Accueil | Actualités | Médias | Quand médias prennent leurs désirs pour la réalité
Pub­lié le 24 août 2013 | Éti­quettes : , , , , , ,

Quand médias prennent leurs désirs pour la réalité

La photo a fait le tour du monde, unanimement saluée. « Les relayeuses affirment ainsi leur opposition à la nouvelle loi russe qui interdit "la propagande de l'homosexualité" », estimait francetvinfo.fr. « Le baiser de deux athlètes russes ne devrait pas plaire à Vladimir Poutine », titrait le Huffington Post. « Les deux femmes se sont embrassées sur la bouche, défiant ouvertement le président russe Vladimir Poutine et sa loi qui sanctionne tout acte de "propagande homosexuelle" », s'enthousiasmait Le Point. « Quand la politique s'invite dans le sport » affirmait L'Express.

Plus prudent, Le Monde posait la question : « défi ou manifestation de joie spontanée ? » Mais le quotidien du soir donnait une réponse en utilisant la photo des athlètes pour illustrer un article dénonçant l'homophobie en Russie.

Enfin, « après le poing levé de Tommie Smith et John Carlos à Mexico en 1968, le geste de Tatyana Firova et Kseniya Ryzhova risque de marquer les esprits », prévoyait RTL.

Effectivement, le geste a marqué les esprits, mais pas tout à fait dans le sens espéré par Raphaël Bosse-Platière, le journaliste de la radio et l'ensemble de ses confrères...

En effet, deux jours plus tard, les deux athlètes russes concernées, Kseniya Eyzhova et Yulia Gushina, s'estiment « offensées par la réaction de la presse occidentale à la photo où elles s'embrassent », selon une dépêche de l'agence russe Ria Novosti. « C'est une fantaisie malsaine du photographe qui nous a pris », déclare même Gushina. Rien de politique, rien de contestataire ou de subversif dans ce baiser, simplement la joie de deux jeunes femmes qui reçoivent une médaille d'or aux championnats du monde.

En bref, un beau raté pour la presse internationale et notamment la presse française... Pour le moment, à notre connaissance, aucun journaliste n'a présenté ses excuses à ses lecteurs ou auditeurs pour cette désinformation manifeste.

Source : Ria Novosti - crédit photo : DR

Puisque vous êtes là, une minute d’attention s’il vous plaît…

Appels aux dons

…nous avons une petite faveur à vous demander. Vous êtes chaque jour plus nombreux à nous lire. Le travail de l’Observatoire du journalisme (Ojim) est unique. Chaque jour nous contribuons à « vous informer sur ceux qui vous informent », à nous battre pour la liberté d’expression, pour le pluralisme dans les médias, contre les censures.

Tout ceci se fait avec une petite équipe motivée, certains sont bénévoles mais la plupart sont des journalistes indépendants ou des étudiants en journalisme qui sont rémunérés. La majorité des rédacteurs, le webmestre, le manager des réseaux sociaux, l’infographiste, le vidéaste, le dessinateur sont rémunérés. Nous aider c’est préserver notre indépendance et conforter une voix attaquée en justice par Ramzi Khiroun, numéro 2 du groupe Lagardère, pour nous faire taire. Votre don est éligible à un reçu fiscal de 66%. Un don de 50 € ne vous coûtera que 16 €. Un don de 100 € vous revient à 33 €. Un don même minime est un encouragement, cela ne vous prend qu’une minute. D’avance merci !

Claude Chollet
Président de l'Ojim

Share This