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Michèle Marchand, la « papesse » de la presse people au service des Macron

11 mai 2017

Temps de lecture : 2 minutes
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Michèle Marchand, la « papesse » de la presse people au service des Macron

11 mai 2017

Temps de lecture : 2 minutes

On a beaucoup parlé durant cette campagne présidentielle de la surmédiatisation d’Emmanuel Macron, à qui les médias ont déroulé le tapis rouge et consacré de nombreuses couvertures. Cette starification s’est faite selon deux axes : l’un, politique, a vu le candidat d’En Marche ! chouchouté par la presse traditionnelle ; l’autre, people, a vu le couple Macron surexposé dans les magazines à papier glacé, présenté comme l’incarnation de l’amour idyllique. Ce dernier aspect est l’œuvre de Michèle Marchand, reine discrète de la presse people qui a géré l’image du couple durant une bonne partie de la campagne.

Un passé trouble

Sep­tu­agé­naire, « Mimi » a pu être aperçue au pre­mier rang des meet­ings d’Em­manuel Macron. Incon­nue du grand pub­lic, celle qui jouit d’une grande influ­ence dans le milieu présente un passé trou­ble. Comme nous l’ap­prend la revue Faits & Doc­u­ments, du défunt Emmanuel Rati­er, Michèle Marc­hand présente un casi­er judi­ci­aire assez chargé : 2 ans de prison à la fin des années 90, placée sous con­trôle judi­ci­aire en 1994 pour traf­ic de stupé­fi­ants au Maroc, Mimi s’est fait de nom­breux amis dans la rue, d’où elle est issue. « J’ai ren­con­tré aus­si bien les putes que les macs, les gens du show-biz et les flics », explique-t-elle.

Reconversion dans la presse people

Forte d’un « réseau excep­tion­nel et var­ié, fait de show-biz et de poli­tique, de grands ban­dits et de grands flics, de concierges d’hôtel, de garçons de bar et de filles divers­es, de ce monde de la nuit parisi­enne grouil­lant et com­plexe où elle a fait ses armes » (Le Monde), Michèle Marc­hand avait un par­cours tout tracé dans la presse à scan­dale. C’est ain­si qu’à 50 ans, elle se recy­cle dans la presse en entrant à Voici, où elle devient rapi­de­ment la rédac­trice en chef offi­cieuse du mag­a­zine, four­nissant jusqu’à 90 % des scan­dales et scoops de la presse peo­ple sous le pseu­do­nyme de Michèle Leroy.

Une place dans l’establishment

Mère de deux enfants, elle gère par­al­lèle­ment l’im­age de nom­breuses per­son­nal­ités. Comme ses méth­odes déplaisent, elle quitte Voici pour créer sa pro­pose agence de presse, Shad­ow & Cie. Sa mise en exa­m­en pour blanchi­ment aggravé en mars 2003 témoigne que ses méth­odes de tra­vail se sont pour­suiv­ies. En 2010, elle rachète l’a­gence de Daniel Angeli et fonde Bes­tim­age, qui four­nit aujour­d’hui un tiers des cou­ver­tures d’hebdomadaires français. Proche de nom­breuses per­son­nal­ités, dont le coupe Sarkozy-Bruni ou encore Bernard-Hen­ri Lévy, elle règne tou­jours sur la presse peo­ple, dont elle est appelée la « papesse ». À son pal­marès récent : la révéla­tion sur la liai­son entre François Hol­lande et Julie Gayet, ain­si que l’out­ing de Flo­ri­an Philip­pot.

Aujour­d’hui encore, elle est un « cof­fre blindé de secrets qu’elle livre ou retient au gré de ses coups de cœur et de ses intérêt » qui « a désor­mais sa place dans l’establishment » (Van­i­ty Fair). 

Au service du couple Macron

C’est alors que les rumeurs sur l’ho­mo­sex­u­al­ité d’Em­manuel Macron menaçaient de créer un scan­dale que Michèle Marc­hand a été présen­tée au cou­ple par l’in­ter­mé­di­aire de Xavier Niel, PDG d’Il­li­ad et copro­prié­taire du Monde. Aus­sitôt l’ac­cord con­clu, la presse a été abreuvée de pho­tos du cou­ple présen­té comme vivant l’amour par­fait. C’est elle qui a par ailleurs con­va­in­cu Macron de couper court aux rumeurs sur sa liai­son avec Math­ieu Gallet.

Durant la cam­pagne, le pub­lic a donc pu voir se mul­ti­pli­er les pub­lire­portages sur Emmanuel Macron et les anec­dotes sur son cou­ple. Dans le même temps, des scoops embar­ras­sants affec­taient ses adver­saires… Ain­si fonc­tionne le monde médi­a­tique, « pili­er de la démocratie ».

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