Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Laurence Haïm

31 janvier 2020

Temps de lecture : 13 minutes
Accueil | Portraits | Laurence Haïm

Laurence Haïm

De grand reporter à conseiller politique

Née le 14 novembre 1966 à Paris, Laurence Haïm est journaliste politique à l’international. En 2017, elle devient pour quelques mois porte-parole de La République en Marche.

Fille de médecin, Lau­rence Haïm naît le 14 novem­bre 1966 à Paris. Sa mère écrit des livres pour enfants qui n’ont jamais été pub­liés. Son frère, Philippe Haïm, est com­pos­i­teur et réal­isa­teur. Il est notam­ment met­teur en scène pour cer­tains épisodes de la série de Canal+ pro­duite par la société CAPA, « Braquo ».

Elle est générale­ment décrite – et notam­ment dans sa fiche Wikipedia – comme de nation­al­ité fran­co-israéli­enne, ce qu’elle dément dans une inter­view don­née à Jonathan Nah­many le 3 avril 2017 pour Actu­al­ité Juive Heb­do : « C’est com­pléte­ment faux ! Mon lieu de nais­sance se situe à Paris. Je suis française et de con­fes­sion juive. Mon rap­port avec le judaïsme est fort et en même temps com­plexe. J’ai beau­coup tra­vail­lé en Israël mais aus­si très sou­vent dans les con­flits aux côtés des Pales­tiniens à Gaza, Ramal­lah et Beth­léem. Ce que je pense sur cela relève de ma vie privée. »

Après des études en sci­ences poli­tiques avortées, elle se forme au jour­nal­isme en auto­di­dacte, au fil de petits boulots et de stages qui lui per­me­t­tent de ren­con­tr­er des grands noms du jour­nal­isme, et notam­ment Philippe Labro et Chris­tine Ock­rent. Le pre­mier lui offre son pre­mier poste sur RTL ; elle devient assis­tante de la sec­onde. Elle passe ain­si en 10 ans de sta­giaire chez RTL à jour­nal­iste inter­na­tionale accréditée à la Mai­son Blanche.

Sa car­rière se fait en effet à cheval entre la France et les États-Unis. En 1992, après s’être lancé dans la pro­duc­tion de reportages pour l’agence de presse et société de pro­duc­tion CAPA créée en 1989 par Hervé Cha­balier, elle s’installe à New York où elle devient la cor­re­spon­dante française aux États-Unis de Canal+, puis d’i>Télé – et de l’agence CAPA bien sûr.

Elle est con­nue dans le milieu jour­nal­is­tique pour sa ténac­ité. En 1992, aux Jeux Olympiques de Barcelone, elle réus­sit à obtenir de Fidel Cas­tro qui refu­sait toute inter­view quelques min­utes d’entretien. Elle est aus­si la seule jour­nal­iste française à avoir obtenu à deux occa­sions des inter­views de Barack Oba­ma.

Au fil de ses années passées aux États-Unis, elle réalise plusieurs reportages pour des chaînes français­es et améri­caines qui la font con­naître en tant que reporter. Elle met un pre­mier pied en poli­tique en cou­vrant les élec­tions améri­caines à par­tir de 2004. Son par­ti-pris en faveur des Démoc­rates est clair. Elle devient d’ailleurs au fil de ses reportages sur le can­di­dat assez proche de Barack Oba­ma pour devenir la seule jour­nal­iste française avec accès à la Mai­son Blanche, et obtenir en 2013 une accrédi­ta­tion per­ma­nente en Pen­tagone.

En 2017, c’est à la poli­tique française qu’elle s’intéresse puisqu’elle revient dans son pays natal pour y devenir quelques mois porte-parole de « La République en marche ! ». L’expérience s’avère toute­fois un échec : elle se fait rapi­de­ment plac­ardis­er après quelques échecs en inter­views et des tweets jugés mal­adroits.

