Accueil | Actualités | Médias | « Mahdi », le magazine jeunesse du Hezbollah
Pub­lié le 8 décembre 2014 | Éti­quettes : ,

« Mahdi », le magazine jeunesse du Hezbollah

Mahdi, c'est le nom du magazine du Hezbollah à destination des enfants libanais.

Tiré à 30 000 exemplaires, dont 26 000 sont distribués dans les écoles, Mahdi propose aux jeunes de 4 à 17 ans des jeux en lien avec la guerre contre Israël ou encore des récits à la gloire des combattants de l'organisation islamiste. Le but : inculquer l'idéologie de résistance au sionisme aux plus jeunes générations.

« Mahdi », le magazine jeunesse du Hezbollah. Crédit photo : khaledalameddine.wordpress.com

« Mahdi », le magazine jeunesse du Hezbollah. Crédit photo : khaledalameddine.wordpress.com

On y trouve des histoires fictives mettant en scène des combattants, des puzzles de guérilleros barbus et de monuments sacrés comme la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, des coloriages d'armes et de grenades, ou encore des petits jeux de labyrinthe pour apprendre aux enfants à éviter les mines.

Par exemple, dans l'une des histoires contées, un combattant fait exploser une bombe contre une patrouille israélienne lors de l'occupation du sud du Liban. Dans une autre, un jeune libanais confie à sa mère qu'il part en opération pour « tomber en martyr ». Lors de celle-ci, il tue et blesse 25 militaires israéliens.

Le Hezbollah, création iranienne visant à déloger l'occupant israélien du Liban (ce qui fut le cas en 2000), ne se prive pas de promouvoir ses racines. Dans une rubrique intitulée « Le meilleur des leaders », l'organisation fait la promotion de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique d'Iran. Mahdi comprend également des articles sur des personnages et penseurs non-musulmans tels qu'Alexandre Le Grand, Victor Hugo, Albert Einstein ou encore Thomas Edison.

« Mahdi », le magazine jeunesse du Hezbollah. Crédit photo : khaledalameddine.wordpress.com

« Mahdi », le magazine jeunesse du Hezbollah. Crédit photo : khaledalameddine.wordpress.com

Abbas Charara, directeur général du mensuel, explique à l'AFP vouloir « inculquer aux enfants les valeurs de la résistance ». Cependant, il réfute les accusations de propagande belliqueuse qui lui sont portées : « Nous n’encourageons pas au port d’armes, mais nous leur faisons connaître les exploits la Résistance. (...) On leur dit "tout comme ces grands ont résisté et vaincu, vous pouvez aussi résister et vaincre, tout d’abord en vous éduquant". » Également interrogée par l'AFP, une jeune lectrice de 8 ans confie « aimer les histoires de résistance et les jeux sympas ».

Mais pour Fatima Charafeddine, auteur de littérature pour enfant, la focalisation de Mahdi « sur l’identité religieuse sans véritable mention de l’identité libanaise pousse l’enfant à privilégier son appartenance communautaire à celle de son pays ». De plus, « le magazine va trop loin en plaçant les armes et la violence dans l’imaginaire des enfants ». Le Hezbollah dispose également d'un site internet, « Ilaab wa Qawem » (« Joue et résiste »), qui propose aux enfants des jeux s'inspirant de ses opérations militaires.

Au-delà du caractère dérangeant, voire « effrayant » selon certains médias français guidés par l'AFP, de cette revue, nul doute pourtant qu'en parallèle certaines publications occidentales banalisant la sexualité et même l'homosexualité auprès des enfants du même âge auraient de quoi défriser la barbe des plus radicaux du Hezbollah...

Crédit photo : Mahdi Magazine via Facebook (DR)

Puisque vous êtes là, une minute d’attention s’il vous plaît…

Appels aux dons

…nous avons une petite faveur à vous demander. Vous êtes chaque jour plus nombreux à nous lire. Le travail de l’Observatoire du journalisme (Ojim) est unique. Chaque jour nous contribuons à « vous informer sur ceux qui vous informent », à nous battre pour la liberté d’expression, pour le pluralisme dans les médias, contre les censures.

Tout ceci se fait avec une petite équipe motivée, certains sont bénévoles mais la plupart sont des journalistes indépendants ou des étudiants en journalisme qui sont rémunérés. La majorité des rédacteurs, le webmestre, le manager des réseaux sociaux, l’infographiste, le vidéaste, le dessinateur sont rémunérés. Nous aider c’est préserver notre indépendance et conforter une voix attaquée en justice par Ramzi Khiroun, numéro 2 du groupe Lagardère, pour nous faire taire. Votre don est éligible à un reçu fiscal de 66%. Un don de 50 € ne vous coûtera que 16 €. Un don de 100 € vous revient à 33 €. Un don même minime est un encouragement, cela ne vous prend qu’une minute. D’avance merci !

Claude Chollet
Président de l'Ojim

Share This