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Marie Mendras

State Department” à votre service

Marie Mendras n’est pas une journaliste au sens classique du terme, c’est une « chercheuse » dont l’influence sur les médias traitant du monde russe est certaine. Véritable miroir du Département d’État américain, sa place médiatique lui permet de figurer dans la galerie de l’Ojim.

Née en 1957, Marie Men­dras est chercheur au CNRS et au Cen­tre d’études et de recherch­es inter­na­tionales. Spé­cial­iste de la poli­tique russe, elle est pro­fesseur à Sci­ences Po Paris où elle enseigne notam­ment la poli­tique étrangère russe.

C’est la fille du grand soci­o­logue Hen­ri Men­dras, con­nu pour son étude sur la fin du monde paysan en Avey­ron en 1967 et la petite-fille du colonel Men­dras, qui fut, en 1933, le pre­mier attaché mil­i­taire français en URSS. Ce dernier a fait du ren­seigne­ment, est rus­sophile et rus­so­phone. « Agnos­tique, atyp­ique, féru de lit­téra­ture russe, con­fi­dent de Vorochilov », il avait pour mis­sion de tenir au courant l’état major des armées de la réal­ité de l’Armée rouge, de ses évo­lu­tions et de son poten­tiel mil­i­taire, et de créer des coopéra­tions. Mais jusqu’à la sig­na­ture du pacte fran­co-sovié­tique le 2 mai 1935, il reste isolé et sans pou­voirs réels. Cepen­dant, grâce à la coopéra­tion ini­tiée, les sovié­tiques for­ment les pre­miers mil­i­taires français au para­chutisme, dont Frédéric Geille, qui suit en 1935 en URSS un stage de moni­teur para­chutiste. A son retour, il organ­ise à Pujaut, non loin d’Avignon, le cen­tre d’instruction de para­chutisme de l’Armée de l’air dont il prend le com­man­de­ment, et qui fit naître à Reims le 1er avril 1937 le 601e G.I.A, pre­mière unité para­chutiste de l’Armée de l’Air, con­sti­tuée sur le mod­èle d’unités sim­i­laires sovié­tiques.

Présente dans les grands médias au titre d’expert sur la Russie, Marie Men­dras véhicule un dis­cours uni­voque – et très cri­tique envers le pou­voir russe actuel – qui sem­ble traduire fidèle­ment un engage­ment idéologique très clair au ser­vice de la mon­di­al­i­sa­tion anglo-sax­onne, à l’unisson de ses col­lab­o­ra­tions pro­fes­sion­nelles. A l’image des Cas­san­dre de l’Antiquité, elle tire son gagne-pain de l’annonce – sans cesse repoussée par la réal­ité – de l’effondrement de la Russie de Pou­tine.

Formation

Marie Men­dras a fait ses études à l’université d’Essex, à Sci­ences Po, à l’INALCO, à la School of Advanced Inter­na­tion­al Stud­ies de l’université Johns Hop­kins et à l’université Har­vard. Elle est doc­teur en sci­ences poli­tiques.

Parcours professionnel

De 1983 à 1991, elle a été con­sul­tante au Cen­tre d’analyse et de prévi­sion du min­istère des Affaires Etrangères, puis con­sul­tante à la délé­ga­tion aux affaires stratégiques du min­istère de la défense de 1992 à 1998.

Elle a fait par­tie des délé­ga­tions par­lemen­taires français­es auprès de l’Office pour les Droits de Homme et les Insti­tu­tions Démoc­ra­tiques (OSCE) lors des élec­tions russ­es de 1993, 1995, 1999, 2000 et 2003.

De 2008 à 2010, elle était pro­fesseur au départe­ment de sci­ence poli­tique de la Lon­don School of Eco­nom­ics, bas­tion du néolibéral­isme. Dans les années précé­dentes, elle a enseigné à l’Université Paris I (Pan­théon-Sor­bonne), Paris X (Nan­terre), Lou­vain, mais aus­si à l’École des mines et au MGIMO à Moscou. Le MGIMO est un étab­lisse­ment d’enseignement supérieur russe qui forme les diplo­mates et les spé­cial­istes des rela­tions inter­na­tionales.

