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Médias : les magazines en berne, plus de digital pour les quotidiens et plus de modèles reposant sur le don

16 septembre 2018 | Temps de lecture : 3 minutes

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Si les indicateurs sont au rouge vif pour la presse magazine française, les quotidiens nationaux vont plutôt mieux, soutenus par leurs ventes en numérique et un peu partout les plate-formes faisant appel aux dons se multiplient.

Les magazines français souffrent

L’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias (ACPM) vient de pub­li­er les chiffres étu­di­ant l’évolution des ventes sur la péri­ode juil­let 2017 juin 2018 par rap­port à 2016/2017. Il faut garder en mémoire que 2016 fût une année élec­torale riche qui a sans doute con­tribué à aug­menter le lec­torat. Mal­gré tout, les chiffres sont impi­toy­ables. Les ventes de L’Obs en kiosque s’effondrent de 30% alors que sa dif­fu­sion glob­ale recule de 20%. Tous les mag­a­zines sont dans le rouge L’Express (moins 13%) comme Valeurs Actuelles (moins 14%), Mar­i­anne (moins 11%) comme Le Point (moins 7%), ceci pour les titres dits d’information générale.

Mais la nou­veauté réside dans la chute de nom­bre de mag­a­zines spé­cial­isés (mode, alimentation/cuisine, édu­ca­tion, peo­ple, féminins, pho­to etc) qui per­dent autour du cinquième de leur lec­torat. C’est le cas de Glam­our, GQ, Grazia, Van­i­ty Fair, Par­ents et autres Hap­pinez. Cer­tains titres s’en tirent mieux grâce aux ventes numériques (dites « au tiers »), en pra­tique les kiosques des opéra­teurs numériques. Le féminin Elle compt­abilise plus du quart des ventes de cette façon, mais ces ventes assez arti­fi­cielles sont très frag­iles. His­to­ria en posi­tif prof­ite de la dis­pari­tion de la Nou­velle Revue d’Histoire (NRH)

Les quotidiens nationaux tirés par le numérique

Les deux cham­pi­ons français des quo­ti­di­ens nationaux peu­vent align­er des chiffres en pro­gres­sion grâce à leur dif­fu­sion numérique. Le Figaro compte près de 90000 abon­nés Pre­mi­um dig­i­tal alors qu’au Monde avec plus de 135000 abon­nés dig­i­tal, le numérique devient la pre­mière source d’abonnés. L’Equipe (+4%) a prof­ité de la coupe du monde de foot­ball alors que tous les autres sont en négatif, Libéra­tion (moins 8%), Le Parisien (moins 7%), L’Humanité (moins 6%). Les Échos sont sta­bles tout comme La Croix qui, reposant essen­tielle­ment sur ses abon­nés, est un cas à part.

La presse quotidienne régionale en légère baisse

L’ensemble de la PQR voit sa dif­fu­sion baiss­er légère­ment mais cer­tains titres souf­frent plus que d’autres. Se situent entre autres en baisse de plus de 4% : La Mon­tagne, Le Midi Libre, Vos­ges Matin, Nord Éclair, Paris Nor­mandie. Men­tion par­ti­c­ulière pour Nice Matin/Var Matin qui chutent de 5% (titres asso­ciés) et où mi-juil­let, les jour­nal­istes s’étaient lev­és pour s’opposer au licen­ciement du directeur de la direc­tion Denis Car­reaux. La rédac­tion de Nice Matin a voté une motion de défi­ance con­tre la direc­tion début sep­tem­bre 2018.

Développement de l’appel aux dons

Si le New York Times a instau­ré un pay­wall don­nant droit à quelques arti­cles gra­tu­its avant d’être con­traint à l’abonnement, d’autres médias font appel à la générosité des lecteurs. Le quo­ti­di­en de gauche bri­tan­nique The Guardian (pro­priété d’une fon­da­tion) en accès libre demande un don à ses lecteurs. Avec un cer­tain suc­cès mais sans attein­dre pour autant l’équilibre financier. Il faut du culot à un organe d’information fan­tai­siste comme Buz­zfeed pour deman­der la même chose à ses lecteurs. En France, le reporter indépen­dant Vin­cent Lapierre (autre­fois dif­fusé par ER) prend son indépen­dance et fait appel à son audi­torat pour se développer.