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Élection présidentielle américaine : Trump le grand Satan pour les médias français

26 août 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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Élection présidentielle américaine : Trump le grand Satan pour les médias français

Depuis plus d’un mois, le rythme de la campagne présidentielle s’accélère aux États-Unis. Au 21 août 2020, revenons sur son traitement médiatique en France. Sa simplicité peut être jugée par bien des aspects aussi déconcertante que son univocité démontre une puissante mécanique pour décrédibiliser Trump à l’international.

Trump le grand Satan et ses diablotins

Rien de nou­veau sous le soleil : les démoc­rates haïssent vis­cérale­ment Trump ou les prési­dents hard boy depuis Andrew Jack­son.

Sur France Info, on pub­lie, le 20 août, un arti­cle sur les détourne­ments de fonds de Steve Ban­non, arti­san de la vic­toire de Trump en 2016. Ces fonds devaient servir à con­stru­ire le mur à la fron­tière mex­i­caine fig­u­rant une promesse phare de cam­pagne. La veille, le media relève que le Sénat améri­cain inculpe Paul Man­afort, ex-con­seiller de Trump, pour ses rela­tions avec un agent russe.

Pour l’AFP, repris par tel quel par Le Figaro, la pro­pre sœur de Trump se plaint de sa cru­auté et de son goût pour le men­songe.

Trump le calamiteux

Après les nervis, le par­rain… Au Monde, on se demande ce 16 août si la cam­pagne n’est pas déjà jouée en faveur de Joe Biden : « Don­ald Trump n’avait gag­né que d’un cheveu en 2016. Il est très mal en point aujourd’hui, vu les haines qu’il a sus­citées et son inca­pac­ité à gér­er la crise du Covid-19, qui a ruiné son bilan économique. » Rap­pelons que le fonc­tion­nement fédéral donne des prérog­a­tives de san­té aux gou­verneurs que le prési­dent n’a pas.

Trump le noir a tout pour per­dre, il a du sang sur les mains. Sur Fran­ce­In­fo TV, une rubrique entre 13h et 14h traite de cette cam­pagne. Elle con­sacre une rubrique sur la per­son­nal­ité de Trump et Biden. Si Trump paraît un fief­fé protes­tant cynique en fin de règne, Biden, à 77 ans, est un bon catholique (comme Kennedy, coïn­ci­dence ?), empathique, pra­ti­quant, etc. Fran­ce­In­fo se décou­vre une sym­pa­thie chré­ti­enne, assez sur­prenante.

Biden, l’immaculé paladin

Tout ce qui touche à Biden est vu sous des aus­pices plus clé­mentes, tout paraît jus­ti­fi­able. Ses dis­cours, tein­tés de manichéisme et d’un mys­ti­cisme prov­i­den­tiel, sont à peine com­men­tés. À la place, Le Monde ou 20 Min­utes traite de l’emphase du can­di­dat, de son « com­bat pour l’âme » de l’Amérique.

Le Figaro aus­si évoque, le com­bat de Biden en faveur des hand­i­capés, des femmes et des éner­gies vertes (quand on par­le de Trump comme d’un per­vers sex­uel, pol­lueur, fou).

Fran­ce­In­fo pub­lie les déc­la­ra­tions des Oba­ma, licteurs de la république améri­caine : « Don­ald Trump ne s’est pas élevé à la hau­teur de la fonc­tion, parce qu’il ne le peut pas. » On ne comptera pas sur L’Obs pour met­tre en exer­gue son pro­pre bilan : « courez lire le dis­cours de Barack Oba­ma. » Depuis le 12 août, le choix comme vice-prési­dent de Kamala Har­ris, un peu noire, jeune, jamaï­caine est vue comme un mes­sage d’espoir par ces mêmes media, alignés sur le Times.

…malgré quelques taches.

On veut mon­tr­er Biden le père de famille bien­veil­lant, ferme mais juste, face à un Trump désœu­vré. Bon père, l’ex vice-prési­dent le fut pour pro­téger son fils Hunter inquiété pour cor­rup­tion en Ukraine. Mais à en croire L’Express les écoutes télé­phoniques « restent à authen­ti­fi­er ». Ces mêmes écoutes, out­re son fils à défendre, met­tent en relief l’ingérence des démoc­rates en Ukraine en 2016 et sa poli­tique bel­li­ciste envers la Russie de Pou­tine. Quant à ses gaffes, elles sont légions à en croire Le Point, un des rares médias à les relever, et ont tôt fait de le faire pass­er pour un gâteux à la sénil­ité et l’ego manip­u­la­bles à l’envie. Mais elles sont générale­ment passées sous silence.

Le fond du problème demeure politique

L’Opinion souligne ce 17 août, la polar­i­sa­tion des élec­tions autour des franges les plus extrêmes des deux par­tis. D’un côté le Tea par­ty, de l’autre la gauche eth­nique. On se sou­vient de Joe Biden dis­ant qu’on n’est pas noir si on vote Trump. De même pour les his­pano-améri­cains. Ce que sem­ble cacher le vote Biden, c’est le vote syn­cré­tique des minorités eth­niques améri­caines qui d’ici 2050 met­tront les WASP en minorité à cause de la natal­ité his­panique, catholique de sur­croît. Der­rière la sit­u­a­tion gentil/méchant, des enjeux plus pro­fonds se dessi­nent en fil­igrane.

Au pays de l’Oncle Sam, ten­ter de dia­bolis­er l’adversaire est courant. On se sou­vient du Water­gate. Le dis­cours démoc­rate tend cepen­dant, depuis 2016, à se pos­er comme un com­bat rad­i­cal du bien con­tre le mal. Bush le répub­li­cain en 2001 par­lait déjà suite aux atten­tats d’un com­bat entre le bien et le mal. « Si vous n’êtes pas avec nous vous êtes con­tre nous ». À en croire les démoc­rates, ce com­bat se serait donc déplacé de l’extérieur vers l’intérieur du pays. Mais qui est le bien et qui est le mal ? À en croire L’Opinion citant le soci­o­logue Michel Crozi­er, la civil­i­sa­tion améri­caine entre dans « le temps du trag­ique. » À suiv­re…

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : première audience le 7 octobre 2020

L’Observatoire du journalisme (OJIM), créé en 2012 par Claude Chollet et quelques amis, rentre dans sa neuvième année d’existence. En 230 portraits publiés, 30 infographies et plus de 4500 articles nous n’avions eu — jusqu’à présent — aucune plainte en justice. À la suite d’un article de 2018 où nous parlions du groupe Lagardère et de manière incidente sur deux lignes du porte-parole du groupe, Monsieur Ramzi Khiroun, ce dernier a porté plainte pour « injures publiques ». La première audience est fixée au 7 octobre 2020 à 13h30. Lire la suite

 

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De sa thèse d’histoire sur le fémin­isme aux nom­breuses biogra­phies qu’elle a con­sacrées, tout au long de sa car­rière, à des grandes fig­ures féminines, Lau­re Adler n’aura cessé d’être fascinée par les glo­rieux des­tins de femmes et, à sa manière, en aura incar­né un.