En 2010, elle a été (briève­ment) direc­trice de la prospec­tive du min­istère des Affaires étrangères. Elle a été débar­quée avec pertes et fra­cas (lire plus bas), après avoir essuyé les cri­tiques de nom­breux experts et causé le départ d’autres. Le média Rue89, à l’époque indépen­dant et proche du cen­tre-gauche, avait alors con­fir­mé cette démis­sion for­cée tout en démen­tant par­tielle­ment les cri­tiques des chercheurs à son encon­tre.

Elle est aus­si pro­fesseur et chargée de recherch­es à Sci­ences Po Paris et poli­to­logue au CNRS. En 2014, inter­pel­lé par de nom­breux lecteurs sur les men­songes qu’elle proférait en se présen­tant comme chercheuse au CNRS, Alain Fuchs, directeur du CNRS, répondait à Olivi­er Berruy­er : « Mon­sieur, il ne faut pas con­fon­dre avec une pro­duc­tion sci­en­tifique. Cela ne regarde donc pas le CNRS », ce qui fit répon­dre à Olivi­er Berruy­er : « Donc l’utilisation du titre de chercheur du CNRS pour tromper le pub­lic “ne regarde donc pas le CNRS” – j’en con­clus que la valeur de cette mar­que doit donc être con­sid­érée comme nulle par l’institution. C’est bon à savoir – et mer­ci à M. Fuchs de le pré­cis­er ».

Mem­bre asso­cié du Rus­sia and Eura­sia Pro­gramme, elle fait par­tie du cer­cle de réflex­ion Chatham House. Celui-ci est le frère jumeau d’un autre cer­cle de réflex­ion améri­cain, inti­t­ulé Coun­cil of For­eign Rela­tions. Ce con­seil « est spé­cial­isé dans la poli­tique étrangère et les affaires inter­na­tionales. Ses mem­bres sont des poli­tiques impor­tants, il compte douze secré­taires d’état, des directeurs de la CIA, des ban­quiers, des juristes, des pro­fesseurs, de grandes fig­ures médi­a­tiques. Il promeut la glob­al­i­sa­tion (mon­di­al­i­sa­tion), le libre échange, la réduc­tion des régu­la­tions finan­cières pour les organ­ismes transna­tionaux et les grands groupes économiques, la con­sol­i­da­tion des ensem­bles tels que l’UE ou le traité de libre échange nord améri­cain et pro­duit des recom­man­da­tions qui reflè­tent ces pris­es de posi­tions ».

Au CERI (Cen­tre d’Études sur les Recherch­es Inter­na­tionales) où elle est poli­to­logue, Marie Men­dras con­duit des recherch­es sur le sys­tème poli­tique russe, les élites et la société, ain­si que sur la rela­tion de la Russie à l’Europe. Elle ani­me l’Observatoire de la Russie qui organ­ise des sémi­naires et pro­duit des études dans les domaines de la poli­tique intérieure et de la poli­tique extérieure de la Russie et de ses voisins.

En 2015–16 elle a par­ticipé à un pro­jet d’étude de la Transat­lantic Acad­e­my, sur les poli­tiques améri­caines et européennes vis-à-vis la Russie. Autre organ­isme améri­cain, la Transat­lantic Acad­e­my de Wash­ing­ton est « un insti­tut dans lequel des uni­ver­si­taires et des experts en poli­tique d’Europe et d’Amérique du Nord analy­sent ensem­ble les défis de la com­mu­nauté transat­lan­tique ».

