L’Ojim a lu : « La politique sur un plateau »

Si la politique

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a toujours eu à voir avec la théâtralité, la nouvelle scène des plateaux télévisés en a changé les ressorts et peut être la substance. C’est cette interrelation complexe qu’interrogent les auteurs de La politique sur un plateau, dans un travail qui mêle science politique, sociologie et histoire des médias. L’ouvrage décrit le processus d’individualisation des positions propre à la politique du XXème siècle qui devait finir par faire primer la mise en valeur de soi plutôt que la construction du discours.

Pierre Leroux et Philippe Riutort, La politique sur un plateau (PUF)

Pierre Leroux et Philippe Riutort, La politique sur un plateau (PUF)

Le champ de la télévision et celui de la politique ont longtemps participé de rationalités différentes, voire adverses : entre la mise en scène d’une légitimité et le besoin de passionner des téléspectateurs avides de changement il existait une dichotomie qui n’a réellement évolué qu’au cours des années 1980. La télévision choisit alors de rompre avec le cadre journalistique pour lui préférer l’émergence du divertissement et pose dès lors la question de l’intégration de problématiques sérieuses dans une grille de programme qui fait de la légèreté un style et même une philosophie.

Ce changement du rythme et des thématiques impose alors un nouveau dispositif comme le théorise Michel Foucault, c’est à dire un nouvel espace de formation de l’image et du discours qui a pour conséquence des effets induits pour tous les participants.

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Ainsi, alors que les invités politiques acceptent d’adopter un rythme et une argumentation adaptés à la culture “zapping”, les chaînes de télévision modifient la hiérarchie interne pour mettre en avant des animateurs vedettes formant dès lors une corporation essentielle du monde médiatico-politique.

La loi Léotard de 1986 qui libéralise la production des émissions de télévision contribue amplement à ce processus de “starisation” qui défrayera bientôt la chronique, suite au scandale Elkabbach dévoilant les revenus faramineux des grands présentateurs de la télévision publique. « L’homme moyen ne semble plus qu’un lointain souvenir devant s’effacer et laisser place à l’animateur », écrivent les universitaires.

A l’animateur transformé en défenseur de cause et en entrepreneur d’une marque, les politiques répondent graduellement par la monstration de l’intime et la revendication d’une logique compassionnelle afin de correspondre à la sémantique employée dans des émissions comme « Le Vrai Journal » de Karl Zéro, « Vivement Dimanche » de Michel Drucker ou « Tout le monde en parle » de Thierry Ardisson. En somme, les animateurs télévisés parvinrent à s’ouvrir un univers politique longtemps récalcitrant à la politique spectacle en imposant les normes de la « société cool » décrite par le sociologue Gilles Lipovestky. Nous en trouverions aujourd’hui un exemple caricatural avec les facéties de l’animateur Cyril Hanouna, saltimbanque couronné pour son traitement grossier et volontairement vulgaire de l’actualité dans l’émission « Touche pas à mon poste ».

La télévision n’a cependant pas réduit l’importance des appareils partisans : ne passent à la télévision que ceux qui réunissent un réseau assez conséquent pour représenter une famille politique liée aux grands partis. Il serait inexact d’y voir une désacralisation de la parole publique, la tendance va plutôt à de nouveaux espaces sacrés où priment la trajectoire d’un individu et la capacité des intervenants à devenir des entrepreneurs de leur image.

La politique sur un plateau doit donc répondre à la logique binaire de la télévision, si elle semble abaisser la valeur de la parole publique, elle reste cependant un outil de production de la légitimité et donc un espace de théâtralisation du pouvoir : “la lutte est ainsi faite principalement de coups, de haines tenaces, de vengeances, d’alliances provisoires, de succès ou de défaites, souvent mesurés à travers les retours sondagiers de l’opinion publique.” Théâtre certes, mais dont les dehors absurdes imposent aux acteurs de verser dans une domination plus fuyante et donc, certainement, plus maligne.