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La rubrique cinéma de Robin Cannone au Figaro : humeur noire

16 août 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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La rubrique cinéma de Robin Cannone au Figaro : humeur noire

Red­if­fu­sion esti­vale 2020. Pre­mière dif­fu­sion le 13 juil­let 2020

Les lecteurs rassis du supposé conservateur Le Figaro doivent avaler bien des couleuvres. Derrière l’exutoire du Figaro Vox qui permet à une partie du lectorat de se défouler, nombre d’articles ne sont guère différents de ce que l’on peut lire dans Libération. Un exemple avec la critique de cinéma tenue par un certain Robin Cannone, parue le 7 juillet 2020 sous le titre « Le cinéma français a‑t-il peur du Noir ? ». Petite visite guidée du conformisme bourgeois, métissé, métisseur et métissant.

Le tabou, mon bon Monsieur, le tabou

Non, ce n’est pas le nom de la célèbre boîte de nuit sise au 33 rue Chris­tine et fer­mée en 1962. Non, c’est la « ques­tion noire » qui « reste un tabou dans le monde du sep­tième art ». D’ailleurs ce « manque de diver­sité dans le ciné­ma hexag­o­nal » avait été dénon­cé en févri­er 2020 lors de la 45e céré­monie des César. Et l’ami Robin ne peut que con­stater avec regret « la force des préjugés » qui infecte le cinéma.

Alors, on se métisse quand ?

Pour­tant la solu­tion existe, elle est à portée de main comme le dit un comé­di­en camer­ounais en par­lant de l’industrie du ciné­ma : « elle ne s’adapte pas à l’évolution de la société et reste dans un entre-soi qui fait que le métis­sage qu’on observe dans les rues n’est pas représen­té à l’écran ». Il suff­i­sait d’y penser, que le ciné­ma (puis le théâtre, l’art, l’université, les pou­voirs publics, Romoran­tin et in fine la France toute entière) ressem­ble au 9–3 alias le 9 cube où il fait si bon vivre.

La couleur est une construction sociale

Dans tout arti­cle qui veut faire sérieux, il faut un soci­o­logue, mieux une soci­o­logue, encore mieux une soci­o­logue dont on devine qu’elle est d’origine africaine ou proche de l’Afrique. Marie-France Mal­on­ga est une « soci­o­logue spé­cial­iste des minorités » et explique-t-elle docte­ment « le prob­lème du stéréo­type, c’est qu’on l’intériorise » il s’inscrit « dans nos imag­i­naires et nos représen­ta­tions sociales… il s’agit en fait d’une con­struc­tion sociale ». Tout bien réfléchi et en retour­nant le pro­pos, si Robin Can­none est blanc (sup­po­si­tion de notre part) c’est par con­struc­tion sociale et il pour­rait jouer avan­tageuse­ment le rôle de Béhanzin roi d’Abomey (1845–1906).

Secret de polichinelle

Un lourd secret pèse sur le ciné­ma français, Robin le révèle au lecteur effaré, un acteur noir n’est « pas assez rentable pour une agence ». La réal­isatrice (de tal­ent) Claire Denis l’a enten­du dire, « un rôle prin­ci­pal tenu par un homme ou une femme noire pou­vait être un hand­i­cap pour un film ». Elle exonère un peu sa pro­fes­sion de cette lourde respon­s­abil­ité, la ren­voy­ant à la France entière : « Il faut pos­er la ques­tion aux Français : com­ment se sen­tent-ils dans leur pays ? ». Une ques­tion sym­pa­thique mais peut-être naïve, voire dan­gereuse à un moment où ces derniers ont par­fois l’impression d’habiter un pays étranger.

Heureuse­ment « les choses changent au pays des Lumières », Omar Sy va jouer Arsène Lupin au ravisse­ment du Can­none de ser­vice. « Il ne reste plus qu’à faire pass­er le mes­sage au reste de l’industrie ciné­matographique ». Allons plus loin, il y a vrai­ment trop de vis­ages pâles dans la rubrique ciné­ma du Figaro. Robin, un bon geste : démis­sionne et fais-toi rem­plac­er par une jeune con­sœur noire. C’est pour la cause, on compte sur toi.

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