La jour­nal­iste est en effet très active sur Twit­ter avec plus de 250 000 « fol­low­ers ». Elle y gagne la sym­pa­thie du grand pub­lic pour la spon­tanéité de ses tweets. Elle est con­nue pour ses nom­breuses fautes d’orthographes et coquilles. Elle l’admet elle-même dans une inter­view accordée à Elle et reprise dans un arti­cle du 11 jan­vi­er 2017 sur Slate : « Je fais beau­coup de fautes de frappe, ce qui m’est par­fois reproché par les gens qui me suiv­ent: il faut que j’y tra­vaille, mais, en direct, tout va si vite ! ». Il existe même sur le réseau social un compte @laurenceHIMYM, qui par­o­die ses tweets.

Le réseau social lui vaut égale­ment des « bad buzz ». En mars 2018, Lau­rence Haïm est accusée d’avoir dif­fusé une « fake news » sur le con­flit syrien, au moment même où le gou­verne­ment cher­chait à édicter une loi con­tre la dif­fu­sion de fauss­es infor­ma­tions sur inter­net ! La jour­nal­iste avait dif­fusé sur son fil Twit­ter une pho­to d’un enfant et de bénév­oles human­i­taires avec en com­men­taire « Pho­to de la semaine cir­cu­lant dans notre monde sur les réseaux. 4 mars. Un enfant migrant de 4 ans entre la Syrie et la Jor­danie croise une équipe d’UN­HCR. Il a dans son petit sac les vête­ments de sa mère et sœur tuées en Syrie ». Or, cette analyse de la pho­togra­phie, dif­fusée pour la pre­mière fois en 2014, avait déjà été invalidée par les jour­nal­istes du Guardian la même année.

Lau­rence Haïm fait à nou­veau par­ler d’elle en sep­tem­bre 2019 avec un tweet erroné annonçant le décès de l’acteur et réal­isa­teur améri­cain Clint East­wood. Mal­gré ses excus­es rapi­des, l’affaire lui vaut un nou­veau « bad buzz ».

Formation

Le por­trait de la jour­nal­iste par Bertrand Rocher le 12 avril 2017 pour Grazia révèle que c’est suite à un échec dans ses études à Sci­ences Pô que Lau­rence Haïm se lance en auto­di­dacte dans le jour­nal­isme, à la faveur ses pre­miers emplois et de ses pre­mières ren­con­tres pro­fes­sion­nelles.

Parcours professionnel

Suite à cet échec dans ses études, Lau­rence Haïm décou­vre le jour­nal­isme lors d’un petit boulot sur CVS (Canal Ver­sailles Stéréo), une radio libre ver­sail­laise pour laque­lle elle porte les cafés aux inter­venants.

Son pre­mier emploi en tant que jour­nal­iste est un stage sur RTL pour pré­par­er les jour­naux d’Elie Van­nier. C’est là que Philippe Labro la décou­vre. En 1986, il lui pro­pose un poste au ser­vice « société » de RTL dont il est alors directeur des pro­grammes. Elle devient l’assistante de Chris­tine Ock­rent, star de la chaîne ; c’est elle qui est respon­s­able de con­tac­ter les invités poli­tiques de la jour­nal­iste. La chaîne lui pro­pose ensuite de tra­vailler pour la rubrique « peo­ple », ce qu’elle con­fie par la suite avoir détesté.

En 1989, elle est aux côtés d’Hervé Cha­balier lorsqu’il crée l’agence CAPA, une agence de presse et société de pro­duc­tion con­nue notam­ment pour l’émission « 24 Heures » dif­fusée sur Canal +. Lau­rence Haïm se lance à cette occa­sion dans la réal­i­sa­tion de reportages télévi­suels. Ce sont ces reportages qui font con­naître la jour­nal­iste du grand pub­lic : ils sont dif­fusés sur des émis­sions de grande écoute, soit « 24 heures » sur Canal+, « Envoyé spé­cial » sur France 2 ou encore « Zone inter­dite » sur M6.

En 1992, elle s’installe à New York et devient cor­re­spon­dante États-Unis pour l’agence CAPA et pour Canal+.

