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Marchons enfants : controverse sur les chiffres et les images

24 janvier 2020

Temps de lecture : 2 minutes

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Marchons enfants : controverse sur les chiffres et les images

Marchons enfants : controverse sur les chiffres et les images

Le collectif « Marchons enfants » regroupant 22 associations, dont La Manif pour tous et Alliance Vita, organisait dimanche 19 janvier 2020 sa deuxième manifestation nationale à Paris, après celle du 6 octobre, où avaient été annoncés 600 000 participants par les organisateurs, 74 500 selon le cabinet Occurrence – très controversé pour sa proximité avec le pouvoir – et 42 000 selon la police.

La préfecture donne plus de manifestants que le cabinet Occurrence

De l’avis de tous, il y avait moins de monde pour cette sec­onde date, qui précé­dait de quelques jours l’examen de la loi sur la PMA sans père au Sénat : mais néan­moins une foule pas nég­lige­able, compte-tenu des grèves et du cli­mat social français général, sans par­ler du froid.

La bataille des chiffres a pour­tant encore fait rage, quoique les organ­isa­teurs aient renon­cé à en don­ner eux-mêmes : le même cab­i­net Occur­rence, qui opère pour un col­lec­tif de médias dont l’AFP, annonçait 26 000 man­i­fes­tants alors que selon la pré­fec­ture de police, ils étaient 41 000, soit presque autant qu’à la précé­dente man­i­fes­ta­tion. Mais les choix de l’AFP faisant loi en matière de presse, c’est donc ce chiffre de 26 000 qui aura été retenu par la plu­part des médias écrits, papi­er, web et même radio.

Images non truquées

On notera cepen­dant une cou­ver­ture plutôt cor­recte par les chaînes d’info et autres reporters télé sur place : « Du monde. Une cen­taine de cars et une ving­taine de trains ont été affrétés », affirme la jour­nal­iste de M6 en direct au Pont de l’Alma. « Les man­i­fes­tants espèrent peser dans les débats par­lemen­taires », com­mente de son côté BFM en direct de la manifestation.

Quoique cha­cun peine à don­ner un chiffre, cir­cu­lent un peu partout des pho­tos du terme de la man­i­fes­ta­tion : une avenue de l’Opéra entière­ment occupée, pleine à cra­quer. Ce qui poussera les réseaux soci­aux à crier à la « fake news », accu­sant le col­lec­tif d’avoir truqué les­dites pho­tos, en les com­para­nt à d’autres images où la même avenue paraît vide aux deux-tiers. Il fau­dra l’intervention des « débunkeurs » de 20 Min­utes pour rétablir la vérité : non, les images n’ont pas été truquées : « 20 Min­utes a pu se pro­cur­er le fichi­er orig­i­nal de l’image postée par La Manif pour tous sur Twit­ter. Le fichi­er ne mon­tre pas de mod­i­fi­ca­tions. Quant à l’image dif­fusée sur Twit­ter, elle a seule­ment été légère­ment éclair­cie par rap­port au fichi­er original ».

Les LGBT favorisés par la couverture médiatique

On notera qu’à l’habitude, des « con­tre-man­i­fes­tants », issus d’organisations LGBT, auront béné­fi­cié d’une cou­ver­ture médi­a­tique dis­pro­por­tion­née rap­portée à leur faible présence, une cen­taine de per­son­nes au max­i­mum.

Libéra­tion, de son côté, aura choisi de titr­er sur le seul inci­dent à déplor­er de toute la manif, l’agression d’un jour­nal­iste de France Inter par un grou­pus­cule d’extrême droite.

De manière générale, sans doute parce que les grèves et les man­i­fes­tants con­tre les retraites sat­urent l’espace médi­a­tique, la man­i­fes­ta­tion aura reçu un écho très atténué par rap­port aux précé­dentes, les médias prin­ci­paux se con­tentant de repro­duire l’AFP, sans avoir dépêché de reporter sur place.

Seuls les médias de la presse catholique, comme Famille chré­ti­enne ou La Croix, ou classés à droite, comme Causeur ou L’Incorrect, auront réelle­ment cou­vert l’événement.

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