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Noël 2020, les principaux médias de grand-chemin voyaient des complotistes sous tous les sapins (deuxième partie) : Franceinfo

10 janvier 2021

Temps de lecture : 3 minutes
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Noël 2020, les principaux médias de grand-chemin voyaient des complotistes sous tous les sapins (deuxième partie) : Franceinfo

« Complotisme partout ! », tel était le mot d’ordre durant les journées entourant Noël dans la majorité des médias dits officiels. L’occasion de multiples mises en garde et de témoignages à pleurer debout devant la dinde. Deuxième exemple : Franceinfo.

Le pre­mier arti­cle de cette mini-série a été con­sacré à un texte de pro­pa­gande anti com­plo­tiste paru dans Le Monde. Il est con­sultable ici.

La maladie du complotisme

L’article du Monde était paru le 23 décem­bre 2020, les témoignages de Fran­ce­in­fo sont dif­fusés et repro­duits en forme d’article le 24 décem­bre. L’accroche la plus frap­pante est la même dans les deux arti­cles : « j’ai per­du ma mère ». Cha­cun en tir­era les con­clu­sions qu’il jugera les plus adéquates.

L’accroche d’ensemble de l’article signé Benoît Zag­doun, jour­nal­iste de France Télévi­sions : « J’ai per­du ma mère : ils racon­tent com­ment les thès­es com­plo­tistes autour du Covid-19 ont con­t­a­m­iné leurs rela­tions avec leurs proches ». Plus pré­cisé­ment : « Ils ont un par­ent, un con­joint ou un ami qui a bas­culé dans le com­plo­tisme à cause de l’épidémie de Covid-19. Des diver­gences d’opinion qui ont trans­for­mé leur rela­tion, les amenant par­fois à couper les ponts. » Le verbe « con­t­a­min­er » est édifiant.

Le Monde, Fran­ce­in­fo, France Télévi­sions, même idée, donc, au même instant.

L’article de Fran­ce­in­fo est issu d’un « appel à témoignages ». 

Les données mises en avant dans les témoignages

  • Le pre­mier témoin, une fonc­tion­naire ter­ri­to­ri­ale, le dit : « Il faut que je fasse le deuil de ma mère. Je n’y arrive pas. Ce n’est pas facile ». Que se passe-t-il ? Une maman junkie ? Pas du tout : la mère aurait « bas­culé dans le com­plo­tisme ». Sa mère, le témoin l’affirme : « Je ne sais plus qui elle est. C’est une incon­nue qui me cache des choses. Cela m’effraie. C’est irréel ». Cela va loin : elle fait même tester son fils en cachette de la grand-mère.
  • Témoignage suiv­ant : une autre jeune femme a fait son deuil, de ses amies cette fois. Elle est enseignante à la retraite et a été oblig­ée de couper les ponts avec deux amies de longue date « adeptes des médecines douces ». Le mot « adepte » référant au vocab­u­laire relatif aux sectes ne paraît pas choisi au hasard. Donc, les deux amies ? La pre­mière défendrait les thès­es sur Bill Gates et Big Phar­ma. La deux­ième « a rejoint les par­ti­sans de Didi­er Raoult». Diantre ! L’épidémiologiste auquel l’Etat a con­fié, à Mar­seille, l’hôpital et cen­tre de recherch­es le plus récent en ce domaine et qui a le tort de ne pas être en accord avec la doxa offi­cielle du min­istère de la san­té et de l’exécutif actuel. L’écouter suf­fit donc à trans­former l’auditeur en com­plo­tiste et à détru­ire les familles. À en croire
  • Autre témoin : elle a per­du sa meilleure amie, depuis l’école pri­maire, car elle « n’était pas sen­si­ble au dis­cours de plus en plus extrême de son amie d’enfance. Elle n’avait pas voulu réa­gir aux mes­sages et vidéos que celle-ci n’avait cessé de lui envoy­er ». Elle lui a demandé d’arrêter : fin de l’amitié. Il faut dire que sa copine lui a dit : Eteins ta télé et allume tes neu­rones ». Un sain con­seil pour­tant. Elle pou­vait aus­si lui dire : « Analyse ce qu’on te dit, lis l’OJIM ».

Comme pour Le Monde, l’angoisse con­cer­nait le réveil­lon de Noël : n’allait-on pas s’entretuer ? Avec le recul, force est de con­stater que le repas de Noël 2020 n’a pas été plus meur­tri­er qu’à l’habitude, n’en déplaise aux pré­dic­tions du Monde et de Fran­ce­in­fo.

Drames à OK covid

L’une des témoins s’emballe : « J’ai passé des heures au téléphone à essay­er de lui faire com­pren­dre. Je me suis for­cée à regarder ses vidéos. C’est du lavage de cerveau. Ça me rend malade. On lui a fourni des doc­u­ments, on lui a envoyé des liens… Rien ne marche. Elle ne retient que les infos qui vont dans son sens. » Une autre : « On s’est énor­mé­ment dis­putées. Jai passé des soirées à pleur­er. C’est un vrai mal-être pour toute la famille. Ça nous bouffe. ».

Et cela toucherait même les cou­ples. Ain­si, un autre témoin féminin a dû affron­ter son mari « qui s’est rap­proché des thès­es com­plo­tistes et des pro­fesseurs ras­suristes ». Ils ont autour de 70 ans, alors ils n’en par­lent plus.

Cepen­dant, les témoignages ne provi­en­nent pas unique­ment de femmes ou de per­son­nes âgées. Il y a aus­si des jeunes, dont cet étu­di­ant qui aurait per­du une amie qui « a som­bré », ou comme cette autre « vic­time » tombée « dans une dérive sec­taire », selon un autre témoin. Les per­son­nes dont par­lent les témoins vivraient dans une autre réalité.

Comme pour l’article du Monde, le jour­nal­iste ne s’interroge pas sur la lib­erté de pen­sée et d’expression, ni au sujet du drame tout relatif que peut en réal­ité con­stituer le fait d’écouter le pro­fesseur Raoult ou de vision­ner le film Hold-up. De la même manière, il n’y a aucun témoignage mesuré, pas plus l’idée qu’il devrait être pos­si­ble de penser le monde autrement que le dis­cours officiel.

Plus frap­pant, peut-être, une lec­ture des deux arti­cles (celui du Monde est analysé ici)  mon­tre telle­ment de points com­muns qu’il est lois­i­ble de se deman­der s’il n’y aurait pas là des copiés-col­lés. À moins que ce ne soit rien de plus que des con­cep­tions jour­nal­is­tiques clonées.

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