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Le groupe canadien Power Corp veut abandonner le quotidien québécois La Presse

10 mai 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Le groupe canadien Power Corp veut abandonner le quotidien québécois La Presse

Temps de lecture : 2 minutes

La Presse a beau être le plus ancien quotidien du Québec, paraissant presque sans interruptions depuis 1884, son propriétaire le groupe diversifié (finances, assurances, énergie) Power Corp semble bien déterminé à s’en débarrasser, même au prix d’un dernier investissement.

Abandon du papier et licenciements

Le quo­ti­di­en avait déjà subi plusieurs cures douloureuses de dégrais­sage. D’abord en sep­tem­bre 2015 en aban­don­nant l’édition papi­er en semaine, seul le numéro du same­di con­tin­u­ant d’être imprimé. Cette mue avait entrainé 43 sup­pres­sions de postes, essen­tielle­ment de jour­nal­istes. Sec­ond tour de vis (prévis­i­ble) le 30 décem­bre 2017 qui voy­ait le dernier numéro imprimé paraître avec l’abandon défini­tif du papi­er pour le seul numérique, 49 licen­ciements à la clé.

Les tablettes ? oui mais

Pour­tant les efforts de la rédac­tion pour con­quérir des lecteurs numériques ont porté leurs fruits. Plus de cinq cent mille lecteurs sur télé­phone et le même nom­bre sur tablettes en mars 2018. Las, la pub­lic­ité sur ces modes de dis­tri­b­u­tion est préemp­tée par Google et Face­book. Les mêmes qui pré­ten­dent vouloir « aider la presse », comme Google qui finance Le Décodex du Monde (pour un mon­tant et dans un cadre demeurés secrets). Ou comme Face­book qui veut financer les grands médias français pour tra­quer les fauss­es nou­velles… tout en pom­pant la pub­lic­ité en ligne. La vieille, très vielle his­toire de la corde qui sou­tient le pendu.

Vers un modèle pseudo philanthropique

Pierre-Eliott Lev­asseur, Prési­dent du quo­ti­di­en, sem­ble avoir acté l’abandon du jour­nal par son action­naire indus­triel. Pow­er Corp, qui a tou­jours été du côté du par­ti libéral cana­di­en et forte­ment opposé aux sou­verain­istes québé­cois, juge que l’influence poli­tique lui coûte trop cher. Et pro­pose, sans rire, un quo­ti­di­en à but non lucratif via des parte­nar­i­ats. Il est prêt à met­tre 50 mil­lions de dol­lars cana­di­ens pour se débar­rass­er du jour­nal à tra­vers une nou­velle loi pour la presse qui reste à vot­er. Les jour­nal­istes de La Presse peu­vent déjà s’inscrire au Pôle Emploi local à titre préventif.