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Affaire Morandini : après Mabrouk, Laurence Ferrari sort de la réserve et CNews expose des lignes de fracture

31 janvier 2026

Temps de lecture : 3 minutes
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Affaire Morandini : après Mabrouk, Laurence Ferrari sort de la réserve et CNews expose des lignes de fracture

Temps de lecture : 3 minutes

Affaire Morandini : après Mabrouk, Laurence Ferrari sort de la réserve et CNews expose des lignes de fracture

Après la con­damna­tion défini­tive de Jean-Marc Moran­di­ni pour cor­rup­tion de mineurs, dans une affaire traî­nant depuis une décen­nie déjà, CNews main­tient son ani­ma­teur à l’antenne. Sonia Mabrouk a brisé la dis­ci­pline de plateau, puis Lau­rence Fer­rari a, à son tour, pris ses dis­tances. Reste un malaise autour du main­tien de l’animateur con­damné tan­dis qu’une nou­velle affaire pour­rait un peu plus ternir l’image de la chaîne.

Du juridictionnel au réputationnel

La con­damna­tion est désor­mais entérinée par la Cour de cas­sa­tion, mais le choix édi­to­r­i­al et man­agér­i­al demeure inchangé : Moran­di­ni con­tin­ue d’occuper sa tranche.

Ce main­tien, assumé par Canal+ selon plusieurs médias, trans­forme un dossier judi­ci­aire en risque répu­ta­tion­nel durable pour la chaîne et oblige ses fig­ures à se posi­tion­ner, par­fois à contrecœur.

Ferrari : empathie pour les victimes, loyauté pour l’employeur

Longtemps silen­cieuse après la déci­sion, Lau­rence Fer­rari a fini par s’exprimer dans Le Parisien : elle dit se tenir « aux côtés des vic­times », tout en revendi­quant une « loy­auté pro­fes­sion­nelle totale » et en exclu­ant toute démarche visant à écarter Moran­di­ni. Une prise de parole toute cal­i­brée : con­damna­tion morale, mais pas de remise en cause interne.

Mabrouk, premier accroc public dans le « bloc » CNews

Avant Fer­rari, Sonia Mabrouk avait déjà exposé un trou­ble rare à l’antenne, expli­quant ne « pas en dormir » et rap­pelant que « la jus­tice française est passée », tout en ren­voy­ant la déci­sion à la direction.

Le fait qu’une tête d’affiche ver­balise ce malaise publique­ment a ouvert une séquence où le silence deve­nait plus coû­teux que la prise de parole. En revanche aucune prise de dis­tance n’a été suiv­ie d’une démission.

Le revirement de Pascal Praud et la condamnation en forme de service minimum

Le cas Pas­cal Praud illus­tre les ten­sions de ligne. Dans Le Monde, il ser­monne en creux les « dis­si­dents » : « si tu n’es pas con­tent, tu t’en vas ». Puis, sur X, il affiche sa sol­i­dar­ité avec Mabrouk (« mots justes », il aurait pu dire « qua­si­ment les mêmes paroles »), geste aus­sitôt appuyé par Eugénie Bastié du Figaro, habituée aux plateaux de CNews.

Dif­fi­cile de ne pas y voir un ajuste­ment : préserv­er l’image de la chaîne sans désavouer la direc­tion ni Moran­di­ni. Chris­tine Kel­ly, engagée con­tre les vio­lences faites aux enfants, est, elle, apparue dans une émis­sion de Moran­di­ni après sa condamnation.

Une fracture qui peut peser dans les mois à venir

Chaîne à suc­cès, CNews pour­rait con­naître un ralen­tisse­ment avec cette affaire. Une par­tie de son audi­ence admet volon­tiers des con­damna­tions, con­sid­érées comme poli­tiques, de l’Arcom mais pour­rait se mon­tr­er bien moins tolérante face à un lax­isme de la direc­tion vis-à-vis d’un con­damné pour cor­rup­tion de mineurs. Pre­mière réac­tion d’ampleur, le prési­dent du RN Jor­dan Bardel­la a intimé aux mem­bres de son par­ti de ne plus se ren­dre sur le plateau de l’animateur.

Une affaire arrivant rarement seule, la chaîne d’information doit aus­si faire face à un nou­veau prob­lème : son directeur de l’information Thomas Baud­er a été con­damné pour des vio­lences sur ses trois enfants (entre 2017 et 2023) à qua­tre mois de prison avec sur­sis. Une con­damna­tion datée de décem­bre 2025 et révélée bien oppor­tuné­ment par Medi­a­part à la fin du mois de jan­vi­er 2026 en pleine affaire Morandini.

Voir aus­si : Lau­rence Fer­rari, portrait

Rodolphe Cha­la­mel