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Baromètre social des Assises du journalisme par Jean-Marie Charon : moins de monde, plus de précarité

23 mars 2018

Temps de lecture : 2 minutes

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Baromètre social des Assises du journalisme par Jean-Marie Charon : moins de monde, plus de précarité

23 mars 2018

Un moment important des annuelles Assises du journalisme organisées par Jérôme Bouvier est la présentation très professionnelle du Professeur Jean-Marie Charon du Baromètre social de la profession. Cette synthèse a été réalisée avec la collaboration de la Commission de la Carte des journalistes professionnels, la Correspondance de la Presse, du SNJ, de la CFDT,du SNJ-CGT, de l’Observatoire des Métiers de l’Audiovisuel et Audiens.

Un nombre moins élevé de journalistes, plus précaires

35047 cartes de presse ont été attribuées en 2017 con­tre 37307 en 2009 soit une diminu­tion de 6%. Par­al­lèle­ment la pré­car­ité aug­mente avec une pro­por­tion de pigistes (payés à la pièce) + chômeurs qui aug­mente de près de 4% en onze ans. Bien plus, de nom­breuses entre­pris­es con­tour­nent le statut de pigiste via la micro entre­prise voire le méti­er d’intermittent du spec­ta­cle ou encore par les droits d’auteur. Si l’on élar­git aux emplois tous con­fon­dus de la presse écrite (mise en pages, admin­is­tra­tion, impres­sion, dis­tri­b­u­tion etc) la presse écrite dans son ensem­ble a per­du 28% de ses effec­tifs entre 2006 et 2017. La fémin­i­sa­tion de la pro­fes­sion se pour­suit avec près de 47% des cartes de presse féminines.

En par­al­lèle les CLP (cor­re­spon­dants locaux de presse), payés au lance pier­res, ayant par­fois mais pas tou­jours un deux­ième méti­er, sont plus de 26.000. Com­bi­en peu­vent être assim­ilés à des jour­nal­istes ? Sans compter les rédac­teurs dépen­dant de la con­ven­tion Syn­tec, qui sont plusieurs centaines.

Licenciements : moins chez les quotidiens, plus chez les magazines

Si La Voix du Nord va de restruc­tura­tion en réor­gan­i­sa­tion (plus de cent postes sup­primés au total) et si le quo­ti­di­en com­mu­niste La Mar­seil­laise sem­ble très mal en point, en dehors de L’Équipe (25 départs de tech­ni­ciens) il n’y a pas eu de grands plans de diminu­tion des effec­tifs dans les quo­ti­di­ens. Ce n’est pas le cas dans les mag­a­zines, tour à tour Causette, Les Inrocks, L’Obs (45 jour­nal­istes en moins), Mar­i­anne ont subi des baiss­es d’effectifs.

Dans les médias radio-télé Euronews a enreg­istré 80 « départs volon­taires », Radio Ori­ent s’est séparé de la moitié de ses effec­tifs, Radio France a vu des trans­ferts impor­tants vers France Info. La chaîne mar­tini­quaise ATV (54 salariés) est en redresse­ment judi­ci­aire alors que Sport365 et Cam­pagne TV ont cessé d’émettre.

Départ de trentenaires

Alors que les diminu­tions d’effectifs touchaient tra­di­tion­nelle­ment les plus âgés, une pro­por­tion crois­sante de jeunes jour­nal­istes font le choix de quit­ter leur entre­prise soit pour créer leur média soit pour un autre secteur, illus­trant le rac­cour­cisse­ment des car­rières (15 ans en moyenne) et sou­vent une décep­tion de la pra­tique de leur métier.

Synthèse

Car­rières plus cour­tes, moins rémunérées, aug­men­ta­tion de la « zone grise » des statuts incer­tains (et ne subis­sant pas de charges sociales), con­cen­tra­tion aux mains de mil­liar­daires vivant para­doxale­ment des sub­ven­tions publiques pour leurs activ­ités médias, tous ces élé­ments n’incitent ni à l’indépendance d’esprit, ni à l’exercice sere­in de la pro­fes­sion. Un jeune jour­nal­iste sait qu’il peut être rem­placé du jour au lende­main, un moins jeune tient à son poste et à son évo­lu­tion de car­rière, avec de bril­lantes excep­tions certes, mais l’exception n’infirme pas la règle, elle la confirme.

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