En 1999, elle étend son influ­ence plus large­ment encore puisqu’elle devient égale­ment cor­re­spon­dante pour I‑Télé.

Le 11 sep­tem­bre 2001, elle se trou­ve dans un avion en direc­tion de New York le jour des atten­tats. Elle cou­vre les évène­ments en tant que cor­re­spon­dante, mais explique dans son ouvrage Jour­nal d’une année à part : 11 sep­tem­bre 2001 – 2002 que c’est aus­si à titre per­son­nel qu’elle se sent très choquée par l’évènement.

En 2002, elle se trou­ve par hasard à prox­im­ité d’un atten­tat en Israël en même temps que le géant de l’information Dan Rather qui lui demande de cou­vrir l’évènement pour la chaîne CBS News dont il est un des présen­ta­teurs phares. À la suite de cela, de 2002 à 2006, elle cou­vre le début de la guerre d’Irak pour la chaîne améri­caine. Pour ce faire, elle vit une par­tie de cette péri­ode à Bag­dad et en prof­ite pour tra­vailler occa­sion­nelle­ment en Israël.

Entre temps, en 2004, elle con­tin­ue son tra­vail de cor­re­spon­dante aux États-Unis et cou­vre l’élection prési­den­tielle améri­caine de 2004. C’est le début d’une longue car­rière dans le jour­nal­isme poli­tique, et la poli­tique tout court.

En 2008, elle suit la cam­pagne de Barack Oba­ma, ce qui lui vaut d’être la seule jour­nal­iste française à l’avoir inter­viewé. Une deux­ième inter­view du prési­dent améri­cain par la jour­nal­iste est dif­fusée sur Canal + en juin 2009. Elle est égale­ment avec deux cor­re­spon­dants de l’Agence France-Presse la seule jour­nal­iste française ayant accès aux con­férences de presse de la Mai­son Blanche. Elle tire de son expéri­ence un ouvrage : Oba­ma prési­dent : Sai­son 1, pub­lié en 2010 aux Édi­tions du Moment.

En 2011 elle cou­vre pour Canal + l’affaire Dominique Strauss-Kahn, qu’elle qual­i­fie sur Pre­mière de « l’affaire la plus com­pliquée de [s]a car­rière ». Elle explique avoir été stressée par le flot d’informations non véri­fiées et de rumeurs qui entouraient l’affaire, avec la peur de dif­fuser des fauss­es infor­ma­tions.

En 2012, elle ren­tre en France et réalise avec Charles Omman­ney, pho­to­jour­nal­iste améri­cain pour Newsweek une série vidéo sur l’élection prési­den­tielle française pour I‑Télé, dont ils tirent ensem­ble un nou­v­el ouvrage, Made in France, la prési­den­tielle dans l’œil améri­cain.

Suite à ce reportage, elle retourne aux États-Unis suiv­re la cam­pagne de Barack Oba­ma pour l’élection de 2012.

En avril 2013, elle obtient une accrédi­ta­tion per­ma­nente en Pen­tagone. En mai de la même année, elle devient prési­dente de l’association de la presse étrangère de la Mai­son Blanche.

En 2016, elle se lance dans les réseaux soci­aux à la faveur d’une grève du per­son­nel chez I‑Télé. C’est à par­tir de son compte Twit­ter per­son­nel qu’elle cou­vre la cam­pagne pour l’élection prési­den­tielle améri­caine, tout en affichant son sou­tien aux grévistes con­tre l’arrivée de Jean-Marc Moran­di­ni sur la chaîne, avec le risque de se faire par la suite remerci­er par la chaîne.

La jour­nal­iste quitte finale­ment I‑Télé de sa pro­pre ini­tia­tive en jan­vi­er 2017 pour devenir porte-parole de « La République en Marche ! » pour la cam­pagne d’Emmanuel Macron aux prési­den­tielles 2017. Elle quitte le par­ti seule­ment quelques mois plus tard.

