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La Montagne : Nicolas Corneau part, Soizic Bouju se sent pousser des ailes

12 octobre 2017

Temps de lecture : 3 minutes
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La Montagne : Nicolas Corneau part, Soizic Bouju se sent pousser des ailes

Nicolas Corneau, directeur général adjoint du groupe Centre France – La Montagne – et en charge de la modernisation de ce groupe de presse, l’a quitté à la toute fin du mois de septembre 2017, usé par une guerre interne pour la direction générale.

Ancien directeur com­mer­cial de La Nou­velle République du Cen­tre-Ouest (NRCO) de Tours, il a rejoint Cen­tre-France (action­naire prin­ci­pal de la NRCO alors) en octo­bre 2013 pour occu­per les mêmes fonc­tions. Il est mon­té en grade, à mesure que le groupe se redres­sait – 8,5 mil­lions d’€ de résul­tat courant en 2016 con­tre 3,2 en 2015. En 2016, le groupe est dirigé par Alain Védrine, sup­pléé par trois directeurs généraux adjoints, Nico­las Corneau donc, Soiz­ic Bou­ju et Lau­rent Couronne.

Le groupe Cen­tre-France compte aujour­d’hui 27 fil­iales, dans cinq métiers. Dans la presse, le groupe édite 8 titres quo­ti­di­ens, 11 heb­do­madaires et a une agence de presse (Cen­tre France info région). Il y a aus­si une mai­son d’édi­tions, De Borée – Nico­las Corneau a par­ticipé à son redresse­ment après une liq­ui­da­tion judi­ci­aire en 2015 ; il ne reste plus que 13 salariés sur 65 et la dis­tri­b­u­tion a été sous-traitée à une fil­iale de Gal­li­mard. Une régie pub­lic­i­taire (Cen­tre France pub­lic­ités), une fil­iale for­ma­tion (ESJPro) et une fil­iale événe­men­tielle implan­tée à Cler­mont-Fer­rand et Aux­erre com­plè­tent le dis­posi­tif.

Nico­las Corneau a été mis en cause à plusieurs repris­es, notam­ment au moment du plan social de La République du Cen­tre, le quo­ti­di­en d’Or­léans, en très mau­vaise pos­ture et dont la dif­fu­sion ne cesse de reculer. En 2013, 80 postes sont sup­primés. En 2014, plusieurs édi­tions locales dans l’est du départe­ment du Loiret sont aban­don­nées. Puis la rédac­tion quitte Orléans-cen­tre pour Saran, puis pour l’av­enue des Droits de l’Homme à l’est d’Or­léans. Qu’à cela ne tienne : la dif­fu­sion ne cesse de reculer (-4% entre 2016 et 2017, ‑13% de 2013 à 2017).

En 2013 donc c’é­tait le cab­i­net Alte­dia qui avait été choisi par Cen­tre France pour reclass­er les salariés de La République du Cen­tre licen­ciés. Regret­table hasard ? La femme de Nico­las Corneau, Con­stance Corneau, tout juste embauchée par le groupe Cen­tre-France, action­naire majori­taire du jour­nal orléanais, tra­vail­lait dans le même cab­i­net.

Cepen­dant c’est surtout la lutte pour la direc­tion générale du groupe qui aurait poussé Nico­las Corneau à s’é­carter, après qu’il ait per­du face à Soiz­ic Bou­ju, une autre des directeurs généraux du groupe. Née à Rabat (Maroc) et arrivée dans le Mor­bi­han dans les années 1980, elle est diplômée de l’École supérieure de jour­nal­isme de Lille en 1990 et de Sci­ences Po Toulouse en 1988, elle a tra­vail­lé à Nord-Éclair (1993–98), puis comme direc­trice des études à l’ESJ (1998–2003), puis chez Pris­ma Presse (2003–2008), puis comme con­sul­tante jusqu’en 2010. Elle est alors embauchée comme direc­trice de l’in­no­va­tion édi­to­ri­ale puis devient la direc­trice de La République du Cen­tre et de L’Écho répub­li­cain, un jour­nal basé à Chartres dont la dif­fu­sion baisse aus­si (-4,05% en 2017 par rap­port à 2016, ‑11,5% de 2013 à 2017). En juin 2017 elle a été nom­mée DGA en charge des straté­gies.

À terme elle devrait diriger le groupe, croient savoir des per­son­nes proches du dossier. Bon courage aux jour­nal­istes : son expéri­ence à la tête de La République du Cen­tre et de L’Écho répub­li­cain n’a pas lais­sé de sou­venirs foli­chons, ni per­mis de met­tre fin au déclin des deux jour­naux.

Ori­en­tée vers le dig­i­tal en pri­or­ité, à des années lumières des lecteurs vieil­lis­sants et ruraux des jour­naux locaux en province, elle fait pour­tant des con­stats lucides : « Les lecteurs ne se sen­tent plus proches de leur jour­nal local. Avant, ils avaient le réflexe d’aller le chercher chaque matin, aujourd’hui ils com­men­cent à se deman­der s’ils vont l’acheter », expli­quait-t-elle aux Assis­es du Jour­nal­isme en 2016. Pas sûr que le dig­i­tal les fera chang­er d’avis…

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