L'Observatoire du journalisme est en régime d'été jusqu'au 22 août : au programme, les rediffusions de nos meilleures publications du premier semestre 2022.
Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
La débâcle de la presse communiste

14 novembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | La débâcle de la presse communiste

La débâcle de la presse communiste

14 novembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes

Le quotidien La Marseillaise a demandé son placement en redressement judiciaire vendredi 14 novembre. Dans un secteur de la presse, en pleine mutation, les médias communistes sont encore plus touchés. Explications

La Mar­seil­laise a décidé de se met­tre sous la pro­tec­tion de la jus­tice en rai­son d’une sit­u­a­tion finan­cière déli­cate. Les pertes prévi­sion­nelles du quo­ti­di­en en 2014 se mon­teraient à 1,5 mil­lion d’eu­ros. Ce déficit s’a­joute au deux mil­lions d’eu­ros de dettes accu­mulées par La Mar­seil­laise depuis cinq ans. Le titre a vu sa dif­fu­sion reculer de 5% en 2013 (68 000 exem­plaires, selon l’édi­teur). La pub­lic­ité a bais­sé de 7% env­i­ron sur la même péri­ode. Avec un chiffre d’af­faires de l’or­dre de 13 mil­lions d’eu­ros en 2014, La Mar­seil­laise n’échap­pera pas à de nou­velles coupes dans ses effec­tifs (170 per­son­nes) qui restent impor­tants au regard de ses recettes. Le jour­nal avait ouvert un guichet d’une quar­an­taine de départs en 2013. Sans action­naire puis­sant, il est con­fron­té à un red­outable effet de ciseaux. Le manque de moyens l’empêche d’in­ve­stir mas­sive­ment, dans le numérique notam­ment, mais aus­si dans un vrai pôle de diver­si­fi­ca­tion événe­men­tiel. Autant de vecteurs de crois­sance qui lui per­me­t­traient de com­penser, en par­tie, la baisse de ses recettes his­toriques, et dont il est privé de fac­to. Dans ce con­texte, le meilleur atout de La Mar­seil­laise reste la pro­priété de son siège (certes placé en lease-back en 2013) sur la Canebière, en plein cen­tre de la cité phocéenne.

Le quo­ti­di­en est le dernier sur la liste des jour­naux com­mu­nistes ou proches, plus ou moins exsangues. Ces titres ont man­i­feste­ment été entraînés dans la spi­rale décli­nante du PCF et restent hand­i­capés par la faib­lesse de leur action­nar­i­at. Au plan région­al, Lib­erté heb­do (3000 exem­plaires en 2013, selon l’édi­teur), à Lille, a dû aus­si procéder à des coupes à la ren­trée. Le jour­nal, placé en redresse­ment judi­ci­aire en aout, a encore réduit la voil­ure. Il ne comptera plus que cinq salariés (au lieu de huit) début 2015. L’autre “poids lourd” avec La Mar­seil­laise, L’Écho du cen­tre (30 000 exem­plaires en 2013, selon l’édi­teur), sort à peine d’une péri­ode trou­blée. Égale­ment placé en redresse­ment judi­ci­aire en 2012, il s’est séparé de 30 % de sa masse salar­i­ale l’an­née suiv­ante. L’équili­bre, qui serait atteint en 2014 (3,3 mil­lions d’eu­ros de CA), reste précaire.

Au plan nation­al, les titres com­mu­nistes ne sont guère plus vail­lants. L’Hu­man­ité, qui a refait plusieurs fois sa for­mule en qua­tre ans, a encore per­du 500 000 euros en 2013. Le titre vit sous per­fu­sion des aides à la presse et des cadeaux de l’État. Fin 2013, L’Hu­ma a ain­si été exonéré de rem­bourse­ment d’un prêt de qua­tre mil­lions d’eu­ros. Mal­gré cela, sa sit­u­a­tion reste frag­ile, avec une dif­fu­sion qui a encore bais­sé de 5,7% en 2013–2014 (DSH OJD : 39 347 exem­plaires). D’autre part, le site Lhumanite.fr, refon­du en avril grâce à la manne du géant améri­cain Google, est loin d’avoir démon­tré sa capac­ité de monétisation.

Dans ce con­texte de crise, le quin­zomadaire de la CGT, La Nou­velle vie ouvrière (23 000 exem­plaires en 2013, selon l’édi­teur), n’échappe pas aux réduc­tions de coûts. En perte d’un mil­lion d’eu­ros (pour sept mil­lions d’eu­ros de CA), le titre, qui a sup­primé 24 postes, passera men­su­el en 2015 et mis­era avant tout sur son site pour véhiculer l’ac­tu­al­ité syn­di­cale chaude.

Voir aussi

Cet article vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Vidéos à la une

Derniers portraits ajoutés