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Hervé Gattegno

19 octobre 2021

Temps de lecture : 15 minutes

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Hervé Gattegno

Hervé Gattegno

Né le 28 juillet 1964, Hervé Gattégno a été rédacteur en chef de l’édition française de Vanity Fair jusqu’en 2016, puis est devenu directeur de la rédaction du JDD jusqu’en octobre 2021. Il est marié et a trois enfants avec Anne-Cécile Sarfati, ex-avocate et ancienne rédactrice en chef du magazine féminin Elle. Descendant d’immigrés grecs, il grandit à Marseille dans un milieu bourgeois. Son père est ingénieur, marié à une mère au foyer.

Formation

Il est diplômé de l’École publique de jour­nal­isme de Tours et de l’É­cole de jour­nal­isme et de com­mu­ni­ca­tion de Marseille

Parcours professionnel

Il com­mence au rid­ion­al (1988), quo­ti­di­en région­al mar­qué à droite qui vient d’être racheté par Jean-Luc Lagardère, avant de rejoin­dre le Nou­v­el Obser­va­teur (cen­tre-gauche) où il tra­vaille au ser­vice Enquêtes de 1989 à 1992.

Il passe au Monde en 1992 et s’y spé­cialise dans l’investigation. Il est nom­mé chef du ser­vice poli­tique par Edwy Plenel en 1994 puis rédac­teur en chef de la rubrique « France » et y reste jusqu’en 2007. Il pousse vers la sor­tie deux jour­nal­istes jouis­sant alors d’une bonne répu­ta­tion, Ari­ane Chemin et Raphaëlle Bac­qué, qui ne revien­dront au Monde qu’après son départ. Selon Ari­ane Chemin, le jour­nal­iste fonc­tion­nerait de manière « clanique. Il veut des gens à lui et sans doute esti­mait-il que nous n’avions pas fait assez allégeance ». Obstiné, il can­di­date tout de même à la direc­tion du Monde début 2011, mais le choix des action­naires se porte sur Érik Izraelewicz. Passé au Point – où il est rédac­teur en chef de la cel­lule inves­ti­ga­tion – il est aus­si chroniqueur depuis 2010 dans la mati­nale de Jean-Jacques Bour­din sur RMC (Le par­ti pris de Gat­teg­no). Il quitte l’hebdomadaire après que Franz-Olivi­er Gies­bert lui ait préféré Éti­enne Ger­nelle pour sa suc­ces­sion à la tête du Point.

Il fait pub­li­er par le Point les enreg­istrements du major­dome de Lil­iane Bet­ten­court, enquête sur les fré­gates de Taïwan pour le Monde et y pub­lie des révéla­tions sur les affaires Clearstream et Elf. Après son départ, il y pub­lie encore en 2013 des chroniques qui relaient ses « par­ti pris » sur RMC chez Bour­din et quelques papiers poli­tiques en 2015 et 2017.

Il se dis­tingue aus­si d’une autre manière dans l’affaire Kamal (1993–2005) en réper­cu­tant les accu­sa­tions du fran­co-maro­cain Karim Kamal qui accuse son ex-femme de pédophilie pour obtenir la garde de sa fille sans que jamais le jour­nal­iste du Monde ne la rencontre.

En mai 2004 il est con­damné en appel avec Jean-Marie Colom­bani à 3000 € d’a­mende pour diffama­tion envers Roland Dumas qu’il a accusé dans un arti­cle paru le 20 juin 2002 d’avoir fait pren­dre une déci­sion favor­able à Chirac par le con­seil con­sti­tu­tion­nel – et ce sans apporter de preuve. Il avait déjà été con­damné en pre­mière instance, mais la cour d’ap­pel a ajouté pour les deux jour­nal­istes 4500 € de dom­mages et intérêts à pay­er sol­idaire­ment à Roland Dumas.

Dans Le Monde encore il écrit un arti­cle en 2005 à la gloire d’Iskander Safa, marc­hand d’armes… qui avait payé son voy­age au Liban peu avant. À la police, il répond : « Le fait que M. Safa ait pris l’initiative de m’adresser un bil­let d’avion n’a aucune­ment porté atteinte à mon indépen­dance » (Bakchich, 18/09/2007).

