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Lettres d’Allemagne : pas de parole aux populistes et quota de migrants

26 janvier 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Lettres d’Allemagne : pas de parole aux populistes et quota de migrants

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Lettres d’Allemagne : pas de parole aux populistes et quota de migrants

26 janvier 2021

Neutralité des journalistes et quota de migrants : le point sur la situation en Allemagne, avec deux articles de notre confrère Junge Freiheit du 18/01/2021.

Pas de neutralité des journalistes

Selon Bern­hard Pörk­sen, pro­fesseur à l’U­ni­ver­sité de Tübin­gen et spé­cial­iste des médias, les « penseurs latéraux » ou les par­ti­sans de Pegi­da (n.d.t. : mou­ve­ment de droite pop­uliste, lancé en Alle­magne en 2014, mil­i­tant con­tre l’is­lami­sa­tion de l’Eu­rope – il existe une sec­tion du mou­ve­ment en France et dans d’autres pays européens) ne devraient pas avoir le droit de s’ex­primer dans les médias. Ce, tout par­ti­c­ulière­ment depuis la pandémie coro­na, les fauss­es nou­velles et la dés­in­for­ma­tion étant dan­gereuses et poten­tielle­ment mortelles, comme l’a déclaré récem­ment B. Pösken dans un quo­ti­di­en régional.

« Quiconque croit que le virus n’ex­iste pas ou qu’il n’est qu’un pré­texte pour per­me­t­tre aux poli­tiques d’asservir la pop­u­la­tion, risque de ne pas se pro­téger cor­recte­ment et de provo­quer ain­si des sit­u­a­tions fatales », selon lui. À l’heure où « les pop­ulistes et les défor­ma­teurs de faits devi­en­nent de plus en plus puis­sants, il faut renon­cer à un idéal mal com­pris d’équili­bre et de neu­tral­ité dans les opin­ions ».

Ain­si, « tout le monde ne peut pas avoir à la fois un peu rai­son et un peu tort. Il faut donc pren­dre position ».

Opin­ion partagée par un jour­nal­iste de Mon­i­tor, Georg Res­tle, qui a adop­té des points de vue sim­i­laires dans son essai de 2018, Plaidoy­er pour un jour­nal­isme axé sur les valeurs. Un ouvrage dans lequel il pré­conise que le jour­nal­isme devrait enfin cess­er de sim­ple­ment décrire « ce qui est ». La neu­tral­ité des jour­nal­istes étant, selon lui, l’un des plus grands men­songes de la vie médi­a­tique d’aujourd’hui.

Il est à not­er que les médias du ser­vice pub­lic en par­ti­c­uli­er invi­tent rarement les cri­tiques et les représen­tants de cer­tains par­tis d’op­po­si­tion à par­ticiper à des tables ron­des. À titre d’ex­em­ple : les représen­tants de l’AfD (par­ti de droite pop­uliste) ont fait six appari­tions à l’an­tenne l’an­née dernière, con­tre 32 pour les Verts et 94 pour la CDU / CSU.

 Quota obligatoire de « migrants » dans la fonction publique

BERLIN. La demande d’un quo­ta de migrants dans la fonc­tion publique a déclenché une dis­pute au sein du Sénat rouge-vert de Berlin. Le SPD (par­ti social­iste), avec le maire actuel Michael Müller, qual­i­fie la déci­sion du séna­teur chargé des ques­tions d’in­té­gra­tion, Elke Bre­it­en­bach (Par­ti de la gauche), de « faute grave », rap­porte un quo­ti­di­en berli­nois, le Tagesspiegel. La femme poli­tique essaierait de se faire un nom avec ses exigences.

Selon Bre­it­en­bach, il devrait à l’avenir y avoir un quo­ta de per­son­nes d’o­rig­ine étrangère à Berlin pour l’ensem­ble de l’ad­min­is­tra­tion ain­si que pour toutes les entre­pris­es publiques, fon­da­tions, pro­cureurs et tri­bunaux. Un quo­ta de 35% cor­re­spondrait au pour­cent­age actuel de « migrants » dans la pop­u­la­tion. Pour elle, cette mesure doit faire par­tie d’une nou­velle ver­sion de la loi sur la par­tic­i­pa­tion et l’intégration.

La diver­sité eth­nique de Berlin doit se refléter dans l’administration

« Nous voulons que tous les habi­tants de cette ville aient les mêmes chances. Nous n’ac­cep­tons pas la dis­crim­i­na­tion struc­turelle ». La diver­sité de Berlin doit se refléter dans l’ad­min­is­tra­tion. « Des règles fix­es et un finance­ment clair sous la forme d’un quo­ta sont néces­saires pour que davan­tage de per­son­nes ayant des antécé­dents de migra­tion soient employées dans l’ad­min­is­tra­tion. » Une loi cor­re­spon­dante devrait être adop­tée avant les élec­tions au niveau fédéral à l’au­tomne. Berlin serait le pre­mier État fédéral doté d’une telle réglementation.

Selon le porte-parole du groupe par­lemen­taire social­iste, Frank Zim­mer­mann : « Il est assez auda­cieux d’an­non­cer que la coali­tion Rouge-Vert prévoit un quo­ta de 35% pour les migrants et un traite­ment préféren­tiel, parce que le SPD n’a rien décidé. »

D’après le Tagesspiegel, les social­istes auraient con­venu que la ver­sion finale de la loi ne con­tiendrait pas de quo­ta mais sim­ple­ment un «objec­tif».

L’op­po­si­tion cri­tique le quo­ta de migrants comme étant inconstitutionnel

Les Verts font l’éloge du pro­jet. “Une prise en compte appro­priée dans les entre­tiens d’embauche est cor­recte et bien dosée”, lit-on dans le jour­nal qui cite la tête de liste des Verts pour les élec­tions nationales, Bet­ti­na Jarasch. “Quiconque rejette les principes de ce pro­jet, a de la société une image réac­tion­naire et n’est pas à la hau­teur du monde actuel.”

L’AfD (droite pop­uliste), la CDU (droite clas­sique) et le FDP (par­ti libéral) ont cri­tiqué le quo­ta prévu comme étant incon­sti­tu­tion­nel. Une cri­tique jus­ti­fiée par un avo­cat spé­cial­iste de la Loi Fon­da­men­tale (qui sert de con­sti­tu­tion à l’Alle­magne), Arnd Diringer : “C’est man­i­feste­ment incon­sti­tu­tion­nel, vous n’avez même pas besoin d’essayer.”

Tra­duc­tion : AC

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