Lau­rence Haïm retourne par la suite aux États-Unis où elle s’intéresse à nou­veau à la prési­dence améri­caine. Elle lance à cette occa­sion « House of Trump », une newslet­ter quo­ti­di­enne dédiée au décryptage de la cam­pagne.

La jour­nal­iste – qui avait déclaré au moment de s’engager auprès d’Emmanuel Macron vouloir renon­cer au jour­nal­isme – réalise actu­alise actuelle­ment un reportage sur la fon­da­tion Oba­ma, qui devrait être dif­fusé en 2020 dans le mag­a­zine « Com­plé­ment d’en­quête ».

Dans l’interview qu’elle donne à Car­o­line de Bod­i­nat pour Elle, elle se con­fie sur sa vie privée et son choix de ne pas avoir d’enfants : « Plusieurs hommes accom­pa­g­nent ma vie, le plus impor­tant est celui du moment. Je suis très roman­tique et l’amour peut m’être par­fois dévas­ta­teur. J’ai con­stru­it ma vie en choi­sis­sant de ne pas avoir d’enfants. Peut-être par égoïsme ou parce que j’ai décidé que je serais inca­pable de les élever, j’ai priv­ilégié la lib­erté. »

Parcours militant

Ses engage­ments poli­tiques sont sen­si­bles dans la manière dont Lau­rence Haïm cou­vre à par­tir de 2004 l’élection prési­den­tielle améri­caine ; c’est en larmes qu’elle annonce sur Canal + la réélec­tion de George W.Bush. Elle prend par la suite claire­ment le par­ti de Barack Oba­ma, dont elle suit les cam­pagnes en 2008 et en 2012.

Son mil­i­tan­tisme a le mérite de s’afficher au grand jour puisqu’en 2017, elle annonce quit­ter la chaîne I‑Télé pour devenir porte-parole d’Emmanuel Macron en vue des prési­den­tielles 2017. Elle voit dans le jeune can­di­dat un nou­v­el Oba­ma. Ce serait la jour­nal­iste elle-même qui aurait pro­posé sa col­lab­o­ra­tion au jeune can­di­dat à la prési­den­tielle, qu’elle avait déjà inter­viewé en mai 2015 alors qu’il était min­istre de François Hol­lande.

La ten­ta­tive de la jour­nal­iste de percer en poli­tique s’avère toute­fois un véri­ta­ble fias­co. En quelques mois, elle tombe en dis­grâce et finit en juil­let par annon­cer son départ de « La République en marche ! ». Ses inter­ven­tions le 23 jan­vi­er sur BFMTV puis le 26 dans « C à vous » sur France 5 et très cri­tiquées et plusieurs tweets mal­adroits lui valent cette chute rapi­de.

Elle ressort de l’expérience amère et sem­ble hésiter quant au tour­nant à don­ner à sa car­rière après cet échec. D’après un arti­cle du Canard enchaîné du 19 juil­let 2017, elle aurait sol­lic­ité un poste d’ambassadeur auprès d’Emmanuel Macron, qui le lui aurait refusé net – rumeur qu’elle dément mal­adroite­ment sur Twit­ter.

C’est finale­ment à la poli­tique améri­caine qu’elle retourne avec sa newslet­ter « House of Trump », et la réal­i­sa­tion d’un reportage sur la fon­da­tion Oba­ma, qui devrait être dif­fusé au mois de mai 2020 dans le mag­a­zine « Com­plé­ment d’en­quête ».

Publications

En 2002, elle pub­lie Jour­nal d’une année à part : 11 sep­tem­bre 2001 – 2002 aux édi­tions de La Mar­tinière. L’ouvrage racon­te son expéri­ence des atten­tats du 11 sep­tem­bre en tant que jour­nal­iste mais aus­si sim­ple new-yorkaise.

En 2003, elle signe chez le même édi­teur Les Bombes humaines : Enquête au cœur du con­flit israé­lo-pales­tinien, sur le con­flit israë­lo-pales­tinien. Elle s’y intéresse plus par­ti­c­ulière­ment au phénomène des atten­tats sui­cides util­isé par les Pales­tiniens con­tre Israël.