Il est ensuite rédac­teur en chef Enquêtes-Inves­ti­ga­tion chez Van­i­ty Fair à par­tir du lance­ment de la ver­sion française en 2013. Il inter­viewe notam­ment l’an­cien bras droit de Kad­dhafi Béchir Saleh – cet arti­cle provoque une polémique. Audi­tion­né par la police en sep­tem­bre 2014, Pierre Péan l’ac­cuse – sans en apporter les preuves – d’avoir écrit sur com­man­dite d’une « cel­lule créée autour de Sarkozy pour con­tr­er l’en­quête sur le finance­ment libyen » dans « l’ob­jec­tif que Béchir Saleh ne par­le pas ».

« Dans cette cel­lule fig­u­rait Alexan­dre Djouhri qui con­nais­sait Bachir Saleh pour avoir fait des affaires ensem­ble. Tous les deux m’ont été présen­tés comme étant très très proches. Dans ce cadre-là, l’ob­jec­tif était que Bachir Saleh ne par­le pas. Et c’est dans cette mis­sion qu’a été lancée cette inter­view dans Van­i­ty Fair via son ami Hervé Gat­teg­no », assène l’écrivain.

Medi­a­part reprend cette affaire – et ce témoignage – en novem­bre 2016 pour éclair­er l’hypothétique « con­nivence » entre Hervé Gat­teg­no et Alexan­dre Djouhri, que le pre­mier s’empresse d’infirmer dans un droit de réponse mus­clé, auquel Edwy Plenel répond lui-même en per­sis­tant dans son affirmation.

Le 14 févri­er 2017, Gat­teg­no intente un procès à Edwy Plenel ain­si qu’aux deux jour­nal­istes auteurs de l’article, Fab­rice Arfi et Karl Laske, pour diffama­tion. La 17e cham­bre cor­rec­tion­nelle con­damne Medi­a­part en indi­quant que les argu­ments de la défense ne per­me­t­tent pas de prou­ver que le plaig­nant a pris part de façon délibérée à une cam­pagne de dés­in­for­ma­tion. Le 21 novem­bre, la cour d’appel de Paris infirme le juge­ment précé­dent et recon­naît que Medi­a­part pou­vait se tar­guer de bases factuelles solides qui jus­ti­fi­aient leurs assertions.

En juin 2016, il est nom­mé rédac­teur en chef du Jour­nal du Dimanche où il rem­place Jérome Bel­lay. Il est notam­ment chargé de gér­er le rap­proche­ment avec Europe 1. En sep­tem­bre 2017, il rend compte (CBNews, 3/9/2017) : « notre page d’indiscrets est réal­isée en col­lab­o­ra­tion avec Europe 1. Idem pour le fact check­ing. On a con­crète­ment instau­ré des mutu­al­i­sa­tions, par­ti­c­ulière­ment pour les reportages à l’étranger ».

Le 5 mars 2017 le JDD pub­lie un entre­tien « très cadré » de Péné­lope Fil­lon, en pleine polémique sur ses hauts revenus pour des emplois sup­posés fic­tifs. Elle s’y défend et L’Hu­man­ité (com­mu­niste) estime que cet entre­tien est mené par Hervé Gat­teg­no avec « com­plai­sance » et « empathie ».

En 2018, Alain Weill l’envisage un temps pour diriger l’Express, mais Gat­tég­no décline la propo­si­tion, con­scient que sa sit­u­a­tion au sein du groupe Lagardère est con­fort­able. Il sait déjà qu’il est en pole posi­tion pour repren­dre Paris Match.

Ain­si, c’est tout naturelle­ment qu’il est nom­mé directeur général de la rédac­tion de Paris Match en 2019, par­al­lèle­ment à ses fonc­tions édi­to­ri­ales au JDD. Par­al­lèle­ment, il est égale­ment édi­to­ri­al­iste à Europe 1 le dimanche matin.

