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BBC : Twitter dans l’œil du cyclone

17 novembre 2012

Temps de lecture : 3 minutes
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BBC : Twitter dans l’œil du cyclone

Temps de lecture : 3 minutes

On connaissait le tweet de Valérie Trierweiler, ou encore le message privé envoyé par Éric Besson, alors ministre, à ses 14.000 abonnés Twitter, « Quand je rentre je me couche. Trop épuisé. Avec toi ? »

Mais la crise que tra­verse actuelle­ment la BBC place le réseau social sur le banc des accusés. Voici l’histoire. Atten­tion, elle est pleine de rebondisse­ments. En toile de fond : une hys­térie (ou une prise de con­science ?) au sujet de la pédophilie dans des élites qui s’exonèreraient des règles morales com­munes. Alors qu’on a appris récem­ment qu’une anci­enne vedette de la BBC, Jim­my Sav­ile, util­i­sait son méti­er et sa célébrité pour avoir accès à des enfants, une des émis­sions phares de la BBC, « News­night », accuse de pédophilie un homme poli­tique con­ser­va­teur à la retraite. Sans le nom­mer. Mais le nom de Lord McAlpine, 70 ans, ancien tré­sori­er du Par­ti con­ser­va­teur, cir­cule le jour même sur Twit­ter. Nous sommes alors le 2 novem­bre. Puis pata­tras, le témoin prin­ci­pal dit qu’il s’agit d’une fausse accusation.

Scan­dale. Démis­sion for­cée du directeur général de la BBC le 10 novem­bre et jeu de chais­es musi­cales. Les têtes ont com­mencé à tomber et Twit­ter – tou­jours lui – bruit de rumeurs con­cer­nant la suite des événements.

Le 13 novem­bre, la nou­velle direc­trice de l’information de la BBC, Fran Unsworth, demande à son per­son­nel, via un mail interne, de cess­er de se répan­dre sur Twit­ter con­cer­nant la crise que tra­verse l’entreprise publique.

Lord McAlpine, lui, annonce par l’intermédiaire de son avo­cat qu’il sait qui sont les per­son­nal­ités coupables d’avoir livré son nom en pâture sur Twit­ter, qu’il attend leurs excus­es publiques, et aus­si des répa­ra­tions de la BBC (tout en pré­cisant qu’il va être mod­éré dans ses deman­des parce qu’il est bien con­scient qu’au final, c’est le con­tribuable qui va pay­er via la rede­vance). Un accord à l’amiable est trou­vé avec la BBC, qui accepte de vers­er au Lord calom­nié 185,000 livres. Puis, surenchère le 16 novem­bre : des plaintes en diffama­tion vont être inten­tées con­tre une douzaine de per­son­nal­ités, prin­ci­pale­ment des jour­nal­istes, pour leurs tweets, même effacés ultérieure­ment, et même si ce sont de sim­ples retweets. Le Dai­ly Tele­graph titrait ven­dre­di 16 novem­bre, « It’s time to end tri­al by Twit­ter ». Pour Lord McAlpine et pour ceux qui le sou­ti­en­nent, il faut en finir avec l’impunité sur Twit­ter et les pour­suites dans cette affaire doivent servir d’avertissement.