C’est aux édi­tions Robert Laf­font cette fois qu’elle pub­lie en 2007 Une Française à New-York, sorte de guide basé sur son expéri­ence per­son­nelle. A tra­vers des exem­ples, des anec­dotes et des con­fi­dences, elle dresse un por­trait réal­iste et vivant de la ville améri­caine.

Elle est égale­ment l’auteur d’Oba­ma prési­dent : Sai­son 1, pub­lié en 2010 aux Édi­tions du Moment. Elle y racon­te les couliss­es de l’administration Oba­ma.

En 2012, elle pub­lie chez Albin Michel Made in France, la prési­den­tielle dans l’œil améri­cain, aux édi­tions Albin Michel. L’ouvrage fait suite aux reportages que Lau­rence Haïm avait réal­isé pour I‑Télé avec Charles Omman­ney et relate donc égale­ment les élec­tions prési­den­tielles français­es de 2012.

Ce qu’elle gagne

Non con­nu

Récompenses

Elle est élue « Femme d’or » des média 2014 par le Trophée des femmes en or, un prix créé en 1993 pour récom­penser des femmes dont les réal­i­sa­tions appa­rais­sent exem­plaires et inspi­rantes aux jurés.

Elle est cheva­lier de l’ordre nation­al de la Légion d’hon­neur depuis le 14 juil­let 2015.

Sa nébuleuse

Philippe Labro : il est directeur des pro­grammes de RTL lorsqu’il repère Lau­rence Haïm alors en stage sur la chaîne. C’est lui qui lui pro­pose de devenir l’assistante de Chris­tine Ock­rent, puis lui con­fie la rubrique « peo­ple » du media.

Chris­tine Ock­rent : jour­nal­iste belge exerçant en France, elle arrive sur RTL en 1985 après un pas­sage sur le « 20 heures » d’Antenne 2 et le jour­nal de 8 heures d’Europe 1. Sur RTL, elle est rédac­trice en chef et édi­to­ri­al­iste. C’est à cette occa­sion qu’elle ren­con­tre Lau­rence Haïm qui est alors son assis­tante. Elle devient rapi­de­ment son men­tor dans l’univers du jour­nal­isme.

Dan Rather : Daniel Irvin Rather Jr. est un jour­nal­iste améri­cain célèbre qui fut présen­ta­teur du jour­nal télévisé CBS Evening News durant 24 ans. C’est alors qu’il assume cette fonc­tion qu’il ren­con­tre Lau­rence Haïm, venue ten­ter sa chance en tant que jour­nal­iste aux États-Unis. En 2002, elle se trou­ve par hasard à prox­im­ité d’un atten­tat en Israël en même temps que lui, équipée de sa caméra tan­dis que lui, l’a oubliée. Il lui pro­pose alors de cou­vrir l’évènement pour CBS News. Suite à ce con­cours de cir­con­stance, il lui con­fie la respon­s­abil­ité de suiv­re la guerre d’Irak pour la chaîne.

Helen Thomas : doyenne des jour­nal­istes accréditées à la Mai­son Blanche, elle fut le men­tor de la jour­nal­iste aux États-Unis. C’est elle qui lui con­seille d’adopter des couleurs vives lorsqu’elle se rend à des con­férences de presse pour attir­er l’attention du Prési­dent et pou­voir ain­si pos­er ses ques­tions.

