Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Pourriol balance sur le Grand Journal
Publié le 

15 avril 2013

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Pourriol balance sur le Grand Journal

Pourriol balance sur le Grand Journal

« Toi, un jour, tu vas écrire un livre pour te venger. Tu par­leras du nain qui t’empêchait de faire des cita­tions et de l’abru­ti qui cor­rigeait toutes tes phras­es. Tu vas pas nous rater. »

Cette phrase a été adressée par l’un des patrons du Grand Jour­nal de Canal + à Ollivi­er Pour­riol, ancien chroniqueur. Ce dernier l’a prise au mot. Il pub­lie ce mois-ci un livre, « On/off » (ed. NiL)dont puremedias.com pub­lie quelques extraits – où il révèle les couliss­es peu reluisantes de l’émission star de la chaîne cryp­tée. Engagé pour être l’intello de ser­vice, Pour­riol va rapi­de­ment remar­quer qu’il n’est pas à sa place – et qu’il n’a pas sa place – sur le plateau du roi de l’infotainment, Michel Denisot.

« On n’a pas de place pour une chronique, c’est à toi de pren­dre la parole » lui assène-t-on d’entrée de jeu. « Tu ne peux pas deman­der une chronique comme ça (…) Tu vois la plage ? Quand tu arrives trop tard et que tout le monde a déjà étalé sa servi­ette. Là, c’est pareil. Pass­er de l’huile dans le dos de ta voi­sine. Aller chercher une glace au maître nageur. Devenir pote avec le mec des para­sols. Te ren­dre agréable. Indis­pens­able mais pas trop », pour­suit dans la fine métaphore l’un des mem­bres de l’émission.

L’oreillette accom­pa­gne cha­cune de ses élo­cu­tions. « Trop court », « trop long », « tu n’as pas posé ta ques­tion »… Sans par­ler des coupures de son micro lorsque ce n’est pas à son tour de par­ler. On lui con­seille d’« avoir le réflexe de com­mencer à par­ler avant d’avoir quelque chose à dire », ou encore de par­ler plus fort que les autres ou sur les applaud­isse­ments. Des cita­tions de philosophes ou d’auteur ? C’est non. C’est « exclu­ant » pour le téléspec­ta­teur…

« Fais ce qu’on te dit, ce sera plus sim­ple. Fais-nous con­fi­ance. Il faut finir par une ques­tion. C’est comme ça, c’est le for­mat », lui souf­fle-t-on. Con­cer­nant les trois livres par jour qu’il doit lire et com­menter, tâche impos­si­ble, on lui fait savoir : « per­son­ne ne te demande de les lire (…) Tu peux le respir­er, le livre. » Un chroniqueur lui donne une astuce de haute volée : « Je lis la pre­mière page, la dernière page et la page 100. Comme ça, je con­nais le début, la fin. Et si on par­le du livre, je par­le de la page 100. Quelqu’un qui arrive à la page 100, c’est qu’il a lu le livre. »

Puis, mis­sion lui est con­fiée d’être plus caus­tique pour con­tre­bal­ancer la véri­ta­ble ten­dance au lus­trage de Michel Denisot. « Si tu l’é­coutes, tout est for­mi­da­ble. Aucun esprit cri­tique, jamais », lui explique un adjoint de la rédac­tion. Aus­si, on le prévient, vis-à-vis des salaires astronomiques con­sacrés à ce genre d’exercice, de se « sou­venir de sa vie d’avant ». Un col­lègue lui con­fie touch­er « le loto chaque mois ». Pour­riol est « miné ». L’émission ne lui con­vient pas, et lui-même sait qu’il ne con­vient guère plus. « Il faut être dif­férent, mais pas trop, c’est quand même de la télé », lui explique l’un des patrons de la chaîne.

Devant sa détresse crois­sante, Jean-Michel Aphatie le con­seille : « sois moins cérébral… » Pour­riol ne sera pas recon­duit. « Si tu te fais vir­er, ce ne sera pas parce que tu as été mau­vais, mais que l’in­tel­li­gence, on n’en a rien à foutre », lui a souf­flé un ancien de l’émission. Au final, Ollivi­er Pour­riol aura été trop intel­lo pour les bobos… Il avouera n’avoir « jamais autant gag­né d’ar­gent à rien foutre ». Belle expéri­ence…

Crédit pho­to : cap­ture d’écran TéléObs via Youtube

Sur le même sujet

Related Posts

None found

Téléchargement

Poubelle la vie :
un dossier exclusif

Cela dure depuis quinze ans et diffuse chaque soir tous les stéréotypes « progressistes » les plus éculés...
Après le dossier Yann Barthes, voici un dossier exclusif sur la série Plus belle la vie alias “Poubelle la vie”, machine de guerre idéologique du monde libéral libertaire.
Pour le recevoir rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66 %).

Derniers portraits ajoutés

Étienne Gernelle

PORTRAIT — « C’est le sys­tème de Franz. Il jette des gens dans un aquar­i­um puis il regarde com­ment ça se passe. » Entré au Point en 2001, Éti­enne Ger­nelle est une pure expéri­men­ta­tion de Franz-Olivi­er Gies­bert.

Michel Cymes

PORTRAIT — “Ani­ma­teur préféré des téléspec­ta­teurs” plusieurs années durant, le doc­teur Michel Cymes est une star de la vul­gar­i­sa­tion médi­cale, que ce soit sur le petit écran ou à la radio. Il est à nou­veau sur le devant de la scène à l’oc­ca­sion de l’épidémie de coro­n­avirus.

Christophe Barbier

PORTRAIT — Ex-Patron de L’Express (2006–2016), Christophe Bar­bi­er a ren­du omniprésents dans le débat pub­lic sa sil­hou­ette svelte et son écharpe rouge. Est-il vrai­ment de gauche, comme il l’a longtemps soutenu ?

Cyrille Eldin

PORTRAIT — Né au Ches­nay, près de Ver­sailles, en mai 1973, Cyrille Eldin est un acteur et ani­ma­teur français. Il accède à la célébrité en 2016, lorsqu’il rem­place Yann Barthès à la tête du « Petit Jour­nal » sur Canal Plus.

Christophe Alévêque

PORTRAIT — Né le 29 octo­bre 1963 au Creusot (71), Christophe Alévêque est un humoriste « engagé » à gauche. Il fait par­tie depuis 2016 du pool d’hu­moristes offi­ciels de France Inter, mis­sion­nés pour démolir, avec l’ar­gent du con­tribuable, les enne­mis poli­tiques et idéologiques de l’État social­iste.

"Le partage, c'est le secret du bonheur."

Sylvain Augier, reporter, animateur de radio et de télévision