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Brétigny : Europe 1 au garde-à-vous

29 juillet 2013

Temps de lecture : 2 minutes
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Brétigny : Europe 1 au garde-à-vous

Les médias qui ont commencé par publier des témoignages précis sur les actes commis lors de l’accident de Brétigny-sur-Orge ont soudain fait volte-face pour se ranger à l’avis du gouvernement. Retour sur une manipulation à travers l’exemple d’Europe 1.

Le 12 juil­let 2013 à 17h14, le train Paris-Limo­ges déraille en gare de Brétigny-sur-Orge, tuant sept per­son­nes et en blessant 22 autres. Le soir même, au micro d’Europe 1, Nathalie Michel, du syn­di­cat de police Alliance, déclare : « A 17 heures 30 alors que nos col­lègues inter­vi­en­nent ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui sem­blent porter sec­ours aux vic­times. Très rapi­de­ment, ils se ren­dent compte que ces indi­vidus sont présents pour dépouiller les vic­times et notam­ment les pre­miers cadavres ». Elle racon­te égale­ment que les sec­ouristes arrivés sur les lieux ont été accueil­lis par des jets de pierre. Europe 1 titre aus­sitôt : « Brétigny : “présents pour dépouiller les cadavres” ».

Qui sont ces jeunes ? Nul n’osera évidem­ment publique­ment leur don­ner un nom mais les Français, habitués à la langue de bois médi­a­tique à la manière des citoyens de l’Union sovié­tique naguère, traduisent désor­mais le sabir poli­tique­ment cor­rect de leurs élites : « un groupe d’enfants » faisant les poches aux touristes = roms. « Un groupe de jeunes » pil­lant les cadavres = ado­les­cents des ban­lieues issues de l’immigration.

Après l’attaque du RER D façon « attaque de la dili­gence » qui avait mar­qué les esprits en mars dernier, une nou­velle étape est donc franchie dans l’ensauvagement de la nation. Que ces « jeunes » ne soient pas sol­idaires du reste de la pop­u­la­tion, on le savait déjà. Qu’ils se trans­for­ment en charog­nards, dépouil­lent les cadavres et empêchent les sauveteurs de sauver des vies les trans­for­ment soudain en enne­mis de l’intérieur. Le pou­voir com­prend que ces faits gravis­simes et par­ti­c­ulière­ment scan­daleux sont sus­cep­ti­bles d’ouvrir les yeux d’une par­tie de la pop­u­la­tion et de la faire bas­culer dans le « camp du mal » aux prochaines élec­tions. Il faut donc agir.

Dès le lende­main matin, le min­istre des Trans­ports, Frédéric Cuvil­li­er, inter­vient sur i>Télé et con­teste « tout acte com­mis en bande ». Il affirme « ne pas avoir eu con­nais­sance de vic­times dépouil­lées » en dépit du témoignage des policiers et des sec­ouristes sur le ter­rain relayé par Nathalie Michel la veille. Il par­le « d’actes isolés » pour ten­ter d’en atténuer l’horreur. Il évoque une « ten­ta­tive de vol de portable » sur un sec­ouriste sans pré­cis­er qu’agresser un sec­ouriste pour lui vol­er son portable, c’est l’empêcher de faire son tra­vail qui con­siste à sauver des vies humaines. Il annonce enfin, dans une for­mule que n’auraient pas renié les régimes total­i­taires, « que les pom­piers ont été accueil­lis de façon un peu rude » ! Con­séquence directe : le 13 juil­let, Europe 1 change son titre : « Brétigny : des vols sur les lieux de l’accident ». Exit les dépouilleurs de cadavres…

Sym­bole d’une France à la dérive, les événe­ments de Brétigny-sur-Orge ont été sci­em­ment min­imisés par un pou­voir aux abois et des médias majori­taire­ment com­plices, et ce dans un but poli­tique. Pour­tant dans une démoc­ra­tie, seule une infor­ma­tion hon­nête, objec­tive et non-par­ti­sane peut éclair­er les citoyens et leur fournir les élé­ments sus­cep­ti­bles de se forg­er une con­science pour pou­voir vot­er en pleine con­science. Quand les médias jouent avec la vérité, c’est la démoc­ra­tie qu’ils assas­si­nent.

Crédit pho­to : poudou99 via Wiki­me­dia (cc)

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