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Jean-Baptiste Malet

Petit journaliste deviendra grand…

« Je revendique d’être un jour­nal­iste engagé. »

C’est encore un tout jeune journaliste, qui écrit (pour le moment ?) dans des journaux ou magazines à diffusion limitée. Mais ce jeune homme pressé a déjà trouvé sa spécialité : la lutte contre l’extrême droite. Il est déjà l’auteur de nombreux articles, d’un livre et d’un film sur le sujet. Il est également l’auteur d’un pamphlet remarqué contre l’entreprise Amazon. On n’a pas fini d’entendre parler de Jean-Baptiste Malet.

Formation

Né en 16 avril 1987, à Toulon, Jean-Bap­tiste Malet explique son engage­ment par la vic­toire du Front Nation­al aux élec­tions munic­i­pales de 1995. Il avait alors huit ans… Au début des années 2000, il est élève à l’école mil­i­taire d’Aix-en-Provence. Il fait ensuite des études de let­tres mod­ernes. Pour les pay­er, il fait des « petits boulots », aus­si bien comme sur­veil­lant, que dans un Mac Don­ald, ou dans une mai­son de retraite. Il ne manque jamais une occa­sion de met­tre ces expéri­ences en avant, notam­ment pour jus­ti­fi­er son point de vue sur Ama­zon.

Parcours professionnel

En 2007, il com­mence par réalis­er des enquêtes pour Le Ravi, men­su­el satirique de la région PACA. Il pige égale­ment pour Char­lie Heb­do, Regards, ou encore Rue 89. Il tra­vaille aujourd’hui pour Golias mag­a­zine et sa ver­sion heb­do­madaire Golias heb­do, la référence des catholiques pro­gres­sistes.

À l’instar de Renaud Dély, ses sujets de prédilec­tion sont le Front Nation­al, « les liaisons dan­gereuses » entre le FN et l’UMP, les « nos­tal­gériques », rap­a­triés et anciens de l’Algérie Française, les réseaux catholiques « ultra-con­ser­va­teurs », les iden­ti­taires, etc…

En 2011, il pub­lie aux édi­tions Golias, Der­rière les lignes du Front. Pen­dant un an, Jean-Bap­tiste Malet « a pra­tiqué, par l’immersion et l’enquête, un jour­nal­isme aux mul­ti­ples fig­ures », selon la présen­ta­tion de l’ouvrage. La cri­tique est assez élo­gieuse et vaut à son auteur une cer­taine célébrité, notam­ment pour avoir révélé qu’un impor­tant impor­ta­teur de viande halal était élu du Front Nation­al au con­seil région­al Nord-Pas-de-Calais ! (Quand le coq gaulois est halal).

Mains brunes sur la ville, documentaire qui veut « proposer une analyse accessible au plus grand nombre et révéler le véritable visage de l'extrême droite contemporaine »

Mains brunes sur la ville, doc­u­men­taire qui veut « pro­pos­er une analyse acces­si­ble au plus grand nom­bre et révéler le véri­ta­ble vis­age de l’extrême droite con­tem­po­raine »

En 2012, il sort, en col­lab­o­ra­tion avec Richard Mal­let, Mains brunes sur la ville, doc­u­men­taire qui veut « pro­pos­er une analyse acces­si­ble au plus grand nom­bre et révéler le véri­ta­ble vis­age de l’extrême droite con­tem­po­raine ». Le film, tourné au print­emps 2011, s’intéresse à Jacques et Marie-Claude Bom­pard, anciens du Front Nation­al, maires d’Orange et de Bol­lène, dans le Vau­cluse. Le film est disponible sur Youtube.

Pour le tour­nage de ce film, Jean-Bap­tiste Malet avoue avoir « eu recours à divers strat­a­gèmes pour recueil­lir leurs pro­pos : jour­nal­iste reporter d’images incon­nu de leurs ser­vices, caméra cachée ».

Locale­ment, la dif­fu­sion de ce film, qual­i­fié de « brûlot », (La Provence, 27 mai 2012), en pleine cam­pagne élec­torale, fait, bien évidem­ment débat, notam­ment dans la presse locale. La Provence estime que « sa force est de mon­tr­er le fos­sé entre la forme et le fond, entre la com­mu­ni­ca­tion lis­sée d’une part et, d’autre part, les coupes som­bres au long cours, notam­ment pour ce qui relève du monde social, asso­ci­atif, et de toute ce qui fig­ure hors de la vit­rine offi­cielle des deux munic­i­pal­ités ». Toute­fois, le jour­nal regrette « des lacunes ». « Si le doc­u­men­taire a le mérite d’exister, il aurait gag­né en force en ten­dant un peu moins le micro aux opposants his­toriques de Jacques Bom­pard et en appro­fondis­sant plus encore l’enquête, images à l’appui, révéla­tions aux for­ceps ». La Provence, 30 mai 2012

Pour les mairies de Bol­lène et d’Orange, la cause est enten­due. Il s’agit d’« un film qui peut par­faite­ment pré­ten­dre à la vic­toire aux Gérard du ciné­ma, caté­gorie film de pro­pa­gande du temps de l’URSS » (Vau­cluse matin, 25 mars 2012).

