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Zéphyr, le petit nouveau magazine qui veut devenir grand

Passer de la toile au papier, c’est toujours une aventure. Certains s’y sont brûlés les ailes comme feu Bakchich qui n’a pas résisté au passage à l’imprimé. C’est ce que tente une équipe de journalistes (Philippe Lesaffre, Jacques Tiberi, Jérémy Felkowski, Floriane Salgues) en sortant Le Zéphyr n°1, un numéro consacré au journalisme.

Alternant de courts portraits (Florence Aubenas, Anna Politovskaia, un journaliste guinéen exilé…) avec des articles plus conséquents, le magazine se présente sous un format ramassé, proche de la brochure.

Journalisme et gastronomie

Dans un succulent article, Jacques Tiberi fait revivre Maurice-Édouard Saillant dit Curnonsky dont tout le monde a oublié qu’il était journaliste. On peut y apprendre que son pseudonyme fut choisi lors d’une conversation avec Pierre Louÿs et Alphonse Allais. D’abord chroniqueur mondain (pour Le Journal) et romancier comique, il vire à la critique gastronomique. Avec un journaliste suisse il lance le premier guide des restaurants, La France gastronomique, publiée en trente volumes dans les années 20. Il fonde en 1928 l’Académie des gastronomes tout en publiant à la chaîne des ouvrages de cuisine. Il décernera le titre de meilleur cuisinier du monde à la Mère Blanc (dont Bocuse se réclamera). Il lancera la première revue dédiée à la cuisine, Cuisine et vins de France. Il meurt en 1956, tombé de la fenêtre de son appartement dont il ne sortait plus, suicide ou accident.

Fake news et éducation du public

Un papier consacré à Benoit Raphaël annonce une vision plus inquiétante du journalisme. Loin de vouloir apporter de l’information celui-ci veut transformer les médias en « écoles ». Privilégiant les circuits courts de l’information (une idée que personne ne contestera), il veut construire un robot chasseur d’infos de qualité via l’intelligence artificielle et les algorithmes. Ces robots devront déceler des « valeurs » car la « prochaine mission du journalisme ne sera plus simplement d’informer mais de conseiller et de former les lecteurs ». On voit Le Meilleur des mondes d’Huxley s’avancer à grands pas. Une conception normative du journalisme qui paraît plus militante que professionnelle.

Par indulgence nous ne parlerons pas de l’article L’école de la plume consacré au lamentable CLEMI, sans distance avec son sujet.

La revue est disponible sur abonnements, 4 numéros par an, 50€ sur www.lezephyrmag.com/librairie

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Claude Chollet
Président de l'Ojim

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