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Ses lecteurs peuvent-ils sauver la presse ?

5 décembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Ses lecteurs peuvent-ils sauver la presse ?

5 décembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes

Signe d’une crise grandissante, les titres de presse ont été deux fois plus nombreux en 2014 qu’en 2013 à faire appel à la générosité de leurs lecteurs, sous différentes formes. Souscriptions, financement participatif, voire augmentation de capital, la course aux financements alternatifs s’accélère. Sans représenter en général de solutions pérennes à même de régler le problème au fond. État des lieux.

Le quo­ti­di­en com­mu­niste L’Hu­man­ité a lancé le 23 novem­bre un énième appel aux dons auprès de ses lecteurs. Objec­tif de la souscrip­tion: récolter un mil­lion d’eu­ros. Il devrait être atteint au vu du résul­tat du précé­dent cru 2010–2011, qui avait ramené 1,2 mil­lion d’eu­ros dans les caiss­es de L’Hu­ma. En chute de dif­fu­sion de 18% depuis 2010 (DSH OJD 2013–2014 : 39 239 exem­plaires), le jour­nal sera en perte de près de trois mil­lions d’eu­ros cette année. L’Hu­man­ité n’est pas le seul titre à jouer sur la fibre sen­si­ble de ses lecteurs en faveur de la presse indépen­dante. C’est le cre­do des autres titres, en général de gauche ou assim­ilés, qui ten­dent aus­si la sébile. Ain­si les heb­do­madaires et men­su­els satiriques Char­lie heb­do et Sine heb­do ont lancé un appel début novem­bre. De façon plus mod­este que pour L’Hu­ma, il aurait per­mis à Char­lie de récupér­er 40 000 euros en une quin­zaine de jours. Le men­su­el anti libéral Alter­na­tives économiques n’est pas en reste. Lui aus­si a demandé à ses lecteurs de l’aide fin novem­bre pour fiancer notam­ment ses développe­ments numériques. Les bons résul­tats en général engrangés sur ce canal ne sont pas unique­ment dus au mil­i­tan­tisme. Les dons sont défis­cal­isés (66% du mon­tant) dans le cadre de l’as­so­ci­a­tion Presse & plu­ral­isme qui col­lecte pour le compte des édi­teurs. Ironie de la sit­u­a­tion pour ces jour­naux mar­qués à gauche, ce dis­posi­tif a été mis en place en 2007 à la suite des Etats généraux de la presse, ini­tié par Nico­las Sarkozy.

Le crowd­fund­ing (finance­ment par­tic­i­patif) est une autre alter­na­tive pour les sup­ports exclus de Presse & plu­ral­isme, réservé aux seuls sup­ports d’in­for­ma­tion poli­tique et générale. Par le biais du “love mon­ey” sur la toile, pure play­ers et titres veu­lent aus­si ren­forcer l’aspect com­mu­nau­taire très présent sur la toile. Le men­su­el con­sacré à l’en­vi­ron­nement durable Ter­ra eco vient ain­si de lever 100 000 euros sur la plate-forme de finance­ment par­tic­i­patif Ulule. Les salariés de Nice-Matin, désor­mais pro­prié­taire du groupe au tra­vers d’une Société coopéra­tive d’in­térêt col­lec­tif (SCIC) sont même par­venus à récolter près de d’un demi-mil­lion d’eu­ros en août. Seule con­trepar­tie de leur élan de sol­i­dar­ité pour les inter­nautes, des pro­duits dérivés ou des places de spectacles.

L’Opin­ion, comme le men­su­el pat­ri­mo­ni­al Le Revenu en 2008, s’in­scrit lui dans une démarche de petit action­nar­i­at en phase avec son ADN. Nico­las Beytout, le prési­dent du quo­ti­di­en libéral, compte lever 2,5 mil­lions d’eu­ros dans le cadre du dis­posi­tif de la loi TEPA. Il per­met égale­ment de défis­calis­er une par­tie de ce montant.

Reste à savoir si le finance­ment des par­ti­c­uliers peut con­stituer une voie d’avenir pour les sociétés de presse, à côté du sys­tème clas­sique d’ac­tion­nar­i­at, en général indus­triel. Qu’il s’agisse de combler des trous, comme à L’Hu­man­ité, où de financer de nou­veaux développe­ments, notam­ment numériques, ces solu­tions pal­lia­tives restent lim­itées dans les mon­tants. De sur­croît, les généreux dona­teurs ne tarderont pas à se lass­er si de vraies réformes (diminu­tions de la masse salar­i­ale, refonte du con­tenu édi­to­r­i­al, vraies options stratégiques, etc…) ne sont pas menées dans ces médias à plus ou moins brève échéance.

Dessin : © Mila­dy de Win­ter pour l’Ojim

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