Très cri­tique envers l’actuel pou­voir russe, elle se fend régulière­ment de tri­bunes dans les médias français pour le cri­ti­quer et met­tre en lumière ce qu’elle con­sid­ère comme ses faib­less­es :

Cepen­dant cer­taines de ces tri­bunes exposent des con­tre-vérités fla­grantes – par exem­ple l’absence de sou­tien pop­u­laire mas­sif à Pou­tine (con­traire­ment à Hol­lande qui est à… 4% d’opinions favor­ables, Pou­tine dépasse les 80%) ou le ren­force­ment de la Russie après la péri­ode Elt­sine certes con­forme aux idéaux du libéral­isme, mais cat­a­strophique pour les russ­es appau­vris, sociale­ment déclassés et con­fron­tés à une explo­sion des iné­gal­ités, du chô­mage et des ten­sions intereth­niques. Cepen­dant, ce n’est pas dans les médias français – sou­vent peu au fait de la sit­u­a­tion en Russie quand ils ne sont pas ouverte­ment rus­so­phobes – qu’elle se ver­ra con­tredire.

Parcours militant

Non ren­seigné

Collaborations

  • mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Esprit qui essaye de faire naître une troisième gauche entre cap­i­tal­isme libéral et marx­isme
  • mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Pro et con­tra (Moscou), des­tinée aux uni­ver­si­taires, à paru­tion trimestrielle et financée par le cen­tre Carnegie (USA) et arrêtée en mai 2014. Son rédac­teur-chef était, depuis 2004, Marie Lip­man, employée comme « expert » par le cen­tre Carnegie de Moscou, directe­ment financé par les Etats-Unis. Elle est main­tenant le rédac-chef du jour­nal Con­tra­punkt, qui paraît sous le patron­age de l’EURUS (Insti­tut pour les études européennes, russ­es et asi­a­tiques) et de l’université George Wash­ing­ton.

Selon Maria Lip­man elle-même, le pou­voir russe n’a rien à voir avec la fer­me­ture du jour­nal. Celle-ci serait motivée par « la volon­té du cen­tre Carnegie et de l’organisation de tutelle à Wash­ing­ton de rénover les formes de leur tra­vail. C’est sans doute un proces­sus inévitable : le change­ment de for­mat, la réno­va­tion, l’adaptation à de nou­veaux for­mats et de nou­veaux moyens pour présen­ter les choses à nos lecteurs ». Cette revue intel­lectuelle était égale­ment soutenue par la fon­da­tion MacArthur et était dif­fusée gra­tu­ite­ment en for­mat papi­er.

