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Les hebdos régionaux condamnés au numérique

6 juin 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Les hebdos régionaux condamnés au numérique

La Renaissance lochoise, Le Bonhomme picard, La Dépêche du bassin ou encore L’Écho d’Ancenis fleurent bon le terroir français mais sont pour l’instant fâchés avec les nouvelles technologies.

La néces­sité, pour con­tin­uer à exis­ter, d’amorcer leur virage numérique sera rap­pelée aux quelque 200 édi­teurs présents lors du 40ème con­grès de la presse heb­do­madaire régionale (PHR), les 5 et 6 juin à Greno­ble. Seule­ment 30% des 250 heb­dos régionaux dis­posent d’un site mod­erne et réac­tu­al­isé. La même pro­por­tion ne s’ap­puie sur aucun sup­port dig­i­tal et reste can­ton­née au papi­er. Le dernier tiers met en ligne de sim­ples vit­rines. En 2013, les recettes réal­isées sur le canal numérique (pub­lic­ité, dif­fu­sion) n’ont représen­té que 1% du CA glob­al de la PHR (190 mil­lions d’eu­ros). La moyenne de la presse française se situe autour de 10%. Cette goutte d’eau numérique de deux mil­lions d’eu­ros est à com­par­er au recul des recettes tra­di­tion­nelles des titres locaux. La dif­fu­sion et la pub­lic­ité des 250 heb­dos ont bais­sé respec­tive­ment de 2,5% et de 6% l’an­née dernière. Après celui de la cap­i­tale puis des grandes aggloméra­tions, le lec­torat des villes moyennes et des zones rurales est en train de chang­er ses habi­tudes, migrant de plus en plus vers les sup­ports dématéri­al­isés. Faute de réac­tion rapi­de, le mod­èle économique de la presse heb­do­madaire régionale, encore prospère jusqu’en 2011, risque de pass­er de l’es­souf­fle­ment au déclin.

Pour les heb­do­madaires locaux qui, pour beau­coup, pren­nent tar­di­ve­ment le prob­lème à bras le corps, le chal­lenge de la monéti­sa­tion de leur con­tenu sur le web passe par deux axes, tech­nique et péd­a­gogique. Une bonne par­tie des édi­teurs, util­isa­teur depuis 2009 d’une for­mule cen­tral­isée de sites, adap­tée à cha­cun, vont devoir pass­er par un prestataire extérieur. Cette poli­tique de semi-assis­tanat, mise en place par leur organ­i­sa­tion pro­fes­sion­nelle, sera reléguée aux oubli­ettes fin 2014. L’ensem­ble des heb­dos régionaux va devoir vol­er de ses pro­pres ailes et con­cevoir sa pro­pre stratégie en la matière. La for­ma­tion à la rédac­tion bi-média, mais aus­si à la com­mer­cial­i­sa­tion de la pub­lic­ité numériques est le sec­ond chantier urgent. Il a d’ores et déjà démar­ré depuis plusieurs mois dans les petits jour­naux de pays, mais s’ac­célèr­era sen­si­ble­ment en 2014 et 2015. Ce pari néces­sit­era enfin un investisse­ment con­séquent pour des TPE-PME, qui pour­rait être financé à 60% dans le cadre du fonds de 60 mil­lions d’eu­ros abondés sur trois ans par Google A l’hori­zon 2016, la PHR, qui représente 1,7 mil­lion d’ex­em­plaires ven­dus au total et près de huit mil­lions de lecteurs, espère dou­bler la part de ses recettes dig­i­tales.

S’adapter rapi­de­ment au numérique n’est pas le seul défi des heb­do­madaires régionaux. Ils doivent con­comi­ta­m­ment préserv­er leur source pre­mière de revenu (45% du CA pub­lic­i­taire) représen­té par les Annonces judi­ci­aires et légales (AJL). Sous la pres­sion de la Com­mis­sion européenne, quo­ti­di­ens et heb­do­madaires ont mis en ligne en jan­vi­er 2013 la plate-forme Actulegales.fr, tout en préser­vant l’oblig­a­tion préal­able de pub­li­er les annonces sur le papi­er. Les mesures de sim­pli­fi­ca­tions admin­is­tra­tives et d’abaisse­ment des charges pour les entre­pris­es, que le gou­verne­ment souhaite instau­r­er courant 2014, con­stituent un dan­ger bien plus menaçant pour le main­tien de la manne des AJL dans le giron des heb­dos régionaux.

Crédit pho­to : green­bay via SXC (cc)

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