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Zuckerberg est désolé et se moque (gentiment) des Européens

2 juin 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Zuckerberg est désolé et se moque (gentiment) des Européens

Les observateurs attendaient beaucoup de la venue du fondateur et Président de Facebook Mark Zuckerberg au Parlement européen le 22 mai 2018. Une occasion de lui poser de nombreuses questions sur les failles du réseau social par exemple autour de l’affaire Cambridge Analytica que nous avons déjà analysée ici il y a peu.

Un format complaisant, un discours aseptisé

Mal­heureuse­ment le for­mat choisi (par le Par­lement ? Par Face­book ?) était fait sur mesure pour le fon­da­teur du réseau social. 7 min­utes d’accueil du Prési­dent du par­lement Anto­nio Tajani, 11 min­utes de dis­cours de réponse, 35 min­utes de ques­tions de par­lemen­taires et 25 min­utes de répons­es en bloc de Zucker­berg qui pou­vait ain­si choisir les bonnes ques­tions et élim­in­er les mau­vais­es. Devant le Con­grès améri­cain (et pen­dant cinq heures), il avait dû répon­dre à chaque ques­tion une à une sans pou­voir les esquiver. Ce qui a don­né des déc­la­ra­tions lénifi­antes comme :

« Les ques­tions de pro­tec­tion de la vie privée ont tou­jours été incroy­able­ment impor­tantes pour les gens. L’une de nos plus grandes respon­s­abil­ités est de pro­téger les don­nées. »

Ou bien encore :

« Nous n’avons pas pris une vue assez large de notre respon­s­abil­ité, c’est une erreur et je suis désolé pour cela… assur­er la sécu­rité des per­son­nes sera tou­jours plus impor­tant que max­imiser nos profits…tous les change­ments néces­saires à venir vont deman­der du temps… notre pri­or­ité est notre mis­sion sociale… Grâce à Face­book les réfugiés en Europe peu­vent rester en con­tact avec les leurs et se créer de nou­veaux con­tacts en Europe».

Quarante questions demeurées sans réponse

Le site anglo-sax­on spé­cial­isé Giz­mo­do a listé quar­ante ques­tions aux­quelles Zucker­berg s’est bien gardé de répon­dre, vous les trou­verez toutes (en anglais) ici. Quelques unes nous ont sem­blé nota­bles.

L’eu­rodéputé français Nico­las Bay :

  • La cen­sure arbi­traire appliquée par Face­book est elle com­pat­i­ble avec les valeurs fon­da­men­tales de notre démoc­ra­tie ?
  • La chas­se aux fauss­es nou­velles est elle en train de devenir un pré­texte pour chas­s­er et réduire au silence les lib­ertés d’opinion et d’expression ?

L’eurodéputé alle­mand Jan Philipp Albrecht :

  • Pou­vez vous assur­er que les don­nées des util­isa­teurs européens ne seront pas util­isées ou échangées entre Face­book et What­sApp ?

Et le Belge Philippe Lam­bert :

  • Face­book va-t-il pay­er ses impôts dans tous les pays où il a une présence opéra­tionnelle ?

Zucker­berg s’est con­tenté de répon­dre qu’à la fin 2018 le réseau social allait employ­er dix mille per­son­nes dans douze pays européens, ouvrir de nou­veaux cen­tres de recherch­es en France et au Dane­mark. Pour mémoire le cen­tre de prof­its européen du réseau social est en Irlande, on ne par­le pas de démé­nage­ment.

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