Alors que CNews a dom­iné le paysage des chaînes d’information en con­tinu en 2025, les chiffres du début d’année traduisent un essouf­fle­ment. Il n’en fal­lait pas davan­tage pour que les adver­saires de la chaîne s’en pren­nent encore à elle. Entre polémiques récur­rentes et con­cur­rence ravivée de BFMTV et LCI, la chaîne du groupe Canal+ doit se bat­tre sur deux fronts.

« Ils sont tous en panique », drama­ti­sait Le Parisien ce 20 avril. Pour le quo­ti­di­en de la cap­i­tale, l’inquiétude est vive au sein de la rédac­tion et de la direc­tion de CNews. Il y a quelques jours, c’est L’Opinion qui rap­por­tait qu’Emmanuel Macron n’était « pas mécon­tent d’observer les déboires de CNews ».

Car selon les don­nées pub­liées par Médi­amétrie, la chaîne de Vin­cent Bol­loré voit ses audi­ences fléchir après qua­torze mois de dom­i­na­tion. Celle-ci avait réal­isé une per­for­mance his­torique en 2025 avec 3,4 % de part d’audience, devançant pour la pre­mière fois BFMTV et s’imposant comme la pre­mière chaîne d’info de France. Le début d’année 2026 con­fir­mait encore cette dynamique : en jan­vi­er, la chaîne atteignait 3,2%. Mais depuis, la ten­dance s’est inver­sée. En févri­er, elle stag­nait à 3,0 % et voy­ait BFMTV repass­er en tête avec 3,5 %. Le début du mois d’avril con­firme le recul, CNews chutant à 2,5 % de PDA, pas­sant sous la barre des 3 %. Des chiffres que la chaîne a refusé de com­menter, tout comme plusieurs de ses journalistes.

En 2025, CNews était la seule chaîne d’info rentable, bien enten­du grâce à ses audi­ences record. Tout l’enjeu pour elle étant de le rester.

C’est la curée

Alors du côté des con­cur­rents et des adver­saires de la chaîne et de Vin­cent Bol­loré, c’est de nou­veau l’hallali. L’occasion est trop belle, en même temps que l’affaire de la mai­son d’éditions Gras­set et quelques jours à peine après la cam­pagne médi­a­tique autour du maire de Saint-Denis Bal­ly Bagayoko. Il y a quelques mois, c’est l’affaire Moran­di­ni qui lais­sait des traces, provo­quant le départ (vers BFMTV) de Sonia Mabrouk.

Désor­mais, tout est bon pour s’en pren­dre à CNews, quitte à con­fon­dre prob­lèmes con­jonc­turels et struc­turels. Côté con­jonc­turel, tout porte à croire que la cou­ver­ture du con­flit en Iran (et au Liban) a béné­fi­cié à LCI et BFMTV. Une ten­dance déjà observée lors des grandes crises inter­na­tionales, CNews étant moins encline à cou­vrir le ter­rain. À cela s’ajoute une ligne édi­to­ri­ale sou­vent jugée trop favor­able à Don­ald Trump et à Ben­jamin Netanyahu.

Un procès injuste ?

Tous les adver­saires repren­nent un chiffre sym­bol­ique : l’Heure des Pros de Pas­cal Praud, moteur de la dom­i­na­tion de CNews avec 720 000 téléspec­ta­teurs en octo­bre 2025, voit son audi­ence sur la tranche mati­nale divisée par deux entre avril 2025 et 2026, de 670 à 300 000. Bien sûr, l’animateur se bat, avec des audi­ences du soir encore très cor­rectes (550 000), mais le ressac se fait aus­si remarquer.

Plus générale­ment, la cri­tique récur­rente est celle de l’entre-soi, d’intervenants qui se seraient « enfer­més dans leurs cer­ti­tudes », d’une qual­ité ou d’une « prise de risque » en baisse. « La dif­férence avec l’émission de Pas­cal Praud, c’est que nous, autour de la table, les gens ne pensent pas la même chose », taclaient les présen­ta­teurs des Grandes Gueules de RMC, Olivi­er Tru­chot et Alain Marschall, le 19 avril sur T18.

À vrai dire, le présen­ta­teur a maintes fois répon­du à ses détracteurs, affir­mant inviter des per­son­nal­ités de tous bor­ds, mais déplo­rant le refus qua­si sys­té­ma­tique des fig­ures de gauche de par­ticiper aux débats. « On nous reproche de ne pas être équili­brés et d’avoir que des gens qui pensent pareil, j’espère remédi­er à cela », répé­tait ce 20 avril Pas­cal Praud, avant de point­er les plateaux du ser­vice pub­lic occupés par les jour­nal­istes du Monde et de Libéra­tion sans que l’Arcom ne réagisse en dépit d’un tel défaut de pluralisme.

Selon lui, les cri­tiques visent surtout à décrédi­bilis­er voire cen­sur­er la chaîne, qui bien sûr dérange le cli­mat médi­a­tique ambiant en rai­son de sa ligne éditoriale.

Pro & anti CNews

Sur X, un duel oppose le compte Twit­ter Des­ti­na­tion Télé, qui défend CNews, et Clé­ment Garin, qui la cri­tique. Ce 20 avril, Garin soulig­nait que l’écart avec France Info (4ᵉ chaîne) se resser­rait. Selon lui, les audi­ences se déli­tent parce que la chaîne con­tin­ue de pro­duire ce qui ne fonc­tionne plus – des débats sans vraie con­fronta­tion d’idées.

Des­ti­na­tion Télé, lui, souligne que Praud et CNews écrasent la con­cur­rence auprès des 25–49 ans (3,6 % vs 1,5 % BFMTV) et des CSP+ (3,3 %). Il insiste : « CNews large­ment leader des chaînes infos toute la soirée ». Enfin, Des­ti­na­tion Télé relaie ses suc­cès ponctuels, notam­ment le doc­u­men­taire Charles Allon­cle, seul con­tre tous, réal­isé par Gen­ton Prod. et dif­fusé le 17 avril à 21h. Une pro­duc­tion ayant atteint 583 000 téléspec­ta­teurs à 21h et le mil­lion avec sa red­if­fu­sion. Une manière pour cet obser­va­teur de soulign­er que la chaîne essaie d’innover du côté du reportage.

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