À l’issue du ver­dict de l’affaire des écoutes, qui voit Nico­las Sarkozy être con­damné à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sur­sis, Hervé Gat­teg­no vole au sec­ours de l’ex-président dans son édi­to­r­i­al de Paris Match pub­lié le 11 mars 2021. Cette prise de posi­tion indis­pose sa rédac­tion qui le désavoue à tra­vers un com­mu­niqué large­ment relayé : « Il est une chose de don­ner la parole à un ancien président de la République, par ailleurs mem­bre du con­seil de sur­veil­lance du groupe Lagardère, pro­priétaire de Paris Match. Il en est une autre de com­menter une décision de jus­tice en prenant par­ti, et d’en­gager ain­si toute une rédaction profondément attachée à la lib­erté de la presse ». La prox­im­ité du patron de presse avec l’ancien prési­dent inter­roge en haut lieu et lui vaut d’être dans le viseur de la jus­tice en juin 2021 dans le cadre d’une enquête dili­gen­tée par le Par­quet nation­al financier (PNF) pour « sub­or­na­tion de témoin ». La cause ? Le trou­blant revire­ment de Zied Takkiedine dans les colonnes de Paris Match, où celui-ci retire ses accu­sa­tions con­cer­nant le finance­ment libyen de la cam­pagne de Nico­las Sarkozy. Gat­teg­no est sus­pec­té par les enquê­teurs de faire par­tie d’un com­plot visant à obtenir la rétrac­ta­tion de Takkiedine, même si l’intéresse nie énergique­ment toute implication.

Ses comptes et ses appels télé­phoniques sont épluchés par les policiers au mépris du respect des sources, ces derniers invo­quant des faits d’une « par­ti­c­ulière grav­ité ». L’affaire entraîne la mise en exa­m­en, puis l’incarcération de Mimi Marc­hand, fon­da­trice de l’agence pho­to Bes­tim­age et bien con­nue du tout-Paris, qui s’était ren­due elle-même au Liban pour super­vis­er le reportage. Dans la foulée, la Société des jour­nal­istes de Paris Match, irritée par sa prox­im­ité avec les puis­sants, désavoue son directeur de la rédac­tion et lui adresse une let­tre très cri­tique en guise de coup de semonce.

Le 19 octo­bre 2021, selon le jour­nal en ligne d’in­ves­ti­ga­tion Reflets, Hervé Gat­teg­no quitte le JDD et Paris Match.

Parcours militant

Selon L’Ex­press (2002), il est proche d’Arnaud Montebourg.

« Mais c’est surtout sur Le Monde et sur Hervé Gat­teg­no que Mon­te­bourg va s’ap­puy­er. Entre l’av­o­cat et le jour­nal­iste d’in­ves­ti­ga­tion, tout a com­mencé en 1992, avec l’af­faire du Car­refour du développe­ment : Mon­te­bourg défend l’an­ci­enne prési­dente de cette asso­ci­a­tion, Hervé Gat­teg­no suit le procès pour Le Nou­v­el Obser­va­teur. La rela­tion de tra­vail devient vite une his­toire ami­cale : en 1997 […] le jour­nal­iste — qui, entre-temps, a rejoint la rédac­tion du Monde — assiste au mariage de l’av­o­cat avec Hort­ense de Labriffe […] Plus tard, Arnaud Mon­te­bourg est lui aus­si de la fête au mariage d’Hervé Gat­teg­no, célébré à Mar­seille par le pre­mier adjoint au maire, le député RPR Renaud Muse­li­er. […]Le phénomène est généra­tionnel, mais il va bien au-delà: entre la rédac­tion en chef du Monde, Hervé Gat­teg­no et Arnaud Mon­te­bourg, il y a une con­cor­dance sur le fond. […]Hervé Gat­teg­no, qui ne l’ap­pelle qu’ «Arnaud», même dans le huis clos de son jour­nal, assis­tait-il, au début d’oc­to­bre, à la con­férence de presse qui lançait le NPS, tan­dis qu’un autre jour­nal­iste du Monde, assis plus loin dans la salle, posait les ques­tions pour un arti­cle »

Guy Ben­hamou, qui écrit en 2004 Arnaud Mon­te­bourg, l’am­bi­tion à tout prix, donne des détails sur cette rela­tion. Arnaud Mon­te­bourg, à l’époque con­nu comme avo­cat, n’a été cité que sept fois en 1994 dans Le Monde. « En revanche, l’an­née suiv­ante, Mon­te­bourg appa­raît dans trente-sept arti­cles », alors que Hervé Gat­teg­no vient d’y arriv­er. Et « cet accès priv­ilégié à un jour­nal­iste du Monde, Mon­te­bourg sait le faire partager ». Notam­ment à un de ses con­frères, Jean-Marc Fedi­da dont le client est érein­té dans un arti­cle de Gat­teg­no : il obtient que l’av­o­cat et le jour­nal­iste se rencontrent.