  • Asso­ciate fel­low (sélec­tion­né par l’auteur) du Rus­sia and Eura­sia Pro­gramme du think tank Chatham House. Ce dernier, plus con­nu sous l’appellation Roy­al Insti­tute of Inter­na­tion­al Affairs (RIIA), dépend du Roy­aume-Uni où il a été créé en 1920. C’est l’équivalent anglais du Con­seil des rela­tions étrangères (US) dont il est le frère jumeau. Comme lui, il réu­nit dis­crète­ment les per­son­nes des milieux financiers, poli­tiques, médi­a­tiques, indus­triels, syn­di­caux, intel­lectuels et uni­ver­si­taires par­mi les plus influ­ents. Vecteur du libéral­isme et du mon­di­al­isme, ce cer­cle de réflex­ion a don­né son nom à une règle oblig­eant ses par­tic­i­pants à garder secrètes l’identité des par­tic­i­pants aux réu­nions du RIIA, ain­si que les sources d’informations. Les par­tic­i­pants sont libres de repren­dre les infor­ma­tions qui cir­cu­lent au sein du cer­cle mais ne doivent pas citer leur source. Cette règle est aus­si util­isée par un autre vecteur du mon­di­al­isme, net­te­ment plus con­nu, le groupe Bilder­berg.
  • Elle est régulière­ment invitée sur France Info, aux émis­sions Un jour dans le monde (depuis 2014), Ils changent le monde (2014), le Télé­phone sonne (2014), etc.
  • Elle est mem­bre du con­seil de l’Institute for Law and Pub­lic Pol­i­cy (Moscou), régulière­ment financé par la fon­da­tion Mac Arthur. Cette fon­da­tion, créée en 1978, a com­mencé à tra­vailler en Russie en 1991, dès l’effondrement de l’URSS, afin de soutenir des organ­ismes qui, à pri­ori, défendaient les droits de l’homme et la démoc­ra­tie. Eti­quetée « agent de l’étranger » depuis 2012 par le pou­voir russe – cette dis­tinc­tion con­cerne les organ­i­sa­tions non  lucra­tives qui reçoivent une grande par­tie de leur bud­get d’organismes étrangers et/ou e font les pro­mo­teurs d’un état ou d’un organ­isme étranger –, cette fon­da­tion spon­sorise cepen­dant des vecteurs d’influence pro-améri­cains et occi­den­taux, selon le blogueur patri­ote Dmit­ry Belyaev. Par­mi ceux-ci, qu’il liste, le cen­tre Carnegie de Moscou – qui reçoit notam­ment 300 000 $ pour la revue Pro et Con­tra qu’il édite.
  • Elle fait aus­si par­tie de l’EU-Russia Cen­tre (Brux­elles). Par­mi ses fig­ures de proue, on trou­ve Pad­dy Ash­down, ancien leader du par­ti libéral-démoc­rate du Roy­aume-Uni, ou encore Gün­ther Burghardt, haut fonc­tion­naire européen, chef de la délé­ga­tion de l’UE auprès des États-Unis de 2000 à 2004, con­seiller spé­cial pour l’élargissement de l’UE chargé des ques­tions balka­niques, mem­bre de nom­breux cer­cles de réflex­ion améri­cains dont le Transat­lantic Pol­i­cy Net­work et l’Amer­i­can Cham­ber of Com­merce to the EU.
  • Les 17 et 18 octo­bre 2003 elle a organ­isé sous l’égide du cen­tre d’études fran­co-russe de Moscou une con­férence inti­t­ulée « Elec­tions et com­porte­ments élec­toraux », avec des poli­to­logues des Uni­ver­sités de Lille et de Greno­ble, ain­si que l’association russe de la pen­sée poli­tique.

