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Pigasse, l’affairiste de gauche et propriétaire de médias qui veut « peser » sur 2027

13 mars 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Matthieu Pigasse affirme vouloir « peser le plus pos­si­ble » sur la prési­den­tielle de 2027, sans dire encore à quel titre. De pas­sage sur France Inter, le fon­da­teur du groupe Com­bat revendique une « bataille cul­turelle » con­tre le RN. Reste une ques­tion : jusqu’où un pro­prié­taire de médias peut-il se pos­er en acteur poli­tique sans brouiller les rôles ?

Matthieu Pigasse ne se con­tente plus d’investir dans des entre­pris­es, des fes­ti­vals ou des médias : il annonce désor­mais vouloir peser sur l’élection majeure de 2027. Au micro de France Inter le 14 jan­vi­er 2026, le ban­quier d’affaires avait dit vouloir « peser le plus pos­si­ble sur la prési­den­tielle de 2027 », tout en jugeant « trop tôt » de pré­cis­er « à quelle place ou dans quel rôle ». Et, inter­rogé sur une éventuelle can­di­da­ture, il lâche : « Je n’exclus jamais rien. »

Le « combat culturel » : de la posture à la stratégie

Pigasse présente son engage­ment comme un « enjeu cen­tral » visant à bat­tre le Rassem­ble­ment nation­al, allant jusqu’à soutenir que la gauche serait la « seule alter­na­tive pos­si­ble » − à con­di­tion de s’unir et de « se réap­pro­prier » ses valeurs.

L’homme de finance n’a jamais avancé masqué puisqu’il a tou­jours soutenu la gauche, sol­lic­i­tant même une investi­ture au PS en 2002 (refusée par François Hol­lande). En 2017, il con­fie avoir voté pour Jean-Luc Mélen­chon au 1ᵉʳ tour avant de s’abstenir au second.

Là où la presse de gauche se fait très cri­tique de l’engagement réel ou sup­posé d’un homme d’affaires comme Vin­cent Bol­loré à tra­vers ses médias, Pigasse est épargné avec pour­tant un dis­cours beau­coup plus offen­sif puisque le mul­ti­mil­lion­naire assume sa volon­té de men­er une « bataille culturelle ».

Un poids médiatique et culturel

L’AFP rap­pelle que le groupe Com­bat, fondé par Pigasse, com­prend notam­ment Radio Nova et Les Inrock­upt­ibles, ain­si que des fes­ti­vals « majeurs » comme Rock en Seine. Sur son pro­pre site, Com­bat revendique aus­si un porte­feuille d’événements (Rock en Seine, We Love Green, Route du Rock, etc.), témoignant d’un écosys­tème cul­turel intégré.

Il dis­pose en out­re des par­tic­i­pa­tions via l’actionnariat dans d’autres médias comme le Huff­Post France et dis­poserait d’une par­tic­i­pa­tion résidu­elle dans le Groupe Le Monde (Le Monde, L’Obs, Téléra­ma, etc.) depuis jan­vi­er 2022 lorsqu’il a cédé une grande par­tie de ses actions à Xavier Niel.

Il est en out­re cofon­da­teur du groupe audio­vi­suel Medi­awan en 2015, qui pèse lourd dans les pro­grammes pro­posés sur France Télévi­sions.

Des out­ils puis­sants pour men­er une très hypothé­tique cam­pagne dans un mélange des gen­res sen­si­ble qui con­sis­terait à « peser » poli­tique­ment tout en pos­sé­dant des relais médi­a­tiques et des scènes culturelles.

Dans une cam­pagne déjà sat­urée d’ego et de com­mu­ni­ca­tion, l’irruption d’un ban­quier-pro­prié­taire de médias en quête d’un rôle nation­al n’est pas une sur­prise. Con­traire­ment à Bol­loré à pro­pos de qui il dit : « Tout nous oppose […], à com­mencer par les valeurs », Pigasse pour­rait s’investir per­son­nelle­ment dans un com­bat poli­tique qu’il lorgne depuis longtemps. Le jour­nal Mar­i­anne va jusqu’à affirmer que « Macron lui a volé son rêve poli­tique »… De là à ten­ter sa chance et que la gauche présente un financier mul­ti­mil­lion­naire en 2027, le chemin est encore long, mais dans la cacoph­o­nie actuelle sur les pos­si­bles can­di­da­tures, l’ancien ban­quier a le droit de rêver.

Voir aus­si : Matthieu Pigasse, infographie

Rodolphe Cha­la­mel

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