Au cours de ses papiers dans Le Point, même après son départ, il prend posi­tion tour à tour en défense de Nico­las Sarkozy acca­blé par les juges, con­tre les Le Pen – et pour l’ex­clu­sion du père du FN – ou encore pour une ingérence inter­na­tionale et française con­tre Bachar-el-Assad en Syrie.

Collaborations

Il fig­ure par­mi les inter­venants de l’as­so­ci­a­tion artis­tique et philosophique Arte-Filosofia, créée à Cannes en 2001, et qui organ­ise les Ren­con­tres de Cannes chaque année.

Publications

  • 1997 : « Jour­nal­isme et recel : aspects jour­nal­is­tiques », dans Jean-Yves Dupeux (dir.) et Alain Lacabarats (dir.), Lib­erté de la presse et droits de la per­son­ne, actes du col­loque organ­isé le 20 juin 1997 par le Tri­bunal de grande instance de Paris et l’Or­dre des avo­cats à la Cour de Paris, Dal­loz, coll. « Thèmes et com­men­taires », Paris, 163 p. p. 131–136
  • 1998 : L’Af­faire Dumas, Stock, Paris, 278 p. ; nouv. éd. aug. sous-titrée Dernière édi­tion avant procès, 2001, 400 p., au sujet de l’affaire Dumas
  • 2006 : L’Ir­re­spon­s­able : Une prési­dence française, 1995–2007, Stock, Paris, 303 p., au sujet de la prési­dence Chirac
  • 2007 : Femmes au pou­voir : Réc­its et con­fi­dences, avec Anne-Cécile Sar­fati et la col­lab­o­ra­tion de Myr­i­am Lev­ain, Stock, Paris, 401 p.

Ce qu’il gagne

Il gag­nait 8000 € par mois au Point, selon Bakchich (2007).

Sa nébuleuse

Edwy Plenel : Hervé Gat­teg­no est con­sid­éré comme un « bébé Plenel » (Pierre Péan/Philippe Cohen, La face cachée du Monde, Mille et une nuits, 2003). Il a signé un appel qui demandait son main­tien comme rédac­teur-chef du Monde. Néan­moins, ils se seraient depuis fâchés, d’abord à cause du refus d’Hervé Gat­teg­no de rejoin­dre Médi­a­part lancé en 2008, puis de leur con­cur­rence sur l’affaire Bet­ten­court. À Libéra­tion, il con­fie : « Jai par­ticipé aux pre­mières réu­nions [de Medi­a­part], je nai pas sen­ti le pro­jet, explique-t-il. Edwy est un jour­nal­iste excep­tion­nel. Jai passé quelques-unes des meilleures années de ma vie pro­fes­sion­nelle avec lui. Mais il a besoin de con­tre-pou­voirs et jai sen­ti quil nen aurait pas à Medi­a­part. Au Monde, la dimen­sion et la diver­sité de la rédac­tion agis­saient comme un sur­moi. Sa devise était : Penser con­tre soi-même.” Croyez-vous vrai­ment quil le fasse encore ? ».

« Edwy Plenel repère Hervé Gat­teg­no après la paru­tion d’un arti­cle le con­cer­nant dans Le Nou­v­el Obser­va­teur. En 1992, il le recrute au Monde pour ren­forcer les effec­tifs du ser­vice inves­ti­ga­tion. Plenel ne se con­tente pas de flair­er le tal­ent de l’en­quê­teur, il devient, selon cer­tains, son “père spir­ituel”. Le mimétisme opère tant que Gat­teg­no se met même à fumer le cig­a­re, rap­por­tent plusieurs témoins de l’époque » (L’Express, 26/4/2018, op. Cit.)

Marc Francelet, qui aurait facil­ité son pas­sage du Monde au Point : « Francelet se vante d’avoir tiré une belle épine du pied de son ami Gat­teg­no, qui était tri­card au Monde, en le faisant embauch­er par l’hebdo Le Point, à 8 000 euros men­su­el » (Bakchich, 18/9/2007, op.cit)