Barack Oba­ma : sa rela­tion avec celui qui devien­dra par la suite prési­dent des États-Unis com­mence en 2008 lorsqu’elle choisit de suiv­re le début de la cam­pagne du can­di­dat dans Iowa. Elle est la seule jour­nal­iste française à l’avoir inter­viewé, et ce à deux repris­es. Les rela­tions entre l’homme poli­tique et la jour­nal­iste sont plus que cor­diales : il la surnomme ami­cale­ment « The Frenchie ». C’est sous qu’elle devient l’unique jour­nal­iste française avec deux cor­re­spon­dants de l’Agence France-Presse à avoir accès aux con­férences de presse de la Mai­son Blanche. C’est égale­ment sous son man­dat qu’elle obtient l’accréditation per­ma­nente au Pen­tagone et qu’elle devient prési­dente de l’association de la presse étrangère de la Mai­son Blanche. Suite à son départ de la poli­tique, c’est dans une uni­ver­sité dirigée par David Axel­rod, ancien con­seiller de Barack Oba­ma, qu’elle se voit pro­pos­er un poste de chercheuse rési­dente, qu’elle refuse.

Emmanuel Macron : prési­dent français élu en 2017, il engage la jour­nal­iste en tant que porte-parole lors de sa cam­pagne en 2017. Elle quitte l’équipe quelques mois plus tard après avoir été plac­ardis­ée en cours de route.

Elle l’a dit

Dans l’interview qu’elle donne à Car­o­line de Bod­i­nat pour Elle, elle explique « Je suis jour­nal­iste. De ce méti­er, j’ai fait une manière de vivre ».

Aymer­ic Caron, reporter de guerre pour Canal + alors qu’elle était en Irak elle aus­si fait d’elle dans l’interview qu’elle donne à Car­o­line de Bod­i­nat pour Elle un por­trait élo­gieux : « Que l’on ait vu des morts, pris les mêmes risques ou partagé des pâtes quand il n’y avait plus de nour­ri­t­ure, que l’on se soit échangé des tuyaux ou accrochés pour des rival­ités, le lien qui unit ceux qui ont cou­vert ensem­ble des con­flits est souter­rain et indi­ci­ble. La pre­mière fois que j’ai vu Lau­rence avec sa caméra, j’ai pen­sé « culot­tée ». Elle est pas­sion­née par son tra­vail qui l’emmène dans des excès d’enthousiasme ou d’investissement hors normes. Et, même s’il lui arrive de faire chi­er le monde pour obtenir ce qu’elle veut, elle est à l’opposé des car­riéristes de l’audiovisuel. »

Elle est une des rares jour­nal­istes à dénon­cer l’emballement médi­a­tique au sujet du procès de Fer­gu­son, dont elle rap­pelle, dans une tri­bune don­née dans l’Important, que l’ampleur médi­a­tique n’a été due qu’aux jour­nal­istes : « Je dénonce l’hystérie médi­a­tique sur Fer­gu­son, je pense que c’est extrême­ment dan­gereux. Nous sommes au début de quelque chose qui est en train d’arriver. Quand il y a plus de caméras que de man­i­fes­tants, c’est la télé qui crée l’événement. »

Elle déclare dans un arti­cle du 11 jan­vi­er 2017 sur Slate au sujet de Twit­ter – dont elle-même use et abuse : « Je fais beau­coup de fautes de frappe, ajoute-t-elle, ce qui m’est par­fois reproché par les gens qui me suiv­ent: il faut que j’y tra­vaille, mais, en direct, tout va si vite ! »

Dans le por­trait du 31 mars 2017 de la jour­nal­iste dans Libéra­tion, le média cite la jour­nal­iste après ses pre­mières inter­views ratées en tant que porte-parole d’ « En marche » : « Si vous faites cor­recte­ment votre por­trait, vous ver­rez que j’ai dû bless­er beau­coup de gens, parce que je suis impul­sive. Ici, j’apprends à liss­er les angles

Quant à la suite de sa car­rière, elle annonce alors d’après un entre­tien avec l’AFP relayé dans un arti­cle du 12 juil­let 2017 du site de RTL vouloir « faire des choses pour le bien de la démoc­ra­tie »

Suite à son échec en poli­tique, dans une inter­view don­née au Jour­nal du Dimanche le 14 juil­let 2017, elle déclare amère avoir vécu des « instants de cru­auté dans le monde poli­tique que je garderai pour moi. J’ai aus­si lu ou enten­du des choses que je n’avais pas dites ou pas faites ».