La cri­tique est partagée sur le film, même si, dans l’ensemble, le sujet est salué. Ain­si, Thomas Sotinel, dans Le Monde, du 20 mars 2012 : « on dira que ce n’est qu’une ques­tion de titre, fait pour attir­er le cha­land antifas­ciste, mais ce rac­cour­ci qui se trans­forme en impasse ana­ly­tique résume bien la faib­lesse con­sti­tu­tive de ce doc­u­men­taire mil­i­tant ». Même son de cloche chez Matthieu Bareyre, du site Critikat, qui, après avoir loué l’objet du doc­u­men­taire, estime qu’« il n’y a pas en ce film l’ombre d’un out­il­lage visuel et/ou con­ceptuel sus­cep­ti­ble de nous per­me­t­tre une com­préhen­sion véri­ta­ble de l’actualité de l’extrême-droite ». Pour Vir­gile Dumez, du site de cri­tique À voir à lire, « Mains brunes sur la ville risque tout au plus de rejoin­dre cette longue cohorte de doc­u­men­taires poli­tiques qui empor­tent l’adhésion de ceux qui sont déjà con­va­in­cus avant d’entrer dans la salle ».

Cela sem­ble effec­tive­ment le cas, puisque mal­gré la dif­fu­sion du film pen­dant la cam­pagne des élec­tions lég­isla­tives, par Fabi­enne Haloui, can­di­date du Front de Gauche, Jacques Bom­pard est élu député.

En 2013, il pub­lie En Ama­zonie, une enquête qui a pour objec­tif de « décou­vrir le vis­age de la multi­na­tionale au-delà de son moteur de recherche et de ses pages de cat­a­logues ». Pour cela, Jean-Bap­tiste Malet, cachant sa pro­fes­sion de jour­nal­iste, se fait embauch­er comme intéri­maire dans les entre­pôts de Mon­téli­mar. « Selon Malet, Ama­zon trans­forme ses recrues en « robots hébétés ».

La cri­tique est élo­gieuse. Libéra­tion estime que ce livre « décrit un univers incroy­able aux accents total­i­taires » ; L’Humanité écrit que le livre « casse le mythe d’une économie numérique dés­in­car­née ».

Seule fausse note, Var Matin, qui iro­nise sur un auteur qui « décou­vre le monde du tra­vail ». De même, le quo­ti­di­en pose une ques­tion : « Grands absents de cette enquête, les représen­tants syn­di­caux du site. « On ne doit pas par­ler aux jour­nal­istes à Ama­zon », martèle l’auteur. Ont-ils été sim­ple­ment échaudés d’avoir eux aus­si été trompés par leur inter­locu­teur » ? Jean-Bap­tiste Malet l’avoue dans un entre­tien à La Croix : « quand les syn­di­cats ont su que j’étais jour­nal­iste, ils n’ont plus voulu me par­ler ».

Enfin, Jean-Bap­tiste Malet dénonce l’utilisation d’argent pub­lic pour aider Ama­zon à installer ses entre­pôts : « Ama­zon fait des béné­fices con­sid­érables mais paie très peu d’impôts en France, grâce à un mon­tage fis­cal pas­sant par le Lux­em­bourg. Alors, quand on voit un min­istre les accueil­lir à bras ouverts, des col­lec­tiv­ités locales sub­ven­tion­ner l’implantation des entre­pôts, on ne peut que se deman­der si l’argent pub­lic doit aller à une entre­prise qui agit ain­si »…

Parcours militant

En 2009, à 22 ans, Jean-Bap­tiste Malet est can­di­dat, pour Europe Écolo­gie Les Verts, à l’élec­tion can­tonale par­tielle de Sol­liès-Pont, dans le Var. Il réalise le score de 15,71%. À cette occa­sion, il reçoit le sou­tien de Noël Mamère, lui même ancien jour­nal­iste (Var matin, 23 août 2013).