Alexan­dre Djouhri (Chal­lenges, 2018, mais aus­si Medi­a­part en 2016). Il se trou­ve en effet qu’un « rap­port trans­mis aux juges, le 26 novem­bre 2014, par l’Office anti-cor­rup­tion (OCLCIFF), relève par ailleurs que « les inves­ti­ga­tions met­tent en évi­dence le rôle act­if d’Alexandre Djouhri vis-à-vis d’Hervé Gat­teg­no ». Et plus encore : « L’analyse des fadettes (fac­tures détail­lées) du portable suisse util­isé par Alexan­dre Djouhri fait appa­raître, en jan­vi­er 2013, 61 com­mu­ni­ca­tions entre le jour­nal­iste et l’intermédiaire en un an. Le 3 mai 2012, jour de l’exfiltration de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cab­i­net de Mouam­mar Kad­hafi, de Paris vers le Niger, la ligne d’Alexandre Djouhri, qui est l’organisateur de la fuite, enreg­istre « une com­mu­ni­ca­tion de 17 min­utes » avec Hervé Gat­teg­no », relève Medi­a­part (op. cit)
En 2021, Libéra­tion pré­cise que les deux hommes se con­nais­sent depuis bien plus longtemps, au moins depuis l’affaire Elf en 1994 : «“Le rôle du jour­nal­iste du Monde Hervé Gat­teg­no était tel quil sagis­sait presque dune par­tie au dossier, avec des fuites inces­santes”, sexclame un mag­is­trat. Alors «Mon­sieur Afrique» dElf, André Taral­lo, craint que ses turpi­tudes soient dévoilées et con­fie sa «com­mu­ni­ca­tion» à Alexan­dre Djouhri, un ancien loulou de ban­lieue qui va bien­tôt se mou­voir dans les couliss­es du pou­voir et con­naît déjà Gat­teg­no.»

Paul Bar­ril, d’après Gilles Gaet­ner (les jour­nal­istes ne devraient pas dire ça : quand la presse va trop loin… ou pas assez, 2017). Ce dernier lui donne des tuyaux, dont deux au moins sont crevés. En 1994 Bar­ril cer­ti­fie que grâce à la boîte noire, l’on pour­ra trou­ver la cause du crash du Fal­con 50 du prési­dent rwandais Juvé­nal Hab­ya­ri­mana le 6 avril 1994, prob­lème l’avion n’avait pas de boîte noire.

En 2002, nou­veau crash… lorsque Gat­teg­no laisse enten­dre dans Le Monde que la mai­son con­séquente con­stru­ite au cap d’An­tibes par le pro­mo­teur Chris­t­ian Pel­lerin devait héberg­er Mit­ter­rand dans ses vieux jours, l’an­cien prési­dent aurait même vis­ité les lieux le 29 novem­bre 1989. Ce jour là il était à Athènes, comme le con­firme son exé­cu­teur tes­ta­men­taire André Rousselet.

Il l’a dit

« Il est à peu près cer­tain que Bachar el-Assad utilise des armes chim­iques con­tre son peu­ple. Face à cela, même des livraisons de mis­siles ne suf­fi­raient pas — ce serait une façon com­mode de s’im­pli­quer sans agir. C’est l’in­ter­ven­tion d’une force inter­na­tionale qui s’im­pose », Le Point, 29/05/2013.

« Si le FN a un hon­neur et si la “dédi­a­boli­sa­tion” dont on nous rebat les oreilles existe vrai­ment, Marine Le Pen peut le prou­ver en exclu­ant son père », Le Point, 21/06/2013.

Il faut « sup­primer le défilé mil­i­taire du 14 juil­let », a‑t-il plaidé sur RMC/BFM-TV le 11/07/2014. Et de renchérir : « la parade annuelle de nos armées est inutile et anachronique – il n’y a plus que les dic­tatures qui le font. C’est un déplace­ment de force déplacé. Et une démon­stra­tion de force gra­tu­ite qui est plutôt cou­teuse (en argent, en temps et en car­bu­rant – sans par­ler de l’empreinte car­bone). Donc on pour­rait s’en dis­penser sans trans­former la fête nationale en défaite nationale ».

« Emmanuel Macron est encore plus diviseur qu’Ar­naud Mon­te­bourg », RMC/BFM-TV, 09/06/2015.

« Penser con­tre soi-même », dis­ait jadis le grand jour­nal­iste auprès de qui, au Monde durant qua­torze ans, j’ai appris tant de choses sur notre méti­er et la spé­cial­ité d’enquêteur, les efforts par­ti­c­uliers qu’elle exige et les rudess­es aux­quelles elle expose. Il s’appelait Edwy Plenel. Il faut croire que ce pré­cepte n’a plus cours dans le média qu’il dirige, tant les cer­ti­tudes y tien­nent lieu de véri­fi­ca­tions, tant les pré­sup­posés y sup­plantent les recoupe­ments », droit de réponse à Medi­a­part, 25/11/2016.