Publications

Livres
  • Russ­ian Pol­i­tics. The Para­dox of a Weak State, Hurst, Lon­don, & Colum­bia Uni­ver­si­ty Press, New York, 2012, 349 p.
  • L’envers du pou­voir, Odile Jacob, Paris, 2008, 340 p.
  • Com­ment fonc­tionne la Russie ? Le poli­tique, le bureau­crate et l’oligarque, ed., Paris, CERI/Autrement, 2003, 124 p.
  • Un État pour la Russie, (dir.), Brux­elles, Com­plexe, (Coll. « Espace inter­na­tion­al « ),1992, 145 p.
Chapitres de livres ou d’ouvrages collectifs ou articles de revues (non exhaustif)
  • Russ­ian Elites Are Wor­ried : The Unpre­dictabil­i­ty of Putin­ism [les élites russ­es s’inquiètent de l’imprévisibilité du pou­tin­isme], revue de la Transat­lantic Acad­e­my, juin 2016
  • « Rus­sia-France : A strained Polit­i­cal Rela­tion », Russ­ian Ana­lyt­i­cal Digest, No. 130, 1 July 2013, p. 2–8.
  • « Rus­sia. The End of a World Pow­er », chap­ter to be pub­lished in Jacques Rup­nik, ed. 1989. The Year the World Changed, Rout­ledge, 2013.
  • « Pou­tine IV : une vic­toire à l’arraché », N. 384, Esprit, mai 2012, p. 121–124.
    « Vingt ans après. La Russie et la quête de la puis­sance », Com­men­taire, N° 136, hiv­er 2011–2012.
  • « Pou­tine empêtré », Esprit, N. 381, jan­vi­er 2012, p. 147–150.
  • « Le pou­voir con­tre l’Etat de droit », in Gilles Favarel-Gar­rigues et Kathy Rous­se­let, La Russie con­tem­po­raine, Fayard, 2010, p. 103–116.
  • « Le 2 décem­bre de Vladimir Pou­tine. L’unanimisme en marche », (avec D. Orechkine et J-C. Lalle­mand) Esprit, N. 341, jan­vi­er 2008, pp. 136–154
  • « Anna ou la dénon­ci­a­tion de la vio­lence », in Hom­mage à Anna Politkovskaïa, Buchet/Chastel, 2007, p. 165–178.
  • « Le citoyen en dan­ger. Droits de l’Homme et lib­ertés dans la Russie pou­tini­enne », Etudes du Par­lement européen, PE.385.539, novem­bre 2007, 30 pages (dif­fusée en trois ver­sions: française, anglaise et russe)
  • « Back to the Besieged Fortress », in Alek­san­dr Smo­lar, ed., Putin’s empire, Bato­ry Foun­da­tion, Varso­vie, 2007, p. 145–160 (ver­sion polon­aise, et ver­sion anglaise)
  • « La Russie de Pou­tine », dir., Pou­voirs, N. 112, 2005, 152 p.
  • « Слабое государство и сильная администрация : к оценке российской бюрократии» [État faible et admin­is­tra­tion puis­sante : une éval­u­a­tion de la bureau­cratie russe], in Tatiana Zaslavska­ia (dir.), Kuda prich­la Rossia ? [Où est arrivée la Russie ?], Édi­tions Intert­sen­tr, Moscou, 2003, p. 47–51
  • « Social Change in Rus­sia », La revue Tocqueville/The Toc­queville Review, vol. XXIII, N. 2, 2002, p. 7–79.
  • « Qui gou­verne en Russie ? », dossier de six arti­cles, La Revue Tocqueville/The Toc­queville Review, Vol. XIX, n° 1, 1998, p. 3–135.
  • « Regions of Rus­sia : a Spe­cial Issue of Post-Sovi­et Affairs», Post-Sovi­et Affairs (UCLA, Berke­ley), Octo­ber-Decem­ber 1999, p. 291–40

Ce qu’elle gagne

Non ren­seigné

Sa nébuleuse

Nico­las Demor­and sur France Inter, le cen­tre Carnegie (Wash­ing­ton), le comité Ukraine de la revue Esprit dont elle est l’une des col­lab­o­ra­tri­ces, avec notam­ment Alain Besançon, Pierre Has­s­ner, Isabelle Lasserre, Cécile Vais­sié ou Annie Dauben­ton.

Elle l’a dit

« Le déclin de la Russie pou­tini­enne est inex­orable », Le Monde 14/10/2016

« Nous jouons au pok­er menteur avec le Krem­lin, c’est un jeu dan­gereux, mais nous n’avons guère le choix. […] La bonne nou­velle est que les gou­verne­ments occi­den­taux ont con­stru­it peu à peu une poli­tique sol­idaire envers l’Ukraine, en main­tenant un con­tact per­ma­nent d’une cap­i­tale à l’autre, et des cap­i­tales occi­den­tales vers Kiev et vers Moscou. Nous n’avons jamais ni coupé le lien avec Moscou ni relâché la vig­i­lance face aux trans­gres­sions de plus en plus inquié­tantes de la Russie. Nous avons réus­si à vot­er à plusieurs repris­es des sanc­tions économiques qui visent les acteurs cen­traux du sys­tème Pou­tine », Libéra­tion, 1/9/2014

« Le régime russe n’est ni démoc­ra­tique, ni autori­taire ou auto­cra­tique si l’on entend par autori­taire un pou­voir qui se fait obéir de tous par la peur. Lorsque l’on se promène sur Inter­net, on voit que toutes les opin­ions s’expriment, même sur des sites offi­ciels. Un autre exem­ple, l’économie. Elle con­tin­ue d’être gérée en bonne par­tie par des acteurs privés. », Libéra­tion 8/12/2003

« Le sys­tème est com­plexe et opaque, fait de négo­ci­a­tions et de marchandages per­ma­nents, de cor­rup­tion et d’enrichissement mutuel. Les méth­odes poli­cières du régime ont par ailleurs un effet désas­treux sur la par­tic­i­pa­tion citoyenne. Les Russ­es ont l’impression que les dés sont pipés. […] C’est inquié­tant pour le proces­sus d’ouverture et la démoc­ra­ti­sa­tion, mais je ne vois pas là le début d’une dic­tature. », ibid.

