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Élections américaines, Médias et Mafia, un avant-goût pour 2022 ?

12 novembre 2020

Temps de lecture : 4 minutes
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Élections américaines, Médias et Mafia, un avant-goût pour 2022 ?

Le lundi 9 novembre 2020, à en croire les médias dominants, l’Amérique et le monde retrouvaient le goût d’une prospérité qu’une vilaine « tortue obèse » à 6.000km leur avait ravi durant quatre longues années de sueur et de larmes. Si l’on suit les événements des élections américaines depuis le mardi 3, plus que l’information en elle-même c’est l’univocité des discours qui nous marque. Les médias ont, sans surprise, choisi leur camp : il faut battre l’infâme. Dans ce jusqu’au-boutisme, les premières victimes sont l’esprit critique et l’information.

Une unanimité soviétique

Pour Le Huff­post, quand les médias trait­ent le prési­dent de la pre­mière puis­sance mon­di­ale de « tortue obèse », c’est parce qu’il a dit « quelque chose qui ne leur a pas plu », com­prenez « c’est la faute à Trump, il l’a bien cherché ».

L’in­té­gral­ité des chaînes d’in­fo main­stream type CNN affir­ment que Biden a gag­né. Aus­sitôt, on nous mon­tre des vidéos de Kamala Har­ris (la co-lis­tière de Biden) danser, des gens en liesse, mais l’élec­tion est-elle ter­minée ? En France Le Parisien, Le Monde, L’Obs, Libéra­tion : tous relaient béate­ment ce que dif­fuse CNN. Le tyran est mort, vive le roi. Medi­a­part pub­lie quant à lui les « 4 moments clés de la cam­pagne vic­to­rieuse de Joe Biden » la geste héroïque est en construction.

Pour Libéra­tion c’est « la fin du cauchemar » : « Le démoc­rate Joe Biden met­tra-t-il fin à l’ère Trump en accé­dant à la Mai­son Blanche ? Le mil­liar­daire lais­sera à son suc­cesseur un pays pro­fondé­ment frac­turé… à moins qu’il ne dis­pose de qua­tre ans de plus pour saper encore les bases de la démoc­ra­tie américaine. »

Dans Le Monde, on est à la pointe du reportage : Mark Hamill « Sky­walk­er » célèbre le « Retour du Jedi » ; Jen­nifer Lawrence danse en pyja­ma dans les rues de Boston. Le mari de Kamala Har­ris fait dans l’é­mo­tion en lui témoignant sa fierté… Tan­dis que chez Trump, on est dans « le déni », ambiance bunker à Berlin en avril 1945.

Ces mêmes médias dif­fusent des mes­sages Twit­ter où l’on relaie les « déra­pages en cas­cade » de Trump. « Il ment » quand il dit avoir gag­n­er. On le cen­sure donc. On le cen­sure de même quand il donne une allo­cu­tion ou lorsque son avo­cat Rudy Giu­liani, que Le Temps traite de « mer­ce­naire », s’ap­prête à par­ler sur les fraudes démoc­rates. Quand ce dernier par­le enfin le 7 novem­bre, BFMTV dif­fuse en par­al­lèle son inter­ven­tion et les scènes de fêtes à New-York : un vieil avo­cat con­tre des jeunes qui dansent, on voit où sont les ringards.

Quand Biden et Har­ris dévoilent déjà leur admin­is­tra­tion et bluffent en posant leur vic­toire comme défini­tive, nul ne vient reprocher cet empresse­ment. L’un est le mal, l’autre le bien.

Dans Ouest-France on par­le déjà de l’après élec­tion dimanche 8 : « Biden pré­pare son plan de lutte con­tre le covid » quand à Wash­ing­ton, on « sable le cham­pagne dans la rue » ce qui est « très inhab­ituel » nous dit-on pour ce type d’événe­ment. Dans l’e­sprit des médias de grand chemin, la page est déjà tournée.

Journalistes ou kapos ?

Ce que nous avons vécu pen­dant une semaine c’est une fois de plus la for­mi­da­ble machiner­ie sociale des milieux de la presse et du monde politi­co-médi­a­tique qui, comme de vail­lants sol­dats (les médias améri­cains), mon­tent au front pour tout faire pour que leur cham­pi­on l’emporte ou se réjouis­sent de sa vic­toire (les médias européens).

Quid des bul­letins retrou­vés hors délai, des témoignages de trich­es avérées, du temps de comp­tage, des reports de voix sur­prenants de dernière minute dans le Wis­con­sin et ailleurs en faveur de Biden ? Le rôle de la mafia dans les élec­tions depuis les années 1950 (notam­ment lors de la vic­toire de Kennedy con­tre Nixon en 1960), le prob­lème des votes par cor­re­spon­dance, etc. La liste et longue, mais pas une de ces ques­tions n’est sus­cep­ti­ble d’être fouil­lée par un tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion. Com­ment expli­quer par exem­ple que la Cal­i­fornie démoc­rate de 40M d’habi­tants finit de compter les scruti­ns en une journée quand une Penn­syl­vanie à 12M d’habi­tants, qui risque de bas­culer, met 4 jours pour le faire quand Trump est en tête ? Com­ment expli­quer que le rythme en Amérique s’ac­célère depuis le ven­dre­di ?

Com­ment per­son­ne ne men­tionne que le vote par cor­re­spon­dance a été sup­primé en France, il y a 45 ans en 1975, pour lut­ter con­tre la fraude ?

Derrière les écrans, le bras de fer continue

C’est bel et bien un bras de fer qui est en cours aux États-Unis entre des démoc­rates (appuyés par cer­tains répub­li­cains) et toute la puis­sance médi­a­tique pour faire pass­er leur vic­toire sur un coup de bluff, et de l’autre une par­tie des répub­li­cains qui rassem­bleraient partout des preuves à porter en jus­tice pour prou­ver une vaste opéra­tion de fraude, et annuler ain­si tout bul­letin reçu après la date du 4 novem­bre. Si vous voulez en être infor­mé sérieuse­ment, ce n’est décidé­ment pas en France qu’il faut chercher.

Les médias enten­dent de plus en plus se sub­stituer au droit et à la démoc­ra­tie ; comme le remar­que l’écrivain Slo­bo­dan Despot dans Antipresse, un proces­sus nar­ratif se sub­stitue au vote. Phénomène qui se duplique en France où les médias, bons féaux, jouent le jeu de sup­port­ers démoc­rates, plutôt que d’in­former hon­nête­ment leurs conci­toyens afin d’affin­er leur esprit critique.

Un rap­pel à car­ac­tère mythique et his­torique : dans la cos­mogo­nie hin­douiste, la troisième époque tem­porelle, le Dva­par Yuga est car­ac­térisé par l’avidité et … la fraude.

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