« Nico­las Sarkozy n’est pas traité comme un jus­ti­cia­ble ordi­naire […] Il y a une com­péti­tion entre les mag­is­trats pour avoir Nico­las Sarkozy dans son bureau», RMC/BFM-TV, 16/02/2017.

« Si on veut un débat sérieux, un débat où on abor­de les vrais thèmes, il faut se con­cen­tr­er sur les can­di­dats qui peu­vent pré­ten­dre vrai­ment gou­vern­er le pays. Vous savez, avec onze can­di­dats, dont un com­plo­tiste, deux trot­skistes et celui qui veut colonis­er la planète Mars, ce n’est plus un débat, c’est un jeu télévisé », Europe 1, 19/3/2017, au sujet de la volon­té de TF1 de n’in­viter au débat que cinq des onze can­di­dats à la prési­den­tielle [cité par Acrimed]

« Mon grand dis­cours, en interne comme à l’extérieur, c’est qu’il faut en finir avec le fatal­isme de la presse imprimée », CBNews, 03/09/2017.

« La phrase qu’on m’a enten­du dire cent fois ici c’est : “Quand on est le Jour­nal du Dimanche, on peut être soit le dernier jour­nal de la semaine, soit le pre­mier de la semaine qui vient “. Et évidem­ment, nous avons choisi d’être le plus sou­vent pos­si­ble le jour­nal qui donne le tem­po de la semaine. Celui qui va lancer l’info qui va faire tout le début de la semaine […] Le deux­ième objec­tif c’est de con­sid­ér­er que le JDD a voca­tion à être un jour­nal de qual­ité, voire de référence, dans la presse du week-end. Nos con­cur­rents, en dehors des chaînes d’info con­tin­ues et du télé­phone, ce sont le Parisien dimanche, l’Equipe et tous les sup­plé­ments domini­caux de la presse quo­ti­di­enne régionale. Dans cet univers nous devons nous situer comme le jour­nal qui touche des gens qui appar­ti­en­nent à des milieux un peu plus qual­i­fiés, qui s’intéressent à la cul­ture, à l’actualité inter­na­tionale, à l’économie. Nous ne sommes pas un jour­nal pop­u­laire, nous sommes un jour­nal grand pub­lic de qual­ité », ibid.

« Il y a une dou­ble page d’enquête. C’est un long réc­it, d’un seul ten­ant, pour don­ner de la majesté au texte. Je crois beau­coup à cette forme d’écriture. J’ai été au Monde, au Point, j’ai fait par­tie de l’équipe de créa­tion de Van­i­ty Fair et je crois aux textes longs pour peu que le sujet en vaille la peine, que l’enquête soit de qual­ité et qu’il soit bien écrit. Nos études nous dis­ent que nous avons un temps de lec­ture qui est prob­a­ble­ment le plus long de tous les heb­dos français », ibid.

« Nous sommes un heb­do­madaire qui a une force unique puisqu’il est le seul à boucler deux heures avant sa paru­tion. Ça veut dire que jusqu’à minu­it le same­di, on peut chang­er des choses dans le jour­nal. […] Nous sommes un heb­do­madaire avec la réac­tiv­ité d’un quo­ti­di­en », ibid.

« Nous devons – et nous y arrivons — avoir un scoop au min­i­mum par semaine. C’est très impor­tant pour la mar­que du JDD », ibid.

« Avec Macron c’est je décide, on ne dis­cute pas », le JDD, 18/03/2018.

« C’est une fierté de diriger un jour­nal comme Paris Match. C’est le pre­mier jour­nal français, le pre­mier en ter­mes de pres­tige, le pre­mier par les ventes. C’est plus de 500.000 exem­plaires par semaine, c’est le titre français le plus con­nu dans le monde », Europe 1, 31/10/2019.

« Ain­si donc, Nico­las Sarkozy était coupable. C’est ce qu’a estimé le tri­bunal qui lui a infligé une peine infamante (dont il a fait appel) : trois ans de prison dont un an ferme pour « traf­ic d’influence » et « cor­rup­tion » — une pre­mière s’agissant d’un ancien chef d’État, ont relevé les experts. Coupable, mais de quoi exacte­ment ? Dif­fi­cile à dire », Paris Match, 11/03/2021.

