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Libération vs Cash Investigation : round 2

18 février 2016

Temps de lecture : 2 minutes

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Libération vs Cash Investigation : round 2

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Libération vs Cash Investigation : round 2

18 février 2016

Nouveau round dans la bataille de chiffres que se livrent Libération et l’émission « Cash Investigation ».

Dans son émis­sion du 2 févri­er 2016, « Cash » s’é­tait penché sur la déli­cate ques­tion des pes­ti­cides, en affir­mant avec tam­bours et trompettes que 97 % de nos ali­ments en con­te­naient. Pour jus­ti­fi­er cette sen­tence, l’émis­sion présen­tée par Élise Lucet s’ap­puyait sur un rap­port de l’Au­torité européenne de sécu­rité ali­men­taire (Efsa) de 2013.

Une étude qui a été vis­i­ble­ment mal lue au point d’at­tir­er l’at­ten­tion de la rubrique « Dés­in­tox » de Libé. D’après le quo­ti­di­en, le rap­port stip­u­lait que « 97,4 % des échan­til­lons ne dépassent pas les lim­ites de pes­ti­cides autorisées par l’UE (max­i­mum residue lev­el, MRM) alors que 2,6 % les dépassent ». Une dif­férence qui change tout, car sur ces 97 %, 54,6 % ne con­ti­en­nent « aucun résidu détectable ».

Pour sa défense, « Cash » avait argué que ces 54,6 % con­te­naient en réal­ité des pes­ti­cides mais « en quan­tité non mesurable ». Pour Libé, ça n’est tou­jours pas suff­isant. Revenant à la charge, « Dés­in­tox » estime que l’émis­sion « a tou­jours tort ». « Mar­tin Boudot se trompe. Dans les 54,6%, il y a bien cer­tains ali­ments qui présen­tent des traces de pes­ti­cides en quan­tité telle­ment infimes qu’on ne peut pas les quan­ti­fi­er… mais il y en a aus­si, con­traire­ment à ce qu’il affirme, qui n’ont don­né lieu à aucune détec­tion du tout », explique l’article.

Aus­si, Libéra­tion appelle en ren­fort une autre étude, celle de la Direc­tion Générale de l’Al­i­men­ta­tion (DGAL) datant de 2012. Fondée sur des analy­ses plus poussées, celle-ci avance que « 10% des échan­til­lons exam­inés ont été jugés “non con­formes” (dépas­sant les lim­ites légales autorisées), 38% con­te­naient des résidus “quan­tifi­ables dans les normes”, 5% con­te­naient des traces de résidus “non quan­tifi­ables” et… 47% n’ont don­né lieu à aucune détec­tion de résidus. »

Pour « Dés­in­tox », il n’est pas ques­tion pour autant de déduire que « 47% des végé­taux en général ne con­ti­en­nent aucun résidu, parce que ces chiffres de la DGAL valent pour une année don­née, et dépen­dent aus­si de l’échan­til­lon­nage ». Mal­gré tout, Libé juge cette esti­ma­tion bien plus « réal­iste » que les 97 % cités par « Cash Investigation ».

« Comme quoi il est pos­si­ble de relever des risques réels, sans faire dire n’im­porte quoi à des chiffres », con­clut l’ar­ti­cle, insin­u­ant sans doute que l’émis­sion d’Élise Lucet s’est peut-être un peu trop tournée vers le sen­sa­tion­nel aux dépens de la rigueur journalistique…

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