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L’anarcho-tyrannie : une idée qui monte dans la société, silence gêné des médias de grand chemin

15 mars 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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L’anarcho-tyrannie : une idée qui monte dans la société, silence gêné des médias de grand chemin

L’anarcho-tyrannie : une idée qui monte dans la société, silence gêné des médias de grand chemin

Certaines idées mettent parfois du temps à germer. En 1992, l’essayiste américain Samuel T. Francis était à l’origine du terme d’anarcho-tyrannie, qui désigne la répression par l’État des citoyens ordinaires et l’extrême laxisme vis-à-vis des délinquants. Ce nouveau concept n’a longtemps eu quasiment aucun écho en France, hormis dans des cercles restreints.

En ce début d’année 2021, plusieurs intel­lectuels français repren­nent à leur compte le terme d’anarcho-tyrannie pour décrire la sit­u­a­tion actuelle de la France. D’autres, sans repren­dre le con­cept, décrivent l’attitude d’un pou­voir qui est fort avec les faibles et faible avec les forts. Les médias de grand chemin obser­vent dans un silence gêné ce qui s’apparente à une prise de con­science qui prend de l’ampleur dans l’opinion publique.

Fort avec les faibles, faible avec les forts, l’anarcho-tyrannie

Si le con­cept d’anarcho-tyrannie est assez con­nu aux États-Unis, on ne peut pas en dire autant en France. Le site Fdes­ouche a con­sacré en 2008 un arti­cle à l’anarcho-tyrannie, dans lequel ce terme est présen­té assez suc­cincte­ment. L’expression est restée en som­meil pour refaire sur­face en 2013 sur le site Riposte Laïque, à l’occasion d’un nou­v­el arti­cle de présentation.

Le début de l’année 2021 a été mar­qué par une médi­ati­sa­tion de ce terme plus impor­tante que pen­dant toutes les années précédentes.

Philippe-Joseph Salazar a con­sacré le 4 jan­vi­er sur le site Les Influ­ences un arti­cle écrit sur le sujet. Celui-ci com­mence par une présen­ta­tion biaisée : la théorie de l’anarcho-tyrannie serait « la coqueluche des supré­macistes ». On peut s’étonner de l’emploi du qual­i­fi­catif de « supré­macistes » pour l’associer à l’anarcho-tyrannie, alors que Philippe-Joseph Salazar l’aurait trou­vé « racoleur » au sujet d’un récent livre qu’il vient de publier…

L’article de Philippe-Joseph Salazar a été repris in exten­so sur le site de la fon­da­tion Polémia le 14 jan­vi­er. Son prési­dent, Jean-Yves Le Gal­lou, illus­trait dans une inter­view don­née le 11 févri­er à Breizh info les nom­breuses man­i­fes­ta­tions de l’anarcho-tyrannie. Pour n’en citer que deux :

« Un pro­prié­taire dont la mai­son est squat­tée met­tra plusieurs années à exiger de la jus­tice qu’elle le rétab­lisse dans ses droits et aura du mal à obtenir le con­cours de la force publique pour repren­dre pos­ses­sion de son bien. Et en même temps, s’il tente de récupér­er son loge­ment par ses pro­pres moyens, la jus­tice sera aus­si rapi­de qu’implacable. »

Un citoyen agressé ou cam­bri­olé peut rarement béné­fici­er d’un con­cours rapi­de des forces de l’ordre. Et en même temps, s’il se défend lui-même, la jus­tice con­sid­ér­era générale­ment la riposte comme dis­pro­por­tion­née et ne recon­naî­tra presque jamais le droit à la légitime défense. »

Pour évo­quer la dis­so­lu­tion de Généra­tion iden­ti­taire, Éric Zem­mour a présen­té le terme sur le plateau de Face à l’Info sur CNews: « Il y a un con­cept améri­cain qui s’appelle l’anarcho-tyrannie ». Philippe-Joseph Salazar a saisi l’occasion pour de nou­veau expliciter ce con­cept et en présen­ter quelques enjeux dans un arti­cle paru sur le site de Causeur le 17 février.

Éric Zem­mour y a égale­ment con­sacré un arti­cle le 19 févri­er dans Le Figaro :

« Le pou­voir macronien est un mélange d’anarchie — car il ne punit pas assez les délin­quants et les séparatistes islamistes — et de tyran­nie car il n’hésite pas à pren­dre des mesures lib­er­ti­cides con­tre ceux qui «pensent mal ».

Une illustration quotidienne

L’actualité n’est-elle pas une source quo­ti­di­enne d’illustration de la justesse de cette théorie ?

Alors qu’en 2005, le cou­vre-feu avait dû être décrété pour met­tre fin aux émeutes dans les cités, en 2021, les vio­lences dans les ban­lieues redou­blent le soir, notam­ment à Lyon, Beau­vais, Elan­court, Plaisir, Coignières, Mont­béliard, Wat­tre­los, Chau­dron, etc.

Par con­tre, gare aux auto­mo­bilistes mont­pel­liérains, comme ailleurs, pris dans les embouteil­lages et qui se font ver­balis­er de façon sys­té­ma­tique après 18h, comme nous apprend France bleu le 27 févri­er. Il est vrai que pour le min­istre de l’intérieur s’exprimant sur BFMTV : « c’est aux Français de s’organiser »…

Aucun souci par con­tre pour les étrangers en sit­u­a­tion irrégulière vio­lents et mul­ti­ré­cidi­vistes, comme celui qui a sauvage­ment agressé un pho­tore­porter à Reims.

Ne par­lons pas des déci­sions incom­préhen­si­bles, comme la mise en place du con­fine­ment le week-end dans le départe­ment du Pas de Calais, alors que le taux d’incidence de la con­t­a­m­i­na­tion au coro­n­avirus y est le même dans le départe­ment de Seine-Saint-Denis. Une déci­sion que la radio affil­iée à l’État français France bleu tente laborieuse­ment d’expliquer avec les argu­ments du min­istre de la san­té dans un arti­cle du 5 mars.

Les médias de grand chemin sont jusqu’à présent restés her­mé­tiques à l’emploi du terme d’anarcho-tyrannie. Par con­tre, quel que soit le terme, la réal­ité est la même.

Le 23 févri­er, le délégué général de l’Institut pour la Jus­tice (IPJ), une asso­ci­a­tion de citoyens mobil­isés au côté des vic­times, s’exprimait dans Le Figaro. Évo­quant notam­ment une « soirée géante d’un rappeur à Nois­iel », il affir­mait : « L’État est fort avec les faibles et faible avec les forts ».

David Lis­nard, François-Xavier Bel­lamy et Hervé Morin définis­saient dans une tri­bune du Figaro du 7 mars le même phénomène avec d’autres mots : « Un État tra­cassier avec les citoyens pais­i­bles, et faible avec les délin­quants: jusqu’à quand ? ».

Quel que soit le terme employé, l’important n’est-il pas que la ques­tion soit bien posée, mais surtout… qu’une réponse y soit apportée ?

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