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Historia : ça tourne au vinaigre

5 février 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Historia : ça tourne au vinaigre

Les acquéreurs avant l’été du groupe Sophia publications (L’Histoire, Historia, La Recherche, Le Magazine littéraire) pourraient attaquer le vendeur, Artemis. La filiale de Kering (Pinault), qui détient également Le Point, aurait minoré les pertes de Sophia, placé en redressement judiciaire le 28 janvier.

Avec un mil­lion de déficit prévu en 2014, pour 20 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires, la mar­iée sem­ble effec­tive­ment moins belle que prévu. Lors du rachat, en mai, de Sophia pub­li­ca­tions par un trio d’ac­tion­naires, Thier­ry Ver­ret (Ophrys), Mau­rice Szafran (ancien PDG de Mar­i­anne) et Gilles Gra­mat (Prag­ma cap­i­tal), le bud­get prévi­sion­nel pour 2014 était excé­den­taire de 600 000 euros…sur le papi­er. La bonne san­té virtuelle de Sophia pub­li­ca­tions pousse même Claude Per­driel, l’ex pro­prié­taire de L’Obs, édi­teur de Chal­lenges et de Sci­ence & avenir, à inve­stir 750 000 euros dans le tour de table. Réal­isée en deux étapes, l’aug­men­ta­tion de cap­i­tal se monte à 1,5 mil­lions d’eu­ros.

Dif­férents paramètres expli­queraient la dégra­da­tion, maquil­lée volon­taire­ment ou non par Artémis. En pre­mier lieu, la baisse de la dif­fu­sion des qua­tre men­su­els s’est accélérée en 2014. Elle a reculé, selon les titres, entre 4 et 10%. Or, ce vecteur de recettes représente à lui seul env­i­ron 80% du chiffre d’af­faires total de Sophia pub­li­ca­tions. Le reli­quat est généré par la pub­lic­ité et, très mar­ginale­ment, par le numérique. Des erreurs stratégiques de la précé­dente direc­tion auraient, d’autre part, con­tribué à la détéri­o­ra­tion de la sit­u­a­tion en 2014. Le lance­ment au print­emps du bimestriel de vul­gar­i­sa­tion Les Clés de l’his­toire a été un échec. Le titre a été rapi­de­ment arrêté en rai­son d’une dif­fu­sion de l’or­dre de 3000 exem­plaires. Sophia en escomp­tait 10 fois plus. Autre erreur, le pas­sage du sup­plé­ment Les Dossiers de la recherche sous forme de bimestriel indépen­dant. Là non plus les ventes n’au­raient pas été au ren­dez-vous. La sor­tie au pre­mier semes­tre 2014 des nou­velles for­mules du Mag­a­zine lit­téraire (DSH OJD 2013–2014 : 26 324 exem­plaires, ‑10%) et d’His­to­ria (DSH OJD 2013–2014 : 64 506 exem­plaires, ‑7%), n’au­rait pas non plus porté ses fruits. Enfin, Sophia aurait investi plusieurs cen­taines de mil­liers d’eu­ros dans de nou­veaux développe­ments dig­i­taux, sans réels retours.

Un plan de réor­gan­i­sa­tion de Sophia pub­li­ca­tions sera présen­té au tri­bunal de com­merce fin févri­er. D’ores et déjà, le groupe compte dimin­uer ses coûts en démé­nageant. Basé dans les locaux du Point à Mont­par­nasse, il rejoin­dra courant mars les anciens bureaux du Nou­v­el Obser­va­teur, non loin de la place des Vic­toires dans le deux­ième arrondisse­ment parisien.

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