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Pub­lié le 18 novembre 2013 | Éti­quettes : ,

Un homme armé prend d’assaut Libération

Un homme armé est entré ce lundi matin au siège du journal Libération. Il a tiré plusieurs coups de feu à l’aide d’un fusil à pompe ou d’un fusil de chasse avant de prendre la fuite.

Vers 10h15, il ouvre le feu sur un assistant-photographe, extérieur à Libération, qui venait assister le photographe Laurent Bochet lors d'une séance pour le supplément Next. Celui-ci, prénommé César, est grièvement blessé à l’abdomen et au thorax et son pronostic vital est engagé. Selon François Sergent, directeur adjoint de la rédaction de Libération, l’homme a usé d’un fusil à « canon scié », « touchant le photographe dans le dos ».

Une heure plus tard, un homme au profil similaire ouvre le feu sur l’entrée de la tour de la Société Générale à la Défense. Plusieurs vitres sont brisées mais aucun blessé n’est à déplorer. « J’étais en bas en train de fumer une cigarette quand tout à coup j’ai entendu un énorme pétard. J’ai vu ce type avec une casquette, son fusil à la main, un fusil à pompe », déclare un témoin, Francisco Alvarez.

Vers 13h30, un automobiliste est pris en otage à Nanterre et dépose l’homme armé devant l’hôtel Georges V sur les Champs-Élysées. Ce dernier, qui serait le même que le tireur de Libération et de la Société Générale, a ensuite disparu dans le métro.

Selon BFM TV, il s’agirait bien du même homme qui avait fait irruption dans leurs locaux vendredi dernier. Armé et de profil similaire, il avait menacé un journaliste et un rédacteur en chef. « La prochaine fois je ne vous louperai pas », avait-il prévenu avant de quitter les lieux d’un pas calme et déterminé.

L’homme aurait la quarantaine et serait vêtu d’une longue parka vert-kaki. Il porte un sac en bandoulière et une casquette. Le site de Jean-Marc Morandini le qualifie déjà de « crâne rasé » (alors que la casquette ne permet pas d’en savoir plus). Selon certaines sources, il serait « lourdement armé » et équipé d’un « fusil et de grenades ». Les recherches se poursuivent intensivement dans la capitale et un hélicoptère a même été mobilisé pour la traque. En attendant l’arrestation du suspect, la protection des sièges des grands médias a été renforcée.

Un homme armé prend d’assaut Libération

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Les réactions

Depuis le drame, les réactions se multiplient dans les médias et les chaînes d’information en continue tournent à plein régime. Dans un communiqué, François Hollande a fait part de son « émotion » et a « demandé au ministre de l’Intérieur de mobiliser tous les moyens pour éclaircir les circonstances de ces actes et arrêter le ou les auteurs. »

« Dans ce hall d'entrée de Libération, il y a eu une scène de guerre qui n'a rien à voir avec la démocratie. Ce drame touche bien sûr la rédaction de Libération mais aussi tous les journalistes de notre pays et nos compatriotes. (…) Il ne peut y avoir de place pour ceux qui s'attaquent aux libertés fondamentales », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, présent devant le siège de Libération. Le directeur de la publication de Libé, Nicolas Demorand, a fait part de son inquiétude : « On est les témoins horrifiés d’un drame. Quand on entre avec un fusil dans un journal, dans une démocratie c’est très très grave, quel que soit l’état mental de cette personne. » Et celui-ci d’ajouter : « Nous ne voulons pas travailler avec un rideau pare-balles. » De son côté, Fabrice Rousselot, directeur de la rédaction, a dénoncé sur BFM TV un certain « climat (…) depuis qu'on a pris position contre le racisme ». La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a pour sa part avancé qu’il s’agissait de « la première fois qu’un organe de presse est ainsi frappé », oubliant au passage les attaques contre le journal Minute, ennemi juré du moment : incendie criminel en 1963, bombe en 1971, paquet piégé en 1972, et attentat à la bombe d’Action Directe en 1985. Une conférence de presse se tiendra au siège de Libération à 18h, a annoncé Nicolas Demorand. Une cellule psychologique a été mise en place pendant que la traque de l’homme armé se poursuit toujours dans Paris.

 

Crédit photo : Anaëlle Grondin via Twitter (DR)

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