La commission d’enquête parlementaire sur le service public de l’audiovisuel a fait une victime collatérale. Pour apaiser une rédaction fortement gauchisante et malmenée par l’enquête, la direction de Radio France allume un contre-feu en nommant à la tête de France Inter la très conformiste Céline Pigalle pour succéder à Adèle Van Reeth en butte à l’hostilité d’une partie des journalistes.
Un excellent bilan, mais poussée dehors quand même
Alors que la direction de Radio France salue son « excellent bilan » et « ses audiences historiques », elle rétrograde gentiment sa directrice en la replaçant à l’antenne, bien entendu « à sa demande ». Cette dernière « a accepté d’anticiper son départ », ceci pour que « la préparation de la rentrée 2026/2027 se fasse dans les meilleures conditions ». Embrassons-nous, Folleville.
Une rédaction inquiète pour son entre-soi menacé
Céline Pigalle chapeautait à la fois la direction de l’information de Radio France et celle de ICI, anciennement France Bleue. Agnès Vahramian hérite de la direction de l’information en plus de son poste de responsable de France Info. Pour le réseau ICI aux 44 radios, c’est Laurent Guimier qui en prend la tête après un court séjour dans le groupe médias de l’armateur Rodolphe Saadé.
En juillet 2024, Adèle Van Reeth avait été visée par une motion de défiance signée par 80% des journalistes de France Inter protestant contre le licenciement de l’humoriste autorisé Guillaume Meurice ou la fin de l’émission Le Grand dimanche soir de la gauchiste Charline Vanhoenacker.
Dans un article de Libération, très proche de la rédaction de France Inter, on apprend que des représentants syndicaux du SNJ et de la CGT ont demandé à voir fin janvier 2026 à la fois Adèle Van Reeth et Céline Pigalle. Citons : « On a plaidé en disant qu’il fallait quelqu’un de bienveillant avec la rédaction, qui puisse nous défendre à l’extérieur, face à la commission d’enquête par exemple. » On ne saurait être plus clair…
Avec Céline Pigalle, le SNJ et la CGT vont bénéficier d’une oreille libérale libertaire attentive. Son passage à iTélé où elle s’est heurtée à Vincent Bolloré, son traitement hostile des Gilets jaunes à BFMTV plaident en sa faveur. Du côté de la direction, malmenée par les travaux de la commission d’enquête parlementaire menée au pas de charge par le pugnace Charles Alloncle, on trouve une professionnelle qui saura mener l’information dans le « bon sens » à l’approche d’une élection présidentielle plus imprévisible que jamais.
Voir aussi : Céline Pigalle, portrait
Claude Lenormand