« L’inimaginable se repro­duit. Une deux­ième fois, le pou­voir russe mène une guerre de destruc­tion en Tchétchénie. Et de nou­veau cette fois-ci, comme en 1994–1996, il n’a rien à gag­n­er dans ce con­flit, sauf le goût de la terre brûlée au Nord-Cau­case. Les mil­i­taires ne pour­ront pas recon­quérir la Tchétchénie avec ses habi­tants. Ils pour­ront seule­ment, pen­dant un temps, occu­per une par­tie du ter­ri­toire vidé de sa pop­u­la­tion et en ruines. » Libéra­tion 18/11/1999. Mal­gré les impré­ca­tions de Marie Men­dras, non seule­ment la Tchétchénie a été réoc­cupée, mais elle a été paci­fiée, et quinze ans après, elle compte par­mi les régions par­mi les plus dynamiques du pays.

« Le dis­cours de durs que nous tien­nent les Pou­tine, Ivanov et autres min­istres russ­es ne devrait pas nous impres­sion­ner car il cache la panique d’un régime à bout de souf­fle », ibid.

On l’a dit à son sujet

« Selon nos infor­ma­tions, l’universitaire Marie Men­dras devrait être nom­mée prochaine­ment à la tête de la nou­velle Direc­tion de la Prospec­tive du min­istère des affaires étrangères. Une nom­i­na­tion qui ne devrait pas plaire à la Russie. Spé­cial­iste recon­nue de ce pays, Marie Men­dras développe des posi­tions extrême­ment cri­tiques con­tre la poli­tique de Pou­tine et de Medvedev », Jean-Dominique Merchet sur Secret Défense – blog Libéra­tion, 13/11/2009

« La spé­cial­iste de la Russie, chercheuse au CERI, Marie Men­dras a été démis­sion­né de la Direc­tion de la Prospec­tive du min­istère des Affaires étrangères par Bernard Kouch­n­er cette semaine. Elle avait été nom­mée il y a env­i­ron huit mois à ce poste. “Elle n’a pas su trou­ver ses mar­ques, ni com­pris ce qu’était le méti­er de diplo­mate, ni su com­ment on ani­me une direc­tion d’administration cen­trale”, affirme un mem­bre de la Direc­tion de la Prospec­tive (DP). “Elle a été nom­mée dans une logique néo­con­ser­va­trice, très typ­ique d’une par­tie du cab­i­net de Bernard Kouch­n­er, son directeur de cab­i­net en tête », Nonfiction.fr 29/8/2010

« Mme Men­dras avait fait l’unanimité con­tre elle dans son équipe, et plusieurs intel­lectuels et spé­cial­istes des rela­tions inter­na­tionales avaient réclamé son départ. L’un d’entre eux rap­pelle “l’incompétence totale et l’amateurisme grave de la direc­trice de la DP”, alors qu’un autre par­le d’ “une erreur de cast­ing man­i­feste” », ibid.

« “Elle a été soutenue à bout de bras par le min­istre et le cab­i­net, mais vrai­ment, il n’était plus pos­si­ble d’arriver à la sauver vu les gaffes qu’elle accu­mu­lait”, pré­cise-t-on dans l’entourage de Bernard Kouch­n­er. Une dizaine de chercheurs de haut niveau avaient démis­sion­né, ou été abu­sive­ment licen­ciés, depuis l’arrivée de Mme Men­dras. Son départ a été accéléré à la fin de l’été. Mme Men­dras aurait alors réclamé un poste d’ambassadeur, selon dif­férentes sources, mais “elle devrait être plac­ardis­ée dans un non-poste auprès du directeur de la non-encore créée agence cul­turelle inter­na­tionale”, con­firme-t-on de sources proches du min­istre », ibid.