« Les principes : si la loi protège nos enquêtes et nos sources, ce nest pas pour cou­vrir les turpi­tudes des jour­nal­istes mais pour garan­tir le droit des citoyens à être informés. En démoc­ra­tie, on nenquête pas avec les moyens de l’État sur les jour­naux qui déplaisent, on narrête pas les jour­nal­istes dont les écrits dérangent ; la police ne fouille pas leurs ordi­na­teurs ni ne sur­veille leurs télé­phones. Dis­ons-le ici avec force : Paris Match na com­mis aucun délit, soudoyé ni manip­ulé per­son­ne, par­ticipé à aucune manœu­vre con­traire à l’éthique », Libéra­tion, 09/06/2021.

« Je ne suis pas sarkozyste. Je nai jamais voté pour lui et nai pas linten­tion de le faire. Il le sait, je le lui ai dit. Dans ma généra­tion, je suis un des rares jour­nal­istes qui ne le tutoie pas », Libéra­tion, 08/07/2021.

On l’a dit à son sujet

« Alexan­dre Djouhri se serait van­té de pou­voir intox­i­quer la presse, notam­ment Hervé Gat­teg­no », Pierre Péan, La République des mal­lettes, éd. Fayard 2014

« Avant de faire le choix de ne plus met­tre les pieds à Paris à la suite de la mise en exa­m­en de Claude Guéant en 2015, Djouhri pou­vait télé­phon­er à Ramzi Khi­roun, con­seiller d’Ar­naud Lagardère et porte-parole de Lagardère SCA, pour se plain­dre d’un arti­cle de Paris Match, ou encore deman­der à Hervé Gat­teg­no, ancien rédac­teur en chef de Van­i­ty Fair et aujourd’hui directeur de la rédac­tion du Jour­nal du dimanche (JDD), de sor­tir « des con­ner­ies » sur les uns et les autres. « Ah bah, bien sûr ! », lui répondait le patron du JDD », Medi­a­part, 14/11/2016.

« Com­mencée il y a plus de cinq ans, en juil­let 2011, l’enquête de Medi­a­part sur les liens d’argent entre la dic­tature libyenne et le clan sarkozyste s’est longtemps heurtée à un dén­i­gre­ment médi­a­tique, con­tes­tant le sérieux et la crédi­bil­ité de nos révéla­tions, aujourd’hui ample­ment con­fir­mées et large­ment pro­longées par les infor­ma­tions judi­ci­aires et les inves­ti­ga­tions poli­cières. Sans jamais sol­liciter notre rédac­tion […] et par con­séquent sans lui-même respecter le con­tra­dic­toire dont aujourd’hui il se fait l’avocat, Hervé Gat­teg­no fut à l’avant-garde de cette cam­pagne, accor­dant crédit à un faux témoin […] et relayant la ver­sion men­songère d’un seul ancien dig­ni­taire libyen, Bachir Saleh […] Venant d’un jour­nal­iste ayant la répu­ta­tion d’un inves­ti­ga­teur rigoureux, cet aveu­gle­ment incom­préhen­si­ble a fini par intriguer les enquê­teurs de la police judi­ci­aire […] ils ont tenu à faire état sur procès-ver­bal de leurs décou­vertes et de leurs inter­ro­ga­tions sur les manœu­vres auprès des médias de l’intermédiaire Alexan­dre Djouhri, agis­sant explicite­ment dans l’intérêt de Nico­las Sarkozy dont il est proche, notam­ment auprès du groupe Lagardère que notre con­frère a, depuis, rejoint. Loin de vouloir enseign­er la déon­tolo­gie à Hervé Gat­teg­no, notre arti­cle se con­tentait de ren­dre compte de cet éton­nement polici­er », Edwy Plenel, réponse au droit de réponse à Medi­a­part, 25/11/2016, op. Cit.

« Ce n’est pas nou­veau : Le Point est à l’investigation jour­nal­is­tique ce que Bernard Mad­off est à la finance… Et quand le mag­a­zine dépêche l’un de ses plus fins lim­iers — le très respec­té et respectable Hervé Gat­teg­no — sur la piste de Julien Coupat, les révéla­tions tombent comme des obus à Ver­dun. Un très bel exem­ple de ce que le jour­nal­isme peut pro­duire de plus infâme », Arti­cle 11, 29/04/2009.

