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Censure à La Provence qui floute la photo d’un sénateur indésirable

26 août 2019

Temps de lecture : 2 minutes
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Censure à La Provence qui floute la photo d’un sénateur indésirable

L’information et son contrôle sont redevenus des enjeux essentiels, comme au siècle passé, depuis que les gouvernants transformés en « élites mondialisées » se refusent à toute forme de critique personnelle ou d’acception de conceptions différentes du monde que la leur. En conséquence, les médias cherchent à développer une position unique à toutes les échelles, du contrôle de l’information dissidente par le « fact checking » aux médias plus traditionnels. Un exemple récent avec le quotidien La Provence.

La Provence, La Pravda ?

La Provence n’est pas n’importe quel quo­ti­di­en, out­re le fait qu’il appar­ti­enne à Bernard Tapie, mais celui qui exerce un véri­ta­ble qua­si mono­pole sur l’information de la deux­ième plus grande métro­pole française, Mar­seille, et de sa région, et pas seule­ment en ce qui con­cerne les infor­ma­tions locales ou régionales. En PACA, on lit La Provence et le quo­ti­di­en joue un rôle impor­tant quand approchent les élec­tions. Or, en ce mois d’août 2019, le quo­ti­di­en a été pris en fla­grant délit de manip­u­la­tion et de fal­si­fi­ca­tion d’un événe­ment. Ceci à l’occasion des céré­monies mar­i­ales du 15 août dans la cathé­drale de la Major où s’étaient rassem­blés les catholiques pra­ti­quants pour célébr­er la Madone.

Procédés staliniens

Comme chaque année, La Provence a fait un reportage, cette fois illus­tré d’une pho­togra­phie mon­trant la foule rassem­blée. Le souci ? On peut recon­naître un drôle d’individu sur la pho­togra­phie… Le séna­teur Rassem­ble­ment Nation­al des Bouch­es-du-Rhône Stéphane Ravier ! Inqui­ets de faire de la pub­lic­ité à un élu de la République, issu d’un par­ti légal et légitime, la rédac­tion (?) de La Provence décide (?) alors de flouter la fig­ure de Ravier, autrement dit d’appliquer à l’information française les pra­tiques de l’URSS de Staline et de la Chine de Mao, cette ten­dre époque où l’on fai­sait dis­paraître ses adver­saires poli­tiques des pho­togra­phies avant de les faire dis­paraître physiquement.

Le séna­teur Ravier s’est évidem­ment fendu d’un mes­sage à l’intention de la rédac­tion du quo­ti­di­en qui, comme tous ses pareils, affirme par­fois vouloir com­bat­tre les dif­fuseurs de fauss­es infor­ma­tions et les dan­gereux pra­ti­quants de l’anti-démocratie. Evidem­ment, La Provence trafi­quant une pho­togra­phie, Ravier fait remar­quer dans son mes­sage que cela ressem­ble en effet aux pra­tiques de « la Prav­da de Staline ». Il demande aus­si des excus­es publiques. Viendront-elles ?

Comme il est d’usage au sein du par­ti des médias quand un cas de cen­sure est avéré (mais com­bi­en passent inaperçus ?), des « acci­dents », « erreurs humaines » et autres sont invo­quées, comme lors des man­i­fes­ta­tions des gilets jaunes quand telle ou telle jour­nal­iste locale affir­mait incon­sciem­ment le con­traire des dogmes offi­ciels des plateaux de télévi­sion. Dans le cas de La Provence et de Ravier, Fran­ce­in­fo ayant relayé (rapi­de­ment) l’affaire, le jour­nal a évo­qué une « cause obscure » et le « fait d’un salarié ».

Peut-être existe-t-il un « bug » mon­di­al­isé, acci­den­tel, qui touche régulière­ment des per­son­nes pen­sant autrement que la façon dont on nous demande de penser ? On bien quelque chose ayant trait à de la pen­sée mag­ique ? Notons qu’il fal­lait avoir de bons yeux pour repér­er le séna­teur Ravier pri­ant sur cette pho­togra­phie, une acuité du regard qui s’explique peut-être par l’engagement assez clair de ce quo­ti­di­en en faveur du gou­verne­ment Macron ? Nos lecteurs provençaux doivent avoir une idée sur la question…

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