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Les Inrocks : touche à la femme blanche

17 juillet 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Les Inrocks : touche à la femme blanche

17 juillet 2021

Certains se souviennent de l’excellent film (1974) de Marco Ferreri, Touche pas à la femme blanche, avec Mastroianni, Piccoli, Deneuve, Toggnazi et Noiret, un retour grotesque sur la défaite du général Custer par les Sioux à Little Big Horn en 1876. Une farce tournée dans le trou des Halles de l’époque. Pour les convalescents Inrocks, c’est Black is black, pas la version chantée de Los Bravos en 1966 (dans un tout autre contexte) et reprise par Johnny Halliday non, c’est une injonction diversitaire devenue classique.

Inrocks l’été sexe et sombre

Pour relancer Les Inrocks passés d’hebdomadaire à men­su­el et même à bimestriel pour le numéro d’été juil­let-août 2021, quoi de mieux qu’un mar­ronnier devait se deman­der le ban­quier Matthieu Pigasse. Le mar­ronnier, soit la scie médi­a­tique resservie comme une soupe froide quand on ne sait pas quoi dire : le marché de l’immobilier, la ren­trée des class­es, les francs-maçons et en été le sexe sur fond de sable chaud, de plages (avec masques) et de fan­taisies LGBTQ+ (avec ou sans masques).

Le mar­ronnier d’été des Inrocks annonce la couleur en cou­ver­ture, Sexe 2021. Et même deux fois avec une blanche de dos (elle a des argu­ments) pâmée dans les bras d’un solide africain (la par­tie la plus envi­able de son anatomie est cachée). Une image per­for­ma­tive comme celles que l’on voir s’étaler partout sur les pub­lic­ités : une sym­pa­thique blanche dans le giron d’un non moins sym­pa­thique noir. Devinette esti­vale, qui rem­place qui ? Der­rière cette accroche inci­ta­tive le con­tenu est var­ié avec Annie Ernaux (degré dix en-dessous de zéro de l’écriture, mais pre­mier prix de cen­sure), le gen­til con­formiste Augustin Trape­nard admi­ra­teur de Yous­soupha, l’incontournable Metoo. Vous pour­rez vous ini­ti­er au chem­sex (sexe+drogues) pour les homo­sex­uels, ou pour les autres au cul imbibé d’alcool ou sans alcool (c’est une image).

Tout n’est pas nul, les pho­tos du Thaï­landais Tada – si elles ne valent pas celle du japon­ais Hara­ki – ont un côté amu­sant et dans un autre arti­cle la pra­tique de l’étranglement amoureux rap­pellera aux cinéphiles le film L’Empire des sens d’Oshima. Mais il vous fau­dra sup­port­er du trash (qui fait ven­dre, voir les pub­lic­ités de Dior ou d’Yves Saint-Lau­rent), comme une pseu­do-enquête sur les gourous sex­o­logues de Los Ange­les, soi-dis­ant pour les dénon­cer, en réal­ité empreinte de com­plai­sance ou des pho­tos pris­es d’un vagin. Croy­ant et pra­ti­quant d’une autre chapelle, nous pas­sons sous silence les pho­tos d’icônes gays et un dossier sur les jeunes dom­i­na­tri­ces. On devine que l’ambiance de la rédac­tion doit être néo-fémin­iste en dia­ble et que le rédac­teur mâle de trente ans y est du genre soumis.

Un peu de publicité ?

Non, beau­coup de pub­lic­ité ! Si le numéro promet cent pages de volup­té, il est enrichi — dans tous les sens du terme — de 50 pages de pub­lic­ité, comme quoi le cap­i­tal se trou­ve à l’aise dans le porno com­mer­cial, esti­val et libéral lib­er­taire. Vingt-neuf pages dans le secteur cinéma/théâtre/musique. Qua­tre pages (Back Mar­ket, Apple) dans la tech­nolo­gie, qua­tre dans l’alimentaire, deux d’auto-publicité, une de Total (?), une du Seuil avec Édouard Louis qui doit représen­ter une sorte de mod­èle mas­culin de la rédac­tion, Pin­ault, Carti­er, la Fnac, le min­istère de la cul­ture, on n’oubliera pas Libéra­tion ni le départe­ment des Alpes-Mar­itimes de Chris­t­ian Estrosi.

PS : Nous n’avions pas remar­qué le dossier de la « jeune pho­tographe auto­di­dacte Camille Mom­pach » sur qua­tre pages. La jeune Camille – sans doute admi­ra­trice de Soulages – n’a pas peur de la couleur som­bre, ni du nu. Comme le dis­ait Ford en par­lant de la fameuse Ford T, cha­cun peut choisir la couleur de sa voiture, pourvu qu’elle soit noire.

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