Dans cette inter­view du 14 juil­let 2017 par Thomas Liabot sur le Jour­nal du Dimanche, elle déclare au sujet d’Emmanuel Macron : « du point de vue de la poli­tique intérieure, son désir absolu de renou­veau me frappe, à tous niveaux. C’est un homme qui veut aller vite, con­stru­ire quelque chose et mon­tr­er que ça va chang­er. Il y a aus­si des côtés que je n’aime pas, mais je les garde pour moi »

Dans la même inter­view, elle explique n’avoir pas de dif­fi­cultés à alli­er jour­nal­isme et poli­tique : « Je suis dans une cul­ture très améri­caine sur ce sujet. Aux États-Unis, les allers-retours sont pos­si­bles. Le porte-parole de Bill Clin­ton, George Stephanopou­los, est aujour­d’hui le jour­nal­iste vedette de la mati­nale de ABC News. Même chose pour Nicolle Wal­lace, qui a été la porte-parole de George Bush, qui tra­vaille chez NBC News. CNN a engagé des gens qui dirigeaient le ser­vice de presse de Barack Oba­ma. En France, c’est le tabou absolu. Cou­vrir la poli­tique à l’Elysée, je ne pour­rai jamais le faire. Je ne veux pas être chef d’un ser­vice poli­tique, ce serait inap­pro­prié. Mais faire des choses pour mon­tr­er l’é­tat du monde, je revendique le droit de le faire. Six mois dans une cam­pagne à aider un can­di­dat ne m’empêcheront pas d’aller mon­tr­er ce que je pense être impor­tant pour le monde. Je suis pour cass­er les codes. Si ce n’est pas pos­si­ble dans le sys­tème français, il y a d’autres sys­tèmes qui me per­me­t­tront de le faire ».

On a dit à son sujet

Sa men­tor Chris­tine Ock­rent dit d’elle dans une inter­view accordée à Elle en 2016 « Lau­rence déploy­ait une grande énergie à dis­siper l’angoisse quo­ti­di­enne pro­pre à cet exer­ci­ce : a‑t-on choisi le bon invité ? Nous sommes restées très proches. Elle est têtue comme une mule, pre­mière qual­ité du jour­nal­iste. Elle est sincère, sérieuse et loyale, dans ce monde de médias, elle tranche. Elle a osé le défi améri­cain, à la rude école de « 60 Min­utes », le mag­a­zine de CBS News où j’avais fait mes class­es. C’est une jour­nal­iste de ter­rain, pas d’antichambre. Elle a fait de son accent résol­u­ment français un atout. On a eu Mau­rice Cheva­lier, on a main­tenant Lau­rence Haïm ! ».

Thier­ry Demaiz­ière, qui l’a con­nue au temps où elle était sta­giaire sur RTL, dit d’elle d’après l’interview qu’elle donne à Car­o­line de Bod­i­nat pour Elle, qu’elle « était une « attachi­ante » avec un toupet mon­stre. Une fille qui foutait le feu à son apparte­ment en faisant des fon­dues. Une ambitieuse forcenée, comme l’héroïne de Joseph Mankiewicz dans « Ève ». Une passeuse de fron­tières, capa­ble de dégot­er une accrédi­ta­tion en moins de deux et de se fau­fil­er au pre­mier rang. »

Suite à sa mise à l’écart par les équipes d’ « En Marche », Mar­i­anne la rebap­tise : « la porte-parole sans voix »

Son ami jour­nal­iste Jérôme Gode­froy lui accorde d’après le por­trait du 31 mars 2017 de la jour­nal­iste dans Libéra­tion de grandes qual­ités puisqu’il annonce qu’ « elle a un culot et un courage extra­or­di­naires »

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo C l’heb­do via Youtube (DR)

Voir aussi

Related Posts

None found

Censure dans les médias et sur les réseaux sociaux

L'étau se resserre chaque semaine sur la liberté d'opinion et d'expression. Pour combattre la censure il faut déjà l'identifier.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).