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné

Publications

  • Der­rière les lignes du Front. Immer­sions et reportages en terre d’extrême droite, Edi­tions Golias, sep­tem­bre 2011.
  • Mains brunes sur la ville, avec Bernard Richard, La Mare Pro­duc­tion, mars 2012.
  • En Ama­zonie, Fayard, 2013.

Il l’a dit

« Je ne suis pas hos­tile au fait qu’on inter­roge le FN, qu’on débat­te avec lui. Moi-même je l’ai fait, mais pas n’importe com­ment, je ne me suis pas con­tenté de ten­dre le micro. En revanche, je sup­porte mal les gens qui me félici­tent en dis­ant : « C’est super-dan­gereux, l’infiltration ! » Je n’ai jamais vu per­son­ne féliciter un gru­ti­er en lui dis­ant : « Bra­vo d’être mon­té si haut, c’est dan­gereux. » J’ai juste fait mon méti­er. Que les con­frères fassent le leur », L’Humanité, 12 jan­vi­er 2012.

« Je revendique d’être un jour­nal­iste engagé. Si je n’ai plus de carte nulle part, je fais mon tra­vail avec con­vic­tion », La Mar­seil­laise, 11 avril 2012

« À mon sens, le seul qui, au plan nation­al, bouge vrai­ment les lignes, est Jean-Luc Mélen­chon. Il passe véri­ta­ble­ment à l’offensive con­tre le cap­i­tal­isme. Je crois sincère­ment au bien-fondé de sa can­di­da­ture », La Mar­seil­laise, 11 avril 2012.

« Un jour­nal­iste est un con­tre-pou­voir », Var Matin, 11 mai 2013.

« Quand on est un tra­vailleur intel­lectuel, et qu’on voit les ouvri­ers con­tents de manger du choco­lat offert par l’entreprise, si on garde un préjugé de classe, on peut penser que ces gens acceptent parce qu’ils ne sont pas diplômés, qu’ils man­quent de sens cri­tique. En réal­ité, en repen­sant à George Orwell, qui décou­vre la même réal­ité dans le Quai de Wigan, j’ai com­pris que ces gens, s’ils étaient con­tents de cette con­vivi­al­ité arti­fi­cielle, c’est que c’est tout ce qu’on leur a lais­sé. On leur a pris leur énergie, leur ent­hou­si­asme, et on leur rend un peu de bon­heur con­di­tion­né », L’Humanité, 2 mai 2013, à pro­pos de En Ama­zonie.

Collaborations

Au print­emps 2012, Jean-Bap­tiste Malet par­ticipe à de nom­breuses pro­jec­tions de son film mains brunes sur la ville, organ­isées aus­si bien par le Front de Gauche, que par la Ligue des Droits de l’Homme.

En sep­tem­bre 2012, Jean-Bap­tiste Malet par­ticipe, à un débat sur l’extrême droite, à la Fête de l’Humanité, avec Alex­is Cor­bière, du Par­ti de Gauche, et Alain Hay­ot, du Par­ti com­mu­niste.

En avril 2013, il ani­me un ate­lier Com­bat­tre le vote extrême-droite chez les jeunes, au 83ème con­grès de l’UNEF.

Il par­ticipe égale­ment à de nom­breuses réu­nions publiques pour présen­ter ses livres et son film.

Sa nébuleuse

Chris­t­ian Ter­ras (Golias), Bernard Richard.

Ils ont dit

« On se demande si J.-B. Malet n’est pas comme fasciné par son objet d’étude. Son immer­sion auprès des iden­ti­taires niçois, des maréchal­istes en goguette ou des mil­i­tants FN d’Hénin-Beaumont mon­tre une fac­ulté, chez l’auteur, de com­préhen­sion des com­porte­ments de ces hommes et de ces femmes », « Saint-Just », Cuverville (site satirique toulon­nais)

« Jean-Bap­tiste Malet n’est ni un mil­i­tant, ni un gauchiste, c’est un jour­nal­iste qui adopte un par­ti pris et qui l’assume », Fabi­enne Haloui, Secré­taire départe­men­tal de Vau­cluse, du Par­ti com­mu­niste – La Provence, 30 mai 2012.

« Les organ­isa­teurs avaient cité un nom devant la presse, sym­bol­isant un vis­i­ble renou­veau des troupes pro­gres­sistes locales ain­si qu’un élan à saluer au chapitre de l’esprit d’initiative. Le nom en ques­tion est celui de Jean-Bap­tiste Malet », La Mar­seil­laise, 11 avril 2012.

Crédit pho­to : David Latour via jean-baptiste-malet.fr

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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