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Médias et gouvernement : tous unis pour nier le racisme anti-blanc

29 mars 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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Médias et gouvernement : tous unis pour nier le racisme anti-blanc

Pas de chance pour le gouvernement. Alors qu’il lançait une grande compagne contre le « racisme », entendez « le racisme des méchants blancs qui refusent la diversité », une bande de « jeunes » un peu plus turbulente qu’à l’ordinaire, mettait Bruxelles à feu et à sang.

Toute honte bue, les médias ont ven­du cette pro­pa­gande gou­verne­men­tale comme si elle était la réal­ité « vraie », sans par­ler de la men­ace ter­ror­iste, autrement réelle celle-ci.

Comprenne qui pourra

On croy­ait pour­tant avoir com­pris, comme nous le mon­trent les clips du gou­verne­ment, que c’étaient les petits blancs ignares et les méchants skins et iden­ti­taires à front bas qui menaçaient la République. Mais est-ce envis­age­able que les indi­vidus qui nous gou­ver­nent, com­pé­tents et sérieux, aient pu se tromper à ce point-là sur les dan­gers qui pla­nent sur nos têtes ?

Il fau­dra que l’on nous explique un jour tout de même, pourquoi, qua­tre mois après le Bat­a­clan, per­son­ne au gou­verne­ment n’a songé, pour illus­tr­er la « haine de l’autre », à mon­tr­er quelques fana­tiques bar­bus en train d’éructer leur haine con­tre les mécréants ? Le gou­verne­ment doit cer­taine­ment avoir de bonnes raisons pour cela, des raisons sub­tiles et secrètes qui dépassent l’entendement des gens du commun…

Mais ce qui est encore plus dif­fi­cile à com­pren­dre pour les esprits ordi­naires, c’est le rôle des jour­nal­istes, si dévoués à la qual­ité de l’information : on se demande encore pourquoi les médias ont présen­té ces vidéos comme s’ils étaient les portes paroles du gou­verne­ment, son ser­vice com, en quelque sorte. Pourquoi aucune dis­tan­ci­a­tion à l’antenne par rap­port au sujet ? « Il faut con­tex­tu­alis­er » explique-t-on aux appren­tis jour­nal­istes, ques­tion­ner le sujet : qui, quoi, où, com­ment, pourquoi, on n’est pas là pour pass­er les plats, il faut met­tre de la plus-val­ue dans l’info : où est passée la déontologie ?

Il a fal­lu atten­dre que l’avocat médi­a­tique Gilles-William Gold­nadel mette les pieds dans le plat du poli­tique­ment cor­rect, aux Gross­es têtes de RMC, en s’indignant de l’absence du racisme anti-blanc, pour que soit rompu, enfin, le ron­ron du con­sen­sus mou ; avant que Brux­elles, trag­ique­ment, enterre l’affaire.

Alors, pourquoi aucune ques­tion un tant soit peu dérangeante sur les inten­tions du gou­verne­ment, pourquoi aucune ques­tion sur le con­tenu de cette cam­pagne ? Pourquoi aucun débat con­tra­dic­toire pour mon­tr­er que le mes­sage que l’on nous impose comme une évi­dence, est peut-être plus lourd de sens par ce qu’il ne mon­tre pas que par ce qu’il met en scène ? Que de belles empoignades en per­spec­tives, avec des poli­tiques, des soci­o­logues, des philosophes des his­to­riens… libres d’attaquer, ou d’approuver, la parole gou­verne­men­tale et qui se castag­nent pour leur vérité. Du spec­ta­cle, du vrai — c’est bon pour l’audimat — pour des médias avides de prou­ver leur lib­erté de ton et jus­ti­fi­er leur titre de qua­trième pou­voir… On aurait pu imag­in­er un plateau avec Zem­mour ver­sus BHL dans un duel mor­tel, un corps à corps Mar­i­on la blonde con­tre Fourest la peste, le clash entre de Vil­liers, l’aristo et le jacobin Mélen­chon, le choc entre Mamère, pépère sévère, et Ménard, père peinard, etc…, de quoi stim­uler la créa­tiv­ité journalistique !

Des médias aux ordres ?

On pense, for­cé­ment, que si nos chers médias n’ont pas joué ce jeu-là, c’est qu’ils avaient de bonnes raisons pour ne pas le faire. Préserv­er la paix civile exige, par­fois, de sac­ri­fi­er ses principes déon­tologiques, quoiqu’il puisse en coûter à votre con­science pro­fes­sion­nelle. C’est ça aus­si le sens du devoir…

Car mon­tr­er des blancs vic­times de racisme, n’est-ce pas encour­ager toutes les dérives xéno­phobes, véhiculer les préjugés et les fan­tasmes sur l’autre et ses dif­férences ? N’est-ce pas légitimer la peur de l’étranger, jouer sur les pen­sées « nauséabon­des », remet­tre en cause le vivre ensem­ble qui fonde les valeurs de la République, stig­ma­tis­er les habi­tants des quartiers pop­u­laires, favoris­er le repli sur soi de la France moisie face à la France de la diver­sité et de l’ouverture, ouvrir la porte au retour des heures les plus som­bres de notre his­toire, et surtout, pren­dre le risque de l’amalgame enne­mi de l’altérité ?

Les jour­nal­istes sont des gens sérieux et sans con­ces­sion, ils ne sont pas aux ordres, ils obéis­sent juste à leur con­science. Et leur con­science en ces temps dif­fi­ciles leur dit qu’il vaut mieux étouf­fer cer­tains sujets si l’on veut rester au chaud. Com­bi­en de temps ce déni dur­era-t-il ? C’est toute la question.

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