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Les Français font encore confiance aux médias locaux

24 avril 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Les Français font encore confiance aux médias locaux

Une étude commune de 366, la régie de la presse quotidienne régionale (PQR) et de Kantar relève que les français ont encore confiance dans leurs médias locaux alors que la confiance dans les médias dominants connaît des chiffres contradictoires : en progression selon Kantar-TNS pour La Croix, en régression pour d’autres comme le blogueur Hastable qui souligne un net recul de l’intérêt pour l’actualité de la part des Français.

Une étude sur 50 000 internautes

L’in­sti­tut Kan­tar est le lieu de tra­vail du fils de Brigitte Macron, Sébastien Auz­ière – cepen­dant il œuvre dans la branche Kan­tar Health qui s’oc­cupe d’é­tudes dans le domaine de la san­té, et non dans les sondages poli­tiques comme il en a été accusé par le passé. Menée en décem­bre 2017, l’é­tude « Média Rat­ing » qui explore le rap­port des français aux médias, a été réal­isée sur le pan­el de 366, soit 50 000 inter­nautes de 18 ans et plus, représen­tat­ifs de la société. Un échan­til­lon de 2747 per­son­nes a été sondé via une enquête en ligne por­tant sur 21 critères.

Par­mi les enseigne­ments relevés, les Français – exposés à 44 médias par jour – s’in­for­ment en pri­or­ité par les télévi­sions nationales (32%), la presse régionale (29%) et les radios nationales (19%) tan­dis que les sites d’in­for­ma­tion ne pointent qu’à la cinquième place (13%) der­rière les quo­ti­di­ens nationaux. Cepen­dant les sites inter­net per­cent sur l’ex­clu­siv­ité de l’in­for­ma­tion (22%), son util­ité (24%) ou la pro­fondeur des sujets (22%), de quoi sérieuse­ment inquiéter le filet d’eau tiède et de dépêch­es AFP à peine masquées qu’est dev­enue une grande par­tie de la presse main­stream.

L’in­for­ma­tion la plus crédi­ble serait, selon l’é­tude, celle des chaînes de télévi­sion nationales (38%) et de la presse régionale (37%). Plus étrange, pour les moins de 35 ans, les médias régionaux récoltent de bons indices, avec 125 pour la con­fi­ance, 109 pour l’attention ou encore 118 pour la crédi­bil­ité et 111 pour l’utilité.

« L’info proche prime, qu’elle soit issue des medias de prox­im­ité ou de la recom­man­da­tion du réseau. Quand les Français ont du temps pour eux, ils con­sul­tent le plus sou­vent les quo­ti­di­ens régionaux. Les réseaux soci­aux arrivent sec­onds », relève Kan­tar, qui affecte cepen­dant les réseaux soci­aux au « plaisir » tan­dis que la presse locale « illus­tre la rela­tion directe entre prox­im­ité et con­fi­ance ».

Une étude favorable aux médias locaux pour maintenir l’attention des annonceurs ?

Un quart de l’échan­til­lon relève aus­si que la presse régionale intè­gre « le plus effi­cace­ment » la pub­lic­ité et 31% qu’elle y apporte « des infor­ma­tions intéres­santes ». De quoi rem­plir le prin­ci­pal objec­tif de la régie 366, com­man­di­taire de l’é­tude : con­tin­uer à intéress­er les annon­ceurs et attir­er les juteuses com­man­des de pub­li-reportages (ou pub­li-rédac­tion­nels, ou native adver­tis­ing), cen­sés être plus infor­matif et mieux perçu que les pub­lic­ités clas­siques. Mais pas tou­jours claire­ment iden­ti­fiés pour les lecteurs ni dénués d’ar­rière-pen­sées poli­tiques ou affairistes.

Pour la presse régionale, il y a urgence à con­tin­uer d’at­tir­er les annon­ceurs. Les tar­ifs aug­mentent en moyenne de 0,25% en 2018 (et 0,6% en 2017) pour soutenir des titres sou­vent en mau­vaise san­té tout en étant encore sta­bles pour les titres de la presse quo­ti­di­enne régionale. Mais les recettes pub­lic­i­taires de la presse quo­ti­di­enne régionale ont dévis­sé de 4.6% en 2017 (583 mil­lions d’€). Et ce alors que la pub­lic­ité est repar­tie à la hausse pour la qua­si-total­ité des médias, à 13.7 mil­liards d’eu­ros, avec 56 073 annon­ceurs act­ifs (+3%). La presse nationale (-7.4%), les mag­a­zines (-11.4%), les gra­tu­its (-6,5%) et la radio (-2,6%) ain­si que les annu­aires (-8%) sont tou­jours à la peine.

Nombre de lecteurs en baisse

Quant au nom­bre de lecteurs, il baisse de 3,1% en 2017, relève l’ACPM (ex-OJD), après avoir déjà bais­sé de 2,9% en 2016 et ce mal­gré l’ac­tu­al­ité élec­torale. Sauf le Bien Pub­lic (+0,78%) et le Paris-Nor­mandie (+12.04% avec 50 000 exem­plaires en moyenne dif­fusés), aucun titre n’échappe à la baisse de la dif­fu­sion : ‑8.4% en un an pour Cen­tre Presse Poitiers (10 816 exem­plaires dif­fusés en moyenne), ‑6.63% pour Libéra­tion Cham­pagne (3620), ‑5.79% pour Nord Lit­toral (7401) prob­a­ble­ment plom­bé par sa croisade anti-FN, ‑5.45% pour Nord-Éclair (16 128), ‑5.38% pour Vos­ges Matin (33 649), ‑5.01% pour l’Eveil de la Haute-Loire (10 512), ‑4.89% pour Nice Matin (73 018), ‑3,95% pour Midi Libre (101 423), ‑3,78% pour l’Est Répub­li­cain (117 550) qui con­tin­ue de voir sa dif­fu­sion chuter début 2018, ‑3,10% pour Presse-Océan (27 728), ‑2.60% pour le Pro­grès (173 071), ‑2.51% pour la Voix du Nord (205 387) dont les édi­tions anti-le-Pen ont fait flop et même ‑1.12% pour le navire ami­ral, Ouest-France (671 228).

Face à l’im­placa­ble réal­ité du déclin de la dif­fu­sion et aux tar­ifs – non moins implaca­bles – de la pub­lic­ité dans leurs pages, il y a le feu au lac pour les titres de la presse quo­ti­di­enne régionale. Pas cer­tain que des études favor­ables changent quelque chose aux inten­tions des annon­ceurs, bien décidés à être vus, lus et à dépenser moins pour leur pub­lic­ité. Entre autres sur inter­net.

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