« Ce qui nous intéresse aus­si ici et qui nous paraît tout autant sur­réal­iste c’est que Le Monde laisse de la part d’une his­to­ri­enne [Françoise Thom] qui sévit sur France Inter et qui a ses entrées et ses titres, paraître deux arti­cles aus­si foireux, il n’y a pas d’autres mots. Cela avait lieu tous les jours à toutes les sauces : matraquage, Une out­ran­cière, sophisme, oub­lis fâcheux et inver­sions accusatoires ; elle a juste apporté sa pierre à l’édifice, et de quelle manière. Mais elle n’était pas loin de se voir ravir la palme de la dés­in­for­ma­tion la plus éhon­tée, sans ver­gogne même, que Marie Men­dras CNRS/Sciences Po lui a dis­putée fort longtemps. Olivi­er Berruy­er par­ti­c­ulière­ment hal­lu­ciné (encore une fois) par ce qu’il avait lu ou enten­du lui a réservé un mag­nifique dossier inti­t­ulé Marie Men­dras, Chronique du men­songe ordi­naire pour lui répon­dre point par point et dénon­cer la bassesse de vue ou la bêtise crasse. Ce que les faits entre-temps auront per­mis de large­ment démon­tr­er. Cela aura valu aus­si au CNRS de recevoir un cer­tain nom­bre de let­tres et mails des lecteurs de son blog qui se sont mobil­isés pour deman­der des comptes. Com­ment peut-on laiss­er, se demandaient-ils, au nom du CNRS et présen­tée comme telle, par­ler une per­son­ne pour dire autant d’âneries toutes démonta­bles en moins de cinq min­utes et démon­trant qu’on laisse par­ler de manière légitimée quelqu’un d’incompétent, pavlovien et qui ne con­naît pas le dossier? », Frédéric Dedieu, la presse française, de l’atlantisme au pavlo­visme, dedefensa.org 19/12/2014

« Madame Men­dras pour­rait-elle nous don­ner une déf­i­ni­tion de “l’extrême-droite”, car selon les normes européennes, M. Lyashko du par­ti Rad­i­cal et ses 8 % et Madame Tim­o­chenko et ses 13 %, mérit­eraient le qual­i­fi­catif “d’extrême droite”. Le pre­mier tient régulière­ment des pro­pos très vio­lents et appelle à l’interdiction du par­ti com­mu­niste, la sec­onde a déclaré qu’il faudrait envoy­er des bombes atom­iques sur les Russ­es et un de ses députés a cofondé le Par­ti Nation­al Social d’Ukraine, et une autre s’est publique­ment réjoui du meurtre des rus­so­phones d’Odessa. […] La com­plai­sance de Madame Men­dras envers des grou­pus­cules néon­azis / fas­cisants et vio­lents laisse pan­tois », Olivi­er Berruy­er, 10/6/2014

« Que Madame Men­dras racon­te des choses fauss­es, c’est, après tout, bien son droit, mais qu’elle utilise les mar­ques CNRS et Sci­ences-Po pour leur don­ner force et crédi­bil­ité, cela devient – j’imagine – votre prob­lème. D’autant que – de façon inex­plic­a­ble – elle dis­pose d’une forte expo­si­tion médi­a­tique, inter­venant sou­vent dans les médias en se pré­valant sys­té­ma­tique­ment de ces 2 insti­tu­tions », Olivi­er Berruy­er, dans sa let­tre ouverte au CNRS et au CERI, ibid.

Crédit pho­to : Stephan Röhl via Wiki­me­dia (cc)

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