« Par son expéri­ence incon­testable, ses qual­ités pro­fes­sion­nelles recon­nues et son car­ac­tère, Hervé Gat­teg­no garan­tit l’ex­i­gence jour­nal­is­tique du JDD, son indépen­dance rédac­tion­nelle et la pour­suite des pro­jets engagés, en par­ti­c­uli­er la réforme de sa maque­tte, le développe­ment numérique et le rap­proche­ment avec Europe 1 », Denis Olivennes à son sujet, 28/06/2016.

« Pas vrai­ment un hasard si [Sarkozy] a choisi de dégain­er dans [le JDD]. Pour le com­pren­dre, il suf­fit de con­naître la guerre frat­ri­cide qui oppose depuis près d’une décen­nie Edwy Plenel et Hervé Gat­teg­no, l’actuel directeur de la rédac­tion du JDD. Accorder un entre­tien à Gat­teg­no, c’est l’as­sur­ance de pou­voir gliss­er une pique con­tre Plenel au pas­sage. », L’Express, 16/04/2018.

« Hervé Gat­teg­no a vraisem­blable­ment des comptes à régler avec son passé plénelien », Fab­rice Arfi à ce sujet, ibid.

« Peu importe si le sujet ne cor­re­spond pas à la ligne édi­to­ri­ale de Van­i­ty Fair. Peu importe si les arti­cles sont glob­ale­ment mal reçus par les jour­nal­istes de la rédac­tion. Hervé Gat­teg­no, lui, en est sûr : Nico­las Sarkozy est inno­cent, et il ne se prive pas de l’écrire », ibid.

« Je vois que ce sondage est dif­fusé dans le JDD. J’ai déje­uné avec le patron du Jour­nal du Dimanche, Mon­sieur Gat­tég­no, et  il m’a dit, Madame Le Pen, je ne suis pas tenu par le CSA, par con­séquent, lais­sez-moi vous expli­quer la chose suiv­ante : je ne vous inter­view­erai jamais dans mon jour­nal et je vous trait­erai exacte­ment comme je traite le Nou­veau Par­ti Ant­i­cap­i­tal­iste d’Olivier Besan­cenot, un par­ti qui fait 1 % des voix.C’est un jour­nal mil­i­tant et il a le droit de l’être », Marine Le Pen, Dimanche en poli­tique, France Info, 28/03/2021.

« La pre­mière fois que je lai ren­con­tré, il ma dit quil avait vu Sarkozy pen­dant l’été au cap Nègre. Quelques jours plus tard, peu avant que Mon­te­bourg se déclare à la pri­maire de la gauche en 2016, il ma com­mandé un arti­cle en me dis­ant : Arnaud na pas de pro­gramme, il faut que tu fass­es comme sil avait des idées” […] Sa rela­tion aux poli­tiques est assumée. Il a des amis, des affidés, des gens quil sert », Cécile Amar, ex-jour­nal­iste au JDD, Libéra­tion, 08/07/2021.

« Ces dernières années, Gat­teg­no ne fer­raille plus con­tre les puis­sants mais leur trou­ve toutes les cir­con­stances atténu­antes face aux “erre­ments dune jus­tice débous­solée, tantôt dés­in­volte et tan­tôt tyran­nique”, écrit-il dans Match. Il est prompt à dénon­cer un “com­plot des juges”, rarement les manip­u­la­tions visant à tromper la jus­tice finan­cière. “Il avait été au par­ti des juges, il est désor­mais passé à celui des avo­cats”, sourit une robe noire. Lavo­cat Jean Veil, un ami, lencense en soulig­nant que “lui, au moins, ne piège pas les gens sur lesquels il écrit”.
La présomp­tion dinno­cence pré­vaut à ses yeux sur les soupçons judi­ci­aires et, du coup, plutôt que de porter la plume dans la plaie, il tend le micro: rarement aux faibles et aux petits, surtout à des per­son­nal­ités défendues par des avo­cats influ­ents tel Jean Veil, Hervé Temime, Jacque­line Laf­font. Qui, dev­enue son avo­cate, défend le fameux Safa ou Nico­las Sarkozy », Libéra­tion, 08/07/2021.

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo RMC (DR)

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