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Malgré (ou à cause de) son succès, Londres menace de fermer la chaîne RT

17 novembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Malgré (ou à cause de) son succès, Londres menace de fermer la chaîne RT

Visiblement, l’autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni n’apprécie pas les contre-poids médiatiques.

L’Office of com­mu­ni­ca­tions (Ofcom), équiv­a­lent du CSA out­re-Manche, vient d’adress­er un qua­trième aver­tisse­ment à la chaîne d’in­for­ma­tion anglo­phone RT (aupar­a­vant Rus­sia Today), menaçant de lui retir­er sa licence. D’après l’Of­com, RT « présente des infor­ma­tions avec un back­ground russe et traite les actu­al­ités du point de vue de la Russie, alors qu’elles devraient l’être de manière impar­tiale ». Dans le viseur du régu­la­teur, des reportages sur les événe­ments en Ukraine dif­fusés début mars.

Pour la rédac­trice en chef de la troisième chaîne d’in­for­ma­tion au Roy­aume-Uni, ces men­aces sont inac­cept­a­bles. « A peine avons-nous lancé notre chaîne au Roy­aume-Uni qu’on nous a men­acé de nous priv­er de licence sous de fauss­es accu­sa­tions. C’est la démoc­ra­tie à l’é­tat pur », s’est-elle indignée sur son blog.

Pire, selon elle, RT est vic­time d’un deux-poids-deux-mesures évi­dent. « Ils esti­ment que notre cou­ver­ture des événe­ments en Ukraine était par­tiale. Nous avons trou­vé des tonnes d’ex­em­ples de cou­ver­ture par­tiale des événe­ments en Ukraine par la BBC et en avons infor­mé Ofcom. On nous a répon­du qu’Of­com sur­veil­lait toutes les chaînes SAUF LA BBC ! Et qu’il est pos­si­ble de se plain­dre de la BBC unique­ment en s’adres­sant à la BBC », pour­suit-elle, médusée.

Et celle-ci d’a­jouter : « J’ig­nore si Orwell et Hux­ley se retour­nent aujour­d’hui dans leurs tombes, mais il y a de quoi. Nous accuser de par­tial­ité tout en igno­rant com­plète­ment les pris­es de posi­tion fla­grantes de la BBC n’est rien d’autre que de la cen­sure évi­dente. Ofcom ne cache même pas qu’il cherche à faire chang­er notre poli­tique rédac­tion­nelle. Nous ne la mod­i­fierons pas, quelles que soient les pres­sions. Nous sommes l’u­nique source d’in­for­ma­tions alter­na­tives pour notre pub­lic bri­tan­nique et nous le res­terons. »

Ce n’est pas la pre­mière fois que la chaîne russe inter­na­tionale est vic­time de la cen­sure bri­tan­nique. En 2012, des reproches sim­i­laires lui avaient été for­mulés lors de l’in­ter­ven­tion occi­den­tale en Libye et les événe­ments en Syrie. Grâce à ses avo­cats, RT UK était par­v­enue à par­er ces attaques, chose qu’elle s’ap­prête à faire à nou­veau.

Cet automne encore, les affich­es pub­lic­i­taires de la chaîne avaient été inter­dites dans les rues de Lon­dres à cause d’un « sous-texte poli­tique provo­ca­teur ». Sur celles-ci, ont pou­vait voir l’ex-pre­mier min­istre bri­tan­nique Tony Blair et l’ex-prési­dent améri­cain George W. Bush, tous deux accom­pa­g­nés de leurs déc­la­ra­tions men­songères sur la sit­u­a­tion en Irak.

Pour com­pren­dre cette mise à l’in­dex de la part de l’au­torité régu­la­trice du Roy­aume-Uni, peut-être faut-il se pencher sur la pop­u­lar­ité de RT out­re-Manche. « En 2013, nous étions la troisième chaîne d’in­for­ma­tion la plus regardée au Roy­aume-Uni der­rière la BBC et Sky News. On a devancé Fox News et Euronews », explique Mme Simon­ian.

Même la revue bri­tan­nique Express le recon­naît : « Des mil­lions de Bri­tan­niques regar­dent RT, surtout aujour­d’hui quand les événe­ments en Ukraine ont fait de cette chaîne la ressource favorite de ceux qui cherchent un point de vue alter­natif sur ce qui se passe dans la zone du con­flit. »

Troisième chaîne d’in­for­ma­tion au Roy­aume-Uni, RT est égale­ment en deux­ième posi­tion aux États-Unis. Créée par l’a­gence gou­verne­men­tale russe RIA Novosti, qui l’abrite dans ses locaux à Moscou, elle dis­pose égale­ment d’un siège à Wash­ing­ton et de bureaux à Paris, Lon­dres, Los Ange­les, Mia­mi, Del­hi et Tel Aviv.

Depuis 2005, elle pro­pose aux téléspec­ta­teurs occi­den­taux une autre vision sur les événe­ments inter­na­tionaux. Un angle dif­férent qui, sem­ble-t-il, séduit de plus